2016

Ma Meilleure Ennemie

11:01

de Paula Daly


« Natty et Sean forment un couple heureux depuis le lycée. Après avoir travaillé très dur, ils sont aujourd'hui propriétaires d'un charmant petit hôtel et mènent une vie confortable dans la région des Lakes au nord ouest de l'Angleterre. (…) Alors que la plus jeune de leurs filles, Felicity, est en voyage scolaire en France, Eve, la meilleure amie de Natty, vient lui rendre visite. Psychologue de renom, elle a toujours soutenu Natty dans les moments difficiles. Quand l'école appelle Natty pour lui annoncer que Felicity est gravement malade et vient d'être hospitalisée, Natty n'hésite pas une seconde et part en France au chevet de sa fille. (…) Lorsque Natty rentre enfin chez elle, après une dizaine de jours, c'est le choc : Sean lui annonce qu'il est tombé amoureux d'Eve et qu'il veut divorcer. Tout s'écroule autour de Natty. Elle n'a pas d'autre choix que de tenter de faire face, au moins pour ses filles, et d'accepter la fatalité. Mais un jour, elle reçoit une lettre : Eve aurait déjà agi ainsi à plusieurs reprises, avec des conséquences dramatiques. Natty va alors se lancer dans une bataille très dangereuse ... », Ma Meilleure Ennemie, édition Le Cherche Midi

Psychologie. Manipulation. Une famille qui éclate en mille morceaux. Des secrets enfouis ressurgissent. Ma Meilleure Ennemie relate le déchirement d’un couple et la trahison d’une amie. Natty et Sean sont gérants d’un hôtel en Angleterre. Ils vivent confortablement avec leurs deux filles. Leur couple bat de l’aile et tout s’aggrave lorsqu’une amie de longue date, Eve, vient leur rendre visite. En urgence, Natty abandonne son mari et sa fille ainée pour rejoindre sa fille Félicity hospitalisée en France. Eve lui promet de veiller sur sa famille. A son retour, c’est le déhanchement. Son mari la quitte pour son amie d’enfance. Natty est démoralisée. Un mystérieux mot va la pousser à enquêter sur cette amie qu’elle pensait connaître. Rattrapée par les erreurs de son passée, elle devra être prudente pour éviter de se brûler les ailes. Que va-t-elle découvrir sur Eve ? Des choses qu’elle n’avait pas imaginées ….

Mon avis sur ce livre tiendrait en quelques mots : bon thriller mais un démarrage très lent. Personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt de cette histoire avant le milieu du roman (vers la page 200). Les scènes s’enchaînent, les points de vues d’Eve et de Natty se croisent, on devine facilement la suite des évènements même si on ne comprend pas vraiment les motivations des personnages. Je me suis énormément ennuyée durant cette première partie du roman. L’alternance de points de vue entre les différents protagonistes dans un même chapitre n’est pas ce que je préfère. La mise en place de cette manipulation affective aurait dû m’interpeller mais au contraire, j’ai trouvé certaines scènes inutiles et inintéressantes. Néanmoins dès que Natty débute son enquête pour découvrir qui se cache derrière le nom d’Eve, on raccroche au récit. On joue sur deux panneaux : l’aveuglement d’un époux, d’une famille et le dévoilement d’une vie cachée. La vérité surprend. La tension monte. Une atmosphère funeste se fait ressentir lors des dernières pages. Cette rencontre avec Eve brisera à jamais cette famille mais de ces blessures renaîtra une harmonie. J’aurai aimé un épilogue. On clôt ce livre avec un mot à la bouche : vengeance. Cependant que devient cette famille ? Quelle conséquence ce dénouement a eu ? On l’ignore.

Ce thriller n’est pas le meilleur que j’ai pu lire, j’en retiens des longueurs, et un texte peu captivant au départ, même si le portrait d’Eve et les révélations sur ce personnage énigmatique sont intrigantes.

Ma Meilleure Ennemie plaira aux lecteurs de thrillers psychologiques, qui veulent suivre l’histoire d’une manipulatrice machiavélique et insensible. 


Gwendoline

5 étoiles

Phobos (T1)

03:38

de Victor Dixen

 TOME 1   LES ÉPHÉMÈRES


« Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L'éternité pour s'aimer.

ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER. », Phobos, édition Robert Laffont – Collection R

Une émission de télé réalité inédite. Un voyage sans retour. Une diffusion mondiale. 12 adolescents sélectionnés aux quatre coins du globe pour vivre l’aventure de leur vie. Une aventure sentimentale. Préparés pendant un an à l’abri des regards, ces 6 filles et ces 6 garçons vont créer la première colonie humaine sur Mars. Rejoindre le programme Genesis c’est signer pour la gloire et l’amour. Les flashs. La popularité. Etre exposé aux yeux du monde. Léonor, la candidate française, connaissait les conditions. A la fin du voyage, elle sera mariée ; avec un prétendant qu’elle n’aura côtoyée que quelques minutes par semaine. Et pourtant, cette idylle dans l’espace se révèle bien plus dangereuse et chaotique que prévue. Cette chance de fuir un monde sans attache n’est-elle pas un trajet vers la catastrophe ? Quel sombre secret se cache derrière la mission Genesis ?

Moi qui redoute toujours les récits un peu trop fantastiques où règnent aliens, créatures étranges, j’ai été rassurée en lisant Phobos. C’est une dystopie originale comme je les aime. Le rythme est haletant. A la fois sur Terre et dans l’espace, on vit cette histoire. En tant que lecteur, on est cet Å“il qui sait tout et qui voit tout. Victoir Dixen alterne les points de vue en utilisant une écriture proche du script de cinéma. Chaque chapitre introduit un champ de caméra suivi du lieu et de l’heure. On alterne donc avec le point de vue interne de Léonor, notre héroïne, et celui du narrateur omniscient qui nous relate en parallèle les évènements sur Terre. On nous ouvre les portes du décor, les coulisses de l’émission et de la production nous sont dévoilés. Ce choix d’écriture permet vraiment un lecture presque visuelle, on s’imagine très bien les scènes filmées ; un peu comme si on était un spectateur devant sa télévision.  

Un spectateur qui découvre des personnages avec leurs failles, leurs secrets, leurs cicatrices. Tous les candidats ont un point commun : un passé à oublier et une vie meilleure à construire loin de la Terre.  Je me suis vraiment attachée à tous les prétendants. Filles comme garçons, ils ont une histoire et une personnalité bien définie par l’auteur. Léonor, cette orpheline, et ancienne ouvrière dans une usine de nourriture pour chien, part en quête d’une famille. D’une famille qu’elle n’a jamais eue. Ne pensez pas que le principe des speed-datings la plaise, au contraire, elle est la candidate la plus réticente à cette partie du jeu. Sa famille elle la voit dans ses coéquipières, Kristen, Safia, Kelly, Liz et FangFang. Mais une fois en orbite, la conquête vers l’Amour débute avec les premières excitations, les jalousies et les coups-bas. Vous vous imaginez bien que les romances occupent aussi le récit. Un peu déconcertée face à l’arrivée d’un triangle amoureux, je reste quand même satisfaite de la manière dont les histoires sentimentales sont traitées. Marcus reste mon personnage masculin favori, malgré son côté poète énigmatique un peu cliché mais que j’apprécie néanmoins.


Manipulation, machination, mensonges et faux semblants, Phobos porte bien son nom car le programme Genesis a de quoi faire peur. Ces 12 candidats ignorent dans quel pétrin ils se lancent. Ce premier tome se termine en pleine acmé dramatique !

Prenez siège à bord du Cupido, en compagnie de 12 candidats en quête d’une nouvelle vie. Le voyage ne sera pas sans turbulence ni frayeurs. Sur Terre comme dans l’espace personne n’est en sécurité. Surtout si vous êtes incapable de tenir un secret. Si vous êtes prêt à courir le risque alors Phobos est fait pour vous ! 

Gwendoline

2016

Le Quatrième Mur

11:35

de Sorj Chalandon 


« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... », Le Quatrième Mur, édition Le Livre de Poche

Un roman violent et bouleversant. Qui nous tire de notre quotidien tranquille et superficiel. Alors que non loin, sur terre, règne la guerre, les conflits religieux. Le chaos. Les tirs. Les bombes. Le sang. Le héros principal, Georges, fait l’amère expérience de ces deux mondes différents : « J'avais hurlé qu'ailleurs, dans des berceaux, des bébés avaient eu la gorge tranchée. Que des enfants avaient été hachés, dépecés, démembrés, écrasés à coups de pierres. Et ma fille pleurait pour une putain de glace? C'était ça, son drame? Une boule au chocolat tombée d'un cornet de biscuit? ».  La rencontre avec Sam, un juif, porteur d’un projet utopique, provoque son voyage au Liban où il fait face à l’atmosphère brutale et sanglante de la guerre ; mais où il noue aussi une amitié forte avec les individus qui croisent son chemin.

Tout démarre avec une passion et une promesse. Le théâtre. Ce lieu de représentation, d’art où l’acteur n’est plus qu’un être fictif. Ce lieu de résonance, éloigné du réel et pourtant profond en signification. Sur la scène, l’homme est presque invincible, protégé derrière ce quatrième mur qui arrête toute intervention du réel, du spectateur.



Sam, Georges et Aurore. Le théâtre va les rassembler et les séparer. Et la promesse me diriez-vous ? Georges quitte son cocoon parisien pour continuer le projet de son ami : représenter Antigone de Jean Anouilh, dans un cinéma à l’abandon de Beyrouth. Réunir des peuples qui s'entretuent, des religions et des croyances qui s’opposent. Faire stopper ce bain de sang pour une représentation. Un challenge des plus complexes. La détermination et le courage de Georges sont remarquables. Cette aventure change son destin à jamais et modifie complètement sa vision du monde. Il est spectateur de cette peinture macabre : les corps tombent, les pleurs et les cris résonnent ; il se heurte à ce quatrième mur, impuissant. Alors avec cette tragédie, en tant que metteur en scène, il garde espoir en l’humanité et il espère que le théâtre marquera une trêve.

Nous lecteurs, suivons avec appréhension le rêve de cet homme ; les mots de Sorj Chalendon nous percutent tels des balles, on s’horrifie face à cette cruauté, la violence du texte nous frappe au ventre. Georges, l’étudiant en Histoire, est tout aussi atteint que nous. La confusion nous fait parfois décrocher, de nombreuses analepses viennent scinder le récit et l'auteur ouvre son oeuvre par un incipit proleptique (la suite de la narration n'est que des retours en arrière). Ces récits enchâssés demandent donc une attention plus intense car on peut perdre le fil assez facilement. 

Néanmoins on reste captivés par le texte. Quand on lit la dernière page, on ne peut constater qu'une seule chose : le quatrième mur est tombé, une tragédie nous a été contée, le rideau se ferme.

Le Quatrième Mur est un récit brutal et tragique sur les réalités de notre monde, entre fiction et réalité, entre guerre et paix, entre amitié et indifférence, cette histoire est une tragédie moderne ! 

Gwendoline

2016

Cité 19

11:35

de Stéphane Michaka

TOME 1 VILLE NOIRE


« Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille... 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire. », Cité 19, édition Pocket Jeunesse

Mêler Histoire et science-fiction semble paradoxal et pourtant Stéphane Michaka relève ce défi dans Cité 19. Paris. XXI ème siècle. Faustine, passionnée d’Histoire et du XIXème siècle, est une jeune adolescente un peu pommée. Une mère absente. Un père aimant gardien au musée d’Orsay.  Elle se forge une carapace de voyou, pas très à l’aise avec son corps, elle cache toute féminité. Elle ne sait pas trop qui elle est. Se cherche. Fais des erreurs. Au moment où elle pense avoir repris son destin en main, tout s’effondre. La police lui annonce que son père a sauté d’une tour. Pourtant le corps à la morgue ne correspond pas à celui de son père. Elle décide de mener secrètement sa propre enquête et elle soupçonne rapidement l’organisation des Illuministes qui harcelaient son père en l’invitant à des soirées nocturnes étranges. Dans une course poursuite avec l’un des hommes de cette organisation mystérieuse, elle atterrit en plein Paris du XIX ème. Une allure de thriller qui se complexifie par la suite. Sans avoir le temps de crier garde, la science-fiction s’ajoute au récit. Cet élément inattendu chamboule l’histoire. L’enjeu n’est plus le même. Passé et présent se répondent, se confondent…

En quête d’une histoire sur le voyage dans le temps, j’ai été agréablement  surprise de découvrir un roman qui jongle entre thriller et science-fiction. Le tout dans un décor très vintage. L’action et l’originalité sont les points majeurs du roman ; et j’admets être impatiente de savoir comment cette histoire va se terminer.


J’ai eu un peu de mal avec les personnages au départ mais ensuite j’ai commencé à apprécier l’héroïne principale : Faustine. Son originalité et son côté androgyne interpellent. Elle se fond avec une immense facilité dans ce Paris de 1800. Un monde où elle a sa place. Où le bac n’est plus la priorité. De nouvelles aventures. De nouvelles rencontres. Qui sont parfois un peu précipitées, notamment celle avec Marion. Les meilleurs amis de Faustine, Morgane et Vikram sont les personnages qui m’ont le moins séduite, ils manquaient de sympathie, de sincérité pour ma part. Néanmoins leur présence dans le récit reste mineure. De nombreux portraits défilent, chacun avec une histoire, une position sociale, un enjeu ; cette grande diversité m’a plu. Tant de personnages que croisent Faustine dans son périple, et qui influencent ses actes. Des actes qui pourraient s’avérer subversif.

Par conséquent, Cité 19 plaira aux lecteurs appréciant l’Histoire et la science-fiction. Redécouvrez Paris, soyez surpris et suivez les péripéties d’une héroïne inédite ! 


chronique

Divergente (T2)

02:32

TOME 2

de Veronica Roth



« DIFFÉRENTE. DÉTERMINÉE. DANGEREUSE.  Abandonnant une ville à feu et à sang, Tris est en fuite.  Grâce à ses facultés de Divergente, elle a réussi à échapper au programme des Érudits qui a manipulé et lancé les soldats Audacieux à l'assaut des Altruistes. En trois jours, Tris a perdu sa faction, ses amis, ses parents. Pourtant, elle n'a pas le droit de baisser les bras. Elle seule peut se dresser face aux Érudits. Avec son frère Caleb et son petit ami Tobias, elle doit trouver des alliés parmi les autres factions, les Fraternels et les Sincères. Mais ceux-ci se montrent méfiants. Or les combats ont repris, et le temps presse... », Divergente T2, édition Nathan

Retrouver l’univers de Veronica Roth. Prendre les armes et fuir en compagnie de Tris et Tobias. Après avoir suivi leurs aventures à l’écran, il était temps de les vivre au fil des pages. Quand on termine le tome 1, la ville de Chicago est en feu, la panique règne, les factions sont meurtries suite à la manipulation des Erudits qui ont forcé les Audacieux a massacré une partie des Altruistes. Tris et Tobias parviennent à arrêter Jeanine, la leader des Erudits, avant que cette mission arrive à son terme. Néanmoins Jeanine toujours en vie, Tris et Tobias sont contraint de fuir. Dans ce second tome, nos héros et une poignée d’audacieux trouvent refuge chez les Fraternels. Très vite les images des récents évènements ressurgissent et les questions fusent. Pas le temps de souffler pour nos personnages qui vont voguer de factions en factions, vont se retrouver au repaire des sans-factions, jusqu’à risquer leur vie chez les Erudits. Derrière ce deuxième  tome se cache un secret, dangereusement gardé par Jeanine, qui chamboulera tous les habitants de Chicago et leur avenir. Ce volet promet des trahisons, de l’action, des désillusions. Les personnages sont mis à rude épreuve et notamment la relation entre Tris et Tobias. 

N’ayant vu que le film, j’ai redécouvert cette histoire. L’enjeu et la révélation finale restent les mêmes mais le déroulement est différent. J’ai beaucoup apprécié la manière dont a été traité les personnages, leur relation entre eux et leur psychologie. On en apprend davantage sur leur caractère. J’ai découvert une Tris plus fragile, détruite par la perte de ses parents, et par la mort de son ami Will.
Une des qualités du livre sont les personnages secondaires. Le film se contente de centraliser l’action sur les deux héros principaux : Tris et Tobias. Ce n’est pas le cas dans le roman.  De nombreux individus côtoient Tris et évoluent au fil de la narration.  Marlene. Uriah. Lynn. Shauna. Cara. Des noms qui vous sont inconnus si vous n’avez pas lu le livre. Et pourtant ils tiennent une place plus ou moins importante dans le quotidien de Tris.

L’action s’enchaîne très rapidement. On ne s’ennuie pas durant sa lecture, même si l’instabilité émotionnelle de Tris peut parfois créer des longueurs. L’écriture de Veronica Roth reste simple et directe ; la narration est fragmentée par de nombreux dialogues. Elle accompagne l’action, sans la ralentir. Je regrette de n’avoir pas vu adapté au cinéma certaines scènes.  Si comme moi, vous avez vu le film, attendez-vous à redécouvrir cette histoire et laisser votre imagination vous donner une autre vision des aventures de Tris. C’est un récit beaucoup plus centré sur le combat intérieur de Tris, ses visites dans les différentes factions et la relation qu’elle tisse avec les autres jeunes insurgés. C’est une héroïne secouée par les doutes et le manque de confiance en elle, qui doit se battre pour retrouver la paix avec elle-même, avec ses proches en vue de délivrer son peuple.  



En conclusion, Divergente séduira les fervents lecteurs de dystopie en quête d’une histoire pleine de rebondissement, où l’héroïne doit faire face à ses actes, affronter ses peurs, sa culpabilité pour combattre les Erudits prêt à tout pour détruire les divergents ! 

Gwendoline

chronique

D'après une Histoire Vraie

12:23

de Delphine de Vigan


« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. », D’après une Histoire Vraie, édition JC Lattès

Premier roman de Delphine de Vigan que je découvre. Première découverte. Première surprise. En commençant ce livre, j’avais l’impression que quelque chose de gros se cachait derrière histoire et je ne suis pas trompée. Dénouement inattendu malgré les scénarios que j’avais tissé dans mon esprit. Très bon thriller psychologique, que je vous conseille fortement.

J’en dirai peu. Si avec seulement ces quelques lignes le récit vous tente, alors ne lisez pas la suite et partez dans l’inconnu découvrir « D’après une histoire vraie », vous n’en serez que plus étonnés.

C’est un récit ingénieusement construit et produit. Tout s’ouvre avec un point de vue interne, une narratrice que l’on associe rapidement à l’auteur en elle-même. Cette femme veut s’expliquer. Expliquer cette page blanche qui l’a hanté pendant 2 ans. Une raison : L. , cette femme envoûtante et déstabilisante qu’elle rencontre lors d’une soirée. Son quotidien entouré de ses enfants, ses amies, et son compagnon se perturbe par pigments.  La narratrice nous raconte en détails ces deux années. Certes cet attrait du détail et de la narration peut parfois ralentir le récit et l’action, néanmoins ce sont ces « effets du réel » qui font le succès de ce récit. Le pouvoir de la littérature et des mots. Un jeu délicat entre la réalité et la fiction. On peut rapidement croire à un témoignage si on ne se rattache pas à la mention « roman » en couverture. Tout au long de ma lecture, je gardais en tête ce mot jusqu’à la révélation finale.

C’est un roman sur la manipulation. Suite aux indices semés dans le récit, le lecteur ne doute pas de la manipulation dont est soumise la narratrice mais inconsciemment il baisse sa garde et il finit par devenir l’être manipulé. L’auteur dévoile sa force lors du dénouement et montre son art de persuasion et de tromper.

D’après une Histoire Vraie est un roman dans lequel on se plonge les yeux fermés, ne sachant comment on va ressortir de cette lecture. Attendez-vous à confondre la fiction au réel, à être surpris par la dimension psychologique de ce livre ! 

COUP DE COEUR
Gwendoline

avant toi

Avant Toi

01:59

de Jojo Moyes


« Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années met la clé sous la porte, c'est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l'angleterre, elle se démène pour dégotter un job qui lui permettra d'apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C'est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis. », Avant Toi, aux éditions Milady

Avant Toi. L’histoire de deux vies. Deux vies différentes mais qui vont se croiser. L’une menait une vie d’instant et d’aventure jusqu’à ce qu’un tragique tour du destin le paralysa.  Ses membres s’immobilisèrent, sa joie de vivre disparut. L’autre se contentait d’une vie simple et modeste dans une petite ville d’Angleterre entourée de sa famille, de son petit ami, occupée par son job de serveuse jusqu’à ce qu’on ferme boutique. On cherchait une aide-soignante pour Will. Louisa cherchait un nouveau travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Pendant six mois ils devront se supporter. Chacun réapprendra à l’autre à vivre. Ces six mois s’annonceront riches en émotions et en leçons de vie. Une histoire qui marquera nos personnages, et, nous, lecteurs, nous ne sortirons pas indemnes de ce roman.

Ce récit nous est compté principalement par Louisa, mais il arrive que d’autres protagonistes nous confient leurs sentiments ce qui nous permet de comprendre et d’apprécier davantage ces personnages secondaires. Louisa est une femme de vingt-six ans, chaleureuse, optimiste et un brin délurée –notamment lorsqu’on s’intéresse à son style vestimentaire ; elle craque pour les chaussettes à rayures- . Elle apprécie sa vie telle qu’elle est, elle n’a jamais rien connu au-delà de sa vie natale et de sa famille, chez qui elle passe beaucoup de temps étant donné que son petit ami n’a pas encore daigné l’accueillir dans son appartement. Elle vit donc dans un cercle familial inédit où parents, enfants, grands-parents et petits enfants vivent ensembles. Louisa est un personnage très attachant, elle est un peu maladroite mais prête à tout pour ceux qu’elle aime.

Puis, nous avons Will. Un trentenaire qui a totalement perdu goût la vie après son accident. Il est terriblement malheureux et affecté depuis qu’il est devenu tétraplégique.  Il déteste cette dépendance constante qu’il doit à autrui. C’est un oiseau aux ailes coupées qui a été contraint de renoncer à sa liberté pour retourner au nid familial. Néanmoins, on ne peut que constater le courage de Will qui est un homme courageux qui cherche désespérément à reprendre le contrôle de sa vie.

Les premières rencontres entre Will et Louisa  n’annoncent rien d’encourageant, et pourtant on ne veut pas quitter ces deux personnages qui s’apprivoisent au fil des pages : réapprendre à vivre est un chemin tortueux où se mêle peine, échec, joie, victoire mais c’est surtout la découverte de l’autre. Les personnages de Jojo Meyes sont beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît : derrière ces êtres d’apparence généralisés – le tétraplégique ronchon et déprimé et l’optimiste extravagante- se cachent des blessures enfouies.


Ce roman dégage une certaine réalité. Derrière cette romance se cache une profonde morale pas toujours facile à accepter (QUE JE NE CONSEILLE DE LIRE QUE SI VOUS AVEZ LU LE LIVRE) : on ne peut pas sauver quelqu’un qui ne veut pas l’être.

Je n’ai pu qu’être émue et comblée par cette lecture. Je ne voulais plus lâcher ce roman, on s’implique pleinement dans l’histoire et on a envie d’aider ces personnages. Le cÅ“ur se serre à la lecture des dernières pages. C’est une romance réellement émouvante qui dépasse le simple thème de la maladie. Quand on ferme ce livre, on réalise qu’on est face à un hymne à la liberté et une illustration de la notion de carpe diem, c’est-à-dire profiter de l’instant présent, prendre des risques, affronter l’inconnu et découvrir le monde.

Par conséquent, Avant Toi, est un roman bouleversant, une romance émouvante et touchante, un récit teinté de réalisme !

J’ai intérêt à préparer mes mouchoirs le 22 juin, jour de la sortie au cinéma du film.

COUP DE COEUR
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