allison morgan

J'ai fait un Voeu

09:22

d'Allison Morgan


« Un job en or, un homme idéal, un avenir resplendissant… Lanie pense qu’elle a une belle vie, presque parfaite. Jusqu’au jour où elle retrouve une liste rédigée quand elle était enfant : la liste de ses envies, des choses qu’elle voulait absolument vivre. Bientôt trentenaire, Lanie se souvient qu’elle a eu des rêves et qu’elle a été une personne amusante… autrefois. Et quand elle frôle la mort à cause d’une tranche de citron dans un verre de Martini, elle se rend compte que la vie est trop courte pour avoir, un jour, des regrets. Lanie prend donc une décision : sa liste d’envies à la main, elle va réaliser un à un tous ses rêves d’enfant. […] », J’ai Fait Un VÅ“u, édition City

Certains font des bucket lists, Lanie, elle, avait oublié l’existence de son bocal à vÅ“ux jusqu’à ce qu’elle le retrouve caché dans carton. Une vague de nostalgie l’envahit. Des rêves d’enfants, écrits sur des bouts de papiers, en compagnie de son père. Aujourd’hui ce père amoureux du risque a disparu et Lanie a bien grandi. Dans 3 mois elle se marie avec Evan, un riche agent immobilier. Elle ne remet pas en question sa vie jusqu’à la découverte de ce bocal à rêves. Une rencontre incongrue, et une mauvaise tranche de citron. Il n’en fallait pas plus. Elle a 3 mois pour réaliser tous les vÅ“ux inscrits sur ces morceaux papiers. Réaliser à tout prix ses envies. Risquer d’ouvrir les yeux et d’affronter la réalité. Risquer de prendre un tournant majeur dans sa vie. Risquer de renouer avec un passé douloureux. C’est le pari qu’elle ose se lancer.

Une lecture idéale pour la saison estivale, allongée sur la plage. Passer un agréable moment. Je décrirai ainsi J’ai Fait Un VÅ“u. Un livre divertissant mais pas enrichissant. J’ai apprécié suivre les péripéties de Lanie, qui a le don pour se mettre dans les situations les plus inconfortables et hilarantes que possible, tout en avouant que je n’ai pas trouvé cette histoire transcendante. On a droit à de nombreux clichés et on retrouve des thèmes largement développés aujourd’hui en littérature. On retient de ce livre, un leitmotiv : « vivre ses rêves », « oser », « profiter de l’instant présent sans se préoccuper du lendemain ». C’est un beau message qui malheureusement, de mon point de vue, passe en second plan. Je regrette que son histoire passée soit si vite éclipsée par sa situation amoureuse. La romance domine cette histoire, et elle est remplie de stéréotypes. Dès les premières pages on devine la fin. Il y a le bon et le mauvais. Celui qui est compréhensif, attentionné – aka le prince charmant -, et celui qui ne pense qu’à ces intérêts. Un manichéisme à s’en tirer les cheveux. Ne comptez pas sur une romance originale. Parfois les traits sont tellement accentués qu’ils frôlent l’invraisemblance.

J’arrête de cracher mon venin. Malgré ces points dérangeants, ce roman reste une fiction simple, amusante et appréciable sans prise de tête. Le personnage de Lanie séduit : un brin maladroite, fan de football américain, inébranlable face aux petits moments gênants, elle garde le sourire et elle s’émancipe au fil de pages. A la fin, c’est une femme heureuse, courageuse, indépendante et confiante qui se présente à nous.

J’ai Fait un VÅ“u ou le pouvoir d’un petit bocal, d’un pot à rêve, qui transforme à jamais la vie d’une héroïne qui avait oublié ses envies d’enfants ! 


2016

Le Cercle

07:31

de Bernard Minier


« Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ? Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens. », Le Cercle, édition Pocket

Un nouveau thriller pour cette semaine.  Après un thriller psychologique qui m’avait laissé un goût amer, j’espérais que Le Cercle de Bernard Minier allait me consoler avec les polars. Et ce fut le cas. On peut prendre peur en voyant les 800 pages qui nous attendent. L’auteur nous submerge de détails, d’éléments en tout genre. Chaque lieu et chaque personnage même secondaire sont décrits avec précision. Parfois je me suis demandée pourquoi l’auteur avait fait ce choix ? Une envie de renforcer la vraisemblance du récit ? De brouiller les pistes ? Une impression de décousu, pour finalement constater que c’est un thriller très bien ficelé. Chaque intervenant dans l’Å“uvre a un impact, un lien avec l’enquête. Rien n’est superflu. On nous déploie une série de suspects pour nous surprendre encore plus lors du dénouement. Mais ne nous embrouillons pas ; repartons du début.

Le Cercle qu’est-ce que c’est ? C’est l’histoire d’un meurtre. D’une enquête à Marsac près de Toulouse. Claire Diemar, une enseignante de culture antique au lycée de Marsac est retrouvée morte dans sa baignoire. Un spectacle des plus étranges s’offre aux enquêteurs présents. Un premier suspect est arrêté. Mais rien n’est simple. Le commandant Martin Servaz et son équipe vont découvrir que ce meurtre cache de lourds secrets, des blessures impossible à cicatriser et un lien étrange entre les différents élèves de prépa. Martin Servaz, lui-même ancien élève au lycée de Marsac, va être contraint de faire face à son passé et à d’anciennes connaissances. Plus il approchera de la vérité plus il mettra sa vie en danger. Les dernières pages défilent sous nos doigts, si proche de l’heure des révélations on ne veut plus lâcher ce livre.  Qui a tué Claire Diemar ? Un homme jaloux ? Un élève rancunier ? Un tueur en série vivement recherché ? Les paris sont ouverts.

Cette enquête se déroule deux ans après les épisodes contenus dans le premier roman de B. Minier : Glacé. J’ignorais totalement que ce livre était une suite et cela n’a pas été un problème. Le héros reste le même mais l’intrigue est bien différente.



L’aspect à la fois déstabilisant et très dynamique de ce thriller, c’est que dans chaque chapitre se fracture différentes scènes, différentes focalisations sur les personnages qui constituent cette histoire. Certes le commandant Servaz reste le point central du récit. Mais il nous arrive de suivre, par exemple, sa fille Margot, en hypokhâgne, qui espionne les comportements étranges de ses camarades ou le quotidien dramatique d’une femme séquestrée par un détraqué sexuel.  En tant que lecteur, on ne peut s’empêcher d’enfiler nous aussi notre costume de détective :  on récolte les informations, on monte nos scénarios et comme notre héros on en oublie  ce qui est devant nos yeux. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas déçus, la vérité éclate, nous stupéfait. Ce roman à suspense ne laisse pas de marbre.

Bien entendu c’est un thriller pour adulte, donc attendez-vous à des scènes qui vous surprennent, vous dégoûtent parfois.


Le Cercle, toute la vérité se cache dans ce titre. Donc si vous voulez vous lancer dans un thriller où la peur règne au cÅ“ur d’une ville et d’un lycée, où personne n’est innocent, ce polar est fait pour vous ! Découvrez cette glaçante vérité dissimulée derrière les secrets, les manipulations et l’orgueil. 

Gwendoline

2016

Ma Meilleure Ennemie

11:01

de Paula Daly


« Natty et Sean forment un couple heureux depuis le lycée. Après avoir travaillé très dur, ils sont aujourd'hui propriétaires d'un charmant petit hôtel et mènent une vie confortable dans la région des Lakes au nord ouest de l'Angleterre. (…) Alors que la plus jeune de leurs filles, Felicity, est en voyage scolaire en France, Eve, la meilleure amie de Natty, vient lui rendre visite. Psychologue de renom, elle a toujours soutenu Natty dans les moments difficiles. Quand l'école appelle Natty pour lui annoncer que Felicity est gravement malade et vient d'être hospitalisée, Natty n'hésite pas une seconde et part en France au chevet de sa fille. (…) Lorsque Natty rentre enfin chez elle, après une dizaine de jours, c'est le choc : Sean lui annonce qu'il est tombé amoureux d'Eve et qu'il veut divorcer. Tout s'écroule autour de Natty. Elle n'a pas d'autre choix que de tenter de faire face, au moins pour ses filles, et d'accepter la fatalité. Mais un jour, elle reçoit une lettre : Eve aurait déjà agi ainsi à plusieurs reprises, avec des conséquences dramatiques. Natty va alors se lancer dans une bataille très dangereuse ... », Ma Meilleure Ennemie, édition Le Cherche Midi

Psychologie. Manipulation. Une famille qui éclate en mille morceaux. Des secrets enfouis ressurgissent. Ma Meilleure Ennemie relate le déchirement d’un couple et la trahison d’une amie. Natty et Sean sont gérants d’un hôtel en Angleterre. Ils vivent confortablement avec leurs deux filles. Leur couple bat de l’aile et tout s’aggrave lorsqu’une amie de longue date, Eve, vient leur rendre visite. En urgence, Natty abandonne son mari et sa fille ainée pour rejoindre sa fille Félicity hospitalisée en France. Eve lui promet de veiller sur sa famille. A son retour, c’est le déhanchement. Son mari la quitte pour son amie d’enfance. Natty est démoralisée. Un mystérieux mot va la pousser à enquêter sur cette amie qu’elle pensait connaître. Rattrapée par les erreurs de son passée, elle devra être prudente pour éviter de se brûler les ailes. Que va-t-elle découvrir sur Eve ? Des choses qu’elle n’avait pas imaginées ….

Mon avis sur ce livre tiendrait en quelques mots : bon thriller mais un démarrage très lent. Personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt de cette histoire avant le milieu du roman (vers la page 200). Les scènes s’enchaînent, les points de vues d’Eve et de Natty se croisent, on devine facilement la suite des évènements même si on ne comprend pas vraiment les motivations des personnages. Je me suis énormément ennuyée durant cette première partie du roman. L’alternance de points de vue entre les différents protagonistes dans un même chapitre n’est pas ce que je préfère. La mise en place de cette manipulation affective aurait dû m’interpeller mais au contraire, j’ai trouvé certaines scènes inutiles et inintéressantes. Néanmoins dès que Natty débute son enquête pour découvrir qui se cache derrière le nom d’Eve, on raccroche au récit. On joue sur deux panneaux : l’aveuglement d’un époux, d’une famille et le dévoilement d’une vie cachée. La vérité surprend. La tension monte. Une atmosphère funeste se fait ressentir lors des dernières pages. Cette rencontre avec Eve brisera à jamais cette famille mais de ces blessures renaîtra une harmonie. J’aurai aimé un épilogue. On clôt ce livre avec un mot à la bouche : vengeance. Cependant que devient cette famille ? Quelle conséquence ce dénouement a eu ? On l’ignore.

Ce thriller n’est pas le meilleur que j’ai pu lire, j’en retiens des longueurs, et un texte peu captivant au départ, même si le portrait d’Eve et les révélations sur ce personnage énigmatique sont intrigantes.

Ma Meilleure Ennemie plaira aux lecteurs de thrillers psychologiques, qui veulent suivre l’histoire d’une manipulatrice machiavélique et insensible. 


Gwendoline

5 étoiles

Phobos (T1)

03:38

de Victor Dixen

 TOME 1   LES ÉPHÉMÈRES


« Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L'éternité pour s'aimer.

ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER. », Phobos, édition Robert Laffont – Collection R

Une émission de télé réalité inédite. Un voyage sans retour. Une diffusion mondiale. 12 adolescents sélectionnés aux quatre coins du globe pour vivre l’aventure de leur vie. Une aventure sentimentale. Préparés pendant un an à l’abri des regards, ces 6 filles et ces 6 garçons vont créer la première colonie humaine sur Mars. Rejoindre le programme Genesis c’est signer pour la gloire et l’amour. Les flashs. La popularité. Etre exposé aux yeux du monde. Léonor, la candidate française, connaissait les conditions. A la fin du voyage, elle sera mariée ; avec un prétendant qu’elle n’aura côtoyée que quelques minutes par semaine. Et pourtant, cette idylle dans l’espace se révèle bien plus dangereuse et chaotique que prévue. Cette chance de fuir un monde sans attache n’est-elle pas un trajet vers la catastrophe ? Quel sombre secret se cache derrière la mission Genesis ?

Moi qui redoute toujours les récits un peu trop fantastiques où règnent aliens, créatures étranges, j’ai été rassurée en lisant Phobos. C’est une dystopie originale comme je les aime. Le rythme est haletant. A la fois sur Terre et dans l’espace, on vit cette histoire. En tant que lecteur, on est cet Å“il qui sait tout et qui voit tout. Victoir Dixen alterne les points de vue en utilisant une écriture proche du script de cinéma. Chaque chapitre introduit un champ de caméra suivi du lieu et de l’heure. On alterne donc avec le point de vue interne de Léonor, notre héroïne, et celui du narrateur omniscient qui nous relate en parallèle les évènements sur Terre. On nous ouvre les portes du décor, les coulisses de l’émission et de la production nous sont dévoilés. Ce choix d’écriture permet vraiment un lecture presque visuelle, on s’imagine très bien les scènes filmées ; un peu comme si on était un spectateur devant sa télévision.  

Un spectateur qui découvre des personnages avec leurs failles, leurs secrets, leurs cicatrices. Tous les candidats ont un point commun : un passé à oublier et une vie meilleure à construire loin de la Terre.  Je me suis vraiment attachée à tous les prétendants. Filles comme garçons, ils ont une histoire et une personnalité bien définie par l’auteur. Léonor, cette orpheline, et ancienne ouvrière dans une usine de nourriture pour chien, part en quête d’une famille. D’une famille qu’elle n’a jamais eue. Ne pensez pas que le principe des speed-datings la plaise, au contraire, elle est la candidate la plus réticente à cette partie du jeu. Sa famille elle la voit dans ses coéquipières, Kristen, Safia, Kelly, Liz et FangFang. Mais une fois en orbite, la conquête vers l’Amour débute avec les premières excitations, les jalousies et les coups-bas. Vous vous imaginez bien que les romances occupent aussi le récit. Un peu déconcertée face à l’arrivée d’un triangle amoureux, je reste quand même satisfaite de la manière dont les histoires sentimentales sont traitées. Marcus reste mon personnage masculin favori, malgré son côté poète énigmatique un peu cliché mais que j’apprécie néanmoins.


Manipulation, machination, mensonges et faux semblants, Phobos porte bien son nom car le programme Genesis a de quoi faire peur. Ces 12 candidats ignorent dans quel pétrin ils se lancent. Ce premier tome se termine en pleine acmé dramatique !

Prenez siège à bord du Cupido, en compagnie de 12 candidats en quête d’une nouvelle vie. Le voyage ne sera pas sans turbulence ni frayeurs. Sur Terre comme dans l’espace personne n’est en sécurité. Surtout si vous êtes incapable de tenir un secret. Si vous êtes prêt à courir le risque alors Phobos est fait pour vous ! 

Gwendoline

2016

Le Quatrième Mur

11:35

de Sorj Chalandon 


« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... », Le Quatrième Mur, édition Le Livre de Poche

Un roman violent et bouleversant. Qui nous tire de notre quotidien tranquille et superficiel. Alors que non loin, sur terre, règne la guerre, les conflits religieux. Le chaos. Les tirs. Les bombes. Le sang. Le héros principal, Georges, fait l’amère expérience de ces deux mondes différents : « J'avais hurlé qu'ailleurs, dans des berceaux, des bébés avaient eu la gorge tranchée. Que des enfants avaient été hachés, dépecés, démembrés, écrasés à coups de pierres. Et ma fille pleurait pour une putain de glace? C'était ça, son drame? Une boule au chocolat tombée d'un cornet de biscuit? ».  La rencontre avec Sam, un juif, porteur d’un projet utopique, provoque son voyage au Liban où il fait face à l’atmosphère brutale et sanglante de la guerre ; mais où il noue aussi une amitié forte avec les individus qui croisent son chemin.

Tout démarre avec une passion et une promesse. Le théâtre. Ce lieu de représentation, d’art où l’acteur n’est plus qu’un être fictif. Ce lieu de résonance, éloigné du réel et pourtant profond en signification. Sur la scène, l’homme est presque invincible, protégé derrière ce quatrième mur qui arrête toute intervention du réel, du spectateur.



Sam, Georges et Aurore. Le théâtre va les rassembler et les séparer. Et la promesse me diriez-vous ? Georges quitte son cocoon parisien pour continuer le projet de son ami : représenter Antigone de Jean Anouilh, dans un cinéma à l’abandon de Beyrouth. Réunir des peuples qui s'entretuent, des religions et des croyances qui s’opposent. Faire stopper ce bain de sang pour une représentation. Un challenge des plus complexes. La détermination et le courage de Georges sont remarquables. Cette aventure change son destin à jamais et modifie complètement sa vision du monde. Il est spectateur de cette peinture macabre : les corps tombent, les pleurs et les cris résonnent ; il se heurte à ce quatrième mur, impuissant. Alors avec cette tragédie, en tant que metteur en scène, il garde espoir en l’humanité et il espère que le théâtre marquera une trêve.

Nous lecteurs, suivons avec appréhension le rêve de cet homme ; les mots de Sorj Chalendon nous percutent tels des balles, on s’horrifie face à cette cruauté, la violence du texte nous frappe au ventre. Georges, l’étudiant en Histoire, est tout aussi atteint que nous. La confusion nous fait parfois décrocher, de nombreuses analepses viennent scinder le récit et l'auteur ouvre son oeuvre par un incipit proleptique (la suite de la narration n'est que des retours en arrière). Ces récits enchâssés demandent donc une attention plus intense car on peut perdre le fil assez facilement. 

Néanmoins on reste captivés par le texte. Quand on lit la dernière page, on ne peut constater qu'une seule chose : le quatrième mur est tombé, une tragédie nous a été contée, le rideau se ferme.

Le Quatrième Mur est un récit brutal et tragique sur les réalités de notre monde, entre fiction et réalité, entre guerre et paix, entre amitié et indifférence, cette histoire est une tragédie moderne ! 

Gwendoline

2016

Cité 19

11:35

de Stéphane Michaka

TOME 1 VILLE NOIRE


« Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille... 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire. », Cité 19, édition Pocket Jeunesse

Mêler Histoire et science-fiction semble paradoxal et pourtant Stéphane Michaka relève ce défi dans Cité 19. Paris. XXI ème siècle. Faustine, passionnée d’Histoire et du XIXème siècle, est une jeune adolescente un peu pommée. Une mère absente. Un père aimant gardien au musée d’Orsay.  Elle se forge une carapace de voyou, pas très à l’aise avec son corps, elle cache toute féminité. Elle ne sait pas trop qui elle est. Se cherche. Fais des erreurs. Au moment où elle pense avoir repris son destin en main, tout s’effondre. La police lui annonce que son père a sauté d’une tour. Pourtant le corps à la morgue ne correspond pas à celui de son père. Elle décide de mener secrètement sa propre enquête et elle soupçonne rapidement l’organisation des Illuministes qui harcelaient son père en l’invitant à des soirées nocturnes étranges. Dans une course poursuite avec l’un des hommes de cette organisation mystérieuse, elle atterrit en plein Paris du XIX ème. Une allure de thriller qui se complexifie par la suite. Sans avoir le temps de crier garde, la science-fiction s’ajoute au récit. Cet élément inattendu chamboule l’histoire. L’enjeu n’est plus le même. Passé et présent se répondent, se confondent…

En quête d’une histoire sur le voyage dans le temps, j’ai été agréablement  surprise de découvrir un roman qui jongle entre thriller et science-fiction. Le tout dans un décor très vintage. L’action et l’originalité sont les points majeurs du roman ; et j’admets être impatiente de savoir comment cette histoire va se terminer.


J’ai eu un peu de mal avec les personnages au départ mais ensuite j’ai commencé à apprécier l’héroïne principale : Faustine. Son originalité et son côté androgyne interpellent. Elle se fond avec une immense facilité dans ce Paris de 1800. Un monde où elle a sa place. Où le bac n’est plus la priorité. De nouvelles aventures. De nouvelles rencontres. Qui sont parfois un peu précipitées, notamment celle avec Marion. Les meilleurs amis de Faustine, Morgane et Vikram sont les personnages qui m’ont le moins séduite, ils manquaient de sympathie, de sincérité pour ma part. Néanmoins leur présence dans le récit reste mineure. De nombreux portraits défilent, chacun avec une histoire, une position sociale, un enjeu ; cette grande diversité m’a plu. Tant de personnages que croisent Faustine dans son périple, et qui influencent ses actes. Des actes qui pourraient s’avérer subversif.

Par conséquent, Cité 19 plaira aux lecteurs appréciant l’Histoire et la science-fiction. Redécouvrez Paris, soyez surpris et suivez les péripéties d’une héroïne inédite ! 


chronique

Divergente (T2)

02:32

TOME 2

de Veronica Roth



« DIFFÉRENTE. DÉTERMINÉE. DANGEREUSE.  Abandonnant une ville à feu et à sang, Tris est en fuite.  Grâce à ses facultés de Divergente, elle a réussi à échapper au programme des Érudits qui a manipulé et lancé les soldats Audacieux à l'assaut des Altruistes. En trois jours, Tris a perdu sa faction, ses amis, ses parents. Pourtant, elle n'a pas le droit de baisser les bras. Elle seule peut se dresser face aux Érudits. Avec son frère Caleb et son petit ami Tobias, elle doit trouver des alliés parmi les autres factions, les Fraternels et les Sincères. Mais ceux-ci se montrent méfiants. Or les combats ont repris, et le temps presse... », Divergente T2, édition Nathan

Retrouver l’univers de Veronica Roth. Prendre les armes et fuir en compagnie de Tris et Tobias. Après avoir suivi leurs aventures à l’écran, il était temps de les vivre au fil des pages. Quand on termine le tome 1, la ville de Chicago est en feu, la panique règne, les factions sont meurtries suite à la manipulation des Erudits qui ont forcé les Audacieux a massacré une partie des Altruistes. Tris et Tobias parviennent à arrêter Jeanine, la leader des Erudits, avant que cette mission arrive à son terme. Néanmoins Jeanine toujours en vie, Tris et Tobias sont contraint de fuir. Dans ce second tome, nos héros et une poignée d’audacieux trouvent refuge chez les Fraternels. Très vite les images des récents évènements ressurgissent et les questions fusent. Pas le temps de souffler pour nos personnages qui vont voguer de factions en factions, vont se retrouver au repaire des sans-factions, jusqu’à risquer leur vie chez les Erudits. Derrière ce deuxième  tome se cache un secret, dangereusement gardé par Jeanine, qui chamboulera tous les habitants de Chicago et leur avenir. Ce volet promet des trahisons, de l’action, des désillusions. Les personnages sont mis à rude épreuve et notamment la relation entre Tris et Tobias. 

N’ayant vu que le film, j’ai redécouvert cette histoire. L’enjeu et la révélation finale restent les mêmes mais le déroulement est différent. J’ai beaucoup apprécié la manière dont a été traité les personnages, leur relation entre eux et leur psychologie. On en apprend davantage sur leur caractère. J’ai découvert une Tris plus fragile, détruite par la perte de ses parents, et par la mort de son ami Will.
Une des qualités du livre sont les personnages secondaires. Le film se contente de centraliser l’action sur les deux héros principaux : Tris et Tobias. Ce n’est pas le cas dans le roman.  De nombreux individus côtoient Tris et évoluent au fil de la narration.  Marlene. Uriah. Lynn. Shauna. Cara. Des noms qui vous sont inconnus si vous n’avez pas lu le livre. Et pourtant ils tiennent une place plus ou moins importante dans le quotidien de Tris.

L’action s’enchaîne très rapidement. On ne s’ennuie pas durant sa lecture, même si l’instabilité émotionnelle de Tris peut parfois créer des longueurs. L’écriture de Veronica Roth reste simple et directe ; la narration est fragmentée par de nombreux dialogues. Elle accompagne l’action, sans la ralentir. Je regrette de n’avoir pas vu adapté au cinéma certaines scènes.  Si comme moi, vous avez vu le film, attendez-vous à redécouvrir cette histoire et laisser votre imagination vous donner une autre vision des aventures de Tris. C’est un récit beaucoup plus centré sur le combat intérieur de Tris, ses visites dans les différentes factions et la relation qu’elle tisse avec les autres jeunes insurgés. C’est une héroïne secouée par les doutes et le manque de confiance en elle, qui doit se battre pour retrouver la paix avec elle-même, avec ses proches en vue de délivrer son peuple.  



En conclusion, Divergente séduira les fervents lecteurs de dystopie en quête d’une histoire pleine de rebondissement, où l’héroïne doit faire face à ses actes, affronter ses peurs, sa culpabilité pour combattre les Erudits prêt à tout pour détruire les divergents ! 

Gwendoline

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