2017

Jamais assez maigre : journal d'un top model

13:00

de Victoire Maçon Dauxerre 


«Ã€ 17 ans en pleine révisions du bac Victoire fait du shopping à Paris, quand elle est repérée par un chasseur de mannequins. Engagée par l’agence Elite, elle mesure 1,78 m et pèse 56 kg. Trop grosse ! Ou pas assez maigre. Elle va perdre 9 kg en ne mangeant que trois pommes par jour, afin de répondre aux exigences tyranniques des maisons de couture. […]Un récit sans fard de la vie d’un top model d’aujourd’hui. Un témoignage bouleversant. », Jamais Assez Maigre : Journal d’un Top Model, édition Les Arènes

Beauty queen of only eighteen. She had some trouble with herself…” Les paroles de la chanson She Will Be Loved des Marron 5 ont amèrement résonné dans mes oreilles pendant la lecture de ce livre. A 18 ans, Victoire est la reine de beauté que tous les grands couturiers s’arrachent. Être reine de beauté, mais à quel prix ? Tout démarre d’une façon incongrue. Une balade dans le marais avec sa mère. Un agent la repère. Une grande déception après avoir été recalée aux concours de Science Po. A peine le temps de souffler, car Victoire devient le nouveau top prometteur d’Elite et s’envole pour la grosse pomme. Cette pomme et ses buildings, elle ne peut pas la croquer savoureusement : les castings s’enchaînent à rythme effréné. L’attente, le claquement des talons sur le parquet, les chuchotements moqueurs des autres tops. Des repas qui sautant et seulement trois pommes dans son frigo. Pas plus. Que trois minuscules fruits se balancent aisément dans son estomac, depuis que l’agence lui a dangereusement murmuré tout bas : « pour les défilés, il faut rentrer dans une taille 32 sinon personne ne voudra de toi ». Refusant un nouvel échec, elle fait confiance à la petite voix qui lui dit « tu es trop grosse, arrête de manger ! ». Son ventre se vide. Sa peau tire. Sa silhouette se creuse. Ses cheveux tombent. Son corps s’émiette pendant que les flashs crépitent sur elle, pendant que les plus belles créations haute couture glissent sur sa peau.  Le monde l’appelle, l’adule, elle fait les couvertures de magazines jusqu’à ce que ce le feu des projecteurs s’éteignent brutalement. Le rêve, le cauchemar a duré 8 mois.


On connaît la mode avec sa célébrité, ses défilés, sa fortune et sa beauté. Que se passe-t-il quand les caméras se coupent, quand les ampoules grillent et que le rideau se lève. Le témoignage de Victoire Maçon Dauxerre dévoile les coulisses de ce monde aussi envoûtant qu’inconnu. J’ai été extrêmement touchée par l’histoire de cette adolescente embarquée sur le fleuve machiavélique de l’industrie de la mode. Surtout pour les mannequins. L’identité s’efface derrière un nombre (celui de leurs mensurations), ces jeunes femmes se transforment en poupée de chiffon qu’on habille, qu’on coiffe et qu’on pique avec des aiguilles. Ce récit est d’autant plus poignant que Victoire partage ses émotions : comme face à son journal intime, le lecteur découvre ses angoisses, sa solitude, son changement physique et psychologique. Les mots sont vrais, naïfs et innocents, représentatifs de cette ancienne lycéenne, plus enfant, ni encore adulte, plongée dans l’arène calculatrice et insensible des professionnels de la mode. Cette arène n’est pas complètement noire : des visages amicaux et des élans protecteurs atténuent son cauchemar.  De l’excitation sur les podiums aux crises lors des castings, Victoire démystifie la vie idéalisée du mannequin illustrée par les médias.

Strass, paillettes et talons aiguilles ; régime, jalousie et faux-semblants : Jamais Assez Maigre ou le récit d’un top model brisée par ce que cache les photos glacées d’un magazine de mode ! 

Gwendoline

★    

2017

La Cave

08:34

de Natasha Preston


« Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle. Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lila. », La Cave, édition Hachette

C’est l’histoire d’un jeu. D’une main détraquée amoureuse des fleurs. Elle les arrache à leurs tiges, à leurs familles et les enferme dans une boîte. Une toute petite boite, isolée du monde. Comme des poupées, cette main habille ces fleurs et les emprisonne dans un rôle. Obsédée par leur beauté, elle ne voit pas que ces fleurs perdent leurs couleurs et menacent de se faner. Rose, Iris, Violette : trois pétales condamnés et un espoir desséché. Lila est une fleur fraîchement coupée. Enlevée de ses parents, son frère et son petit ami, elle veut quitter cette boîte par tous les moyens. Cette jeune fille refuse d’agir comme les autres fleurs dociles : elle ne sera jamais Lila, l’objet de ce monstre. Elle reste Summer et l’adolescente est déterminée à s’enfuir. Seulement pour s’échapper, il faut déjà survivre aux règles imposées dans cette cave…

Peu habituée aux récits angoissants et psychologiques, je me suis lancée dans la lecture de La Cave, intriguée. Rapidement, le quotidien de Summer bascule, une nuit où elle se rend à une fête. Adieu ses préoccupations d’adolescente, la voilà jetée dans une cage, fermée à double tour, avec des jeunes femmes toutes aussi étranges que son kidnappeur. Un combat intérieur s’enclenche avec elle-même : coincée entre quatre murs elle doit jongler entre deux personnalités pour survivre : la jeune femme qu’elle est vraiment qui garde l’espoir d’une délivrance et Lila, cette fleur muette, pure et soignée que chérit Trèfle, le gardien de ce jardin. Autour de la détresse de Summer se noue d’autres points de vue : Lewis, le petit ami, et Trèfle. Ces variations ont l’avantage d’inclure du dynamisme au récit mais révèlent également la bête noire de l’histoire : les personnages et leur construction.

Tous les protagonistes et surtout les héros manquent de profondeur ; ce roman tend vers le young adult à cause notamment de ses thèmes forts (séquestration, viol, syndrome de Stockholm, troubles psychologiques) sauf que la psychologie des personnages est survolée. Le point de vue de Lewis ne sert qu’à montrer l’avancement extérieur de l’intrigue. Le point de vue de Trèfle reste décousu, même si l’auteur s’appuie beaucoup sur l’enfance et les souvenirs de son héros, l’esprit détraqué de cet homme reste insaisissable. D’autres personnages auraient mérité un petit peu plus de développement, comme Rose, l’une des séquestrée les plus touchées par le syndrome de Stockholm. Malgré tout, j’ai été agréablement surprise par le détournement final et la conclusion  du récit qui révèlent les séquelles de cette séquestration. J’ai eu le sentiment que l’auteur avait privilégié son héroïne principale et son caractère psychologique au détriment du reste. C’est dommage car l’intrigue reste stressante et déroutante.


Descendez dans La Cave et ouvrez la porte d’un thriller young adult glaçant et psychologique où pour survivre il faut endosser le rôle d’une fleur soumise et délicate. 

★   ✩ 

Gwendoline

2017

Appuyez sur étoile

12:28

de Sabrina Bensalah


« Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d'appuyer sur Étoile ».La maladie est revenue, et ça fait peur. Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n'est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d'un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc ! », Appuyez sur étoile, édition Sarbacane

Levons les yeux de nos écrans, penchons nos têtes vers le ciel. Autour de notre nuage urbain, les étoiles sont là, immobiles, elles nous attendent. Chaque nuit elles se parent de leur voile lumineux. Prêtes à étinceler les pupilles de l’individu qui la contemple. Quand le regard d’Avril se tourne vers les étoiles, elle voit un rêve : devenir une coiffeuse renommée foulant les plateaux de cinéma munie de ses pinces et son sèche-cheveux. Pour sa mémé, les étoiles sont sa délivrance ; elle attend le jour où elle « appuiera sur étoile », où leurs rayons berceront son corps fatigué. Vous l’aurez compris Appuyez sur étoile est une histoire de vie. Avril entre dans le printemps de sa vie : le monde l’attend, son esprit fleurit d’idées et de projets. Avec des parents en pleine crise sentimentale depuis leur divorce, la jeune fille s’accroche à sa grand-mère, une vieille dame aimante et délurée. Elle se bat contre la maladie mais sentant que l’hiver de sa vie se termine, elle confie à sa petite fille son dernier souhait : se rapprocher des étoiles. Avril va remuer corps et âme pour apporter les étoiles au chevet de sa mémé.

En lisant le synopsis ce roman, un mot m’a sauté au visage : l’émotion. Tout au long de ma lecture, j’ai attendu cette émotion qui ne s’est pas présentée. J’espérais être davantage impliquée émotionnellement dans ce récit, si bien j’ai été déçue de ne pas éprouver de l’empathie que ces personnages et leur histoire. Peut-être attendais-je quelque chose de plus grandiose, de plus bouleversant. Puis j’ai éteint mes peut être et mes espérances et c’est à ce moment-là qu’une étoile s’est allumée et que j’ai compris ce livre. C’est l’histoire de la vie, authentique, vraie, sans artifices. Une vie avec ses rêves, ses doutes, ses amitiés, ses choix, ses débuts, ses fins et surtout ses grandes doses d’amour. Je n’ai peut-être pas été émue mais j’ai été témoin d’une belle peinture de la vie : j’ai vu un lien indéfectible entre une grand-mère et sa petite fille, j’ai vu une jeunesse optimiste, acharnée et rêveuse, j’ai vu des êtres qui avancent malgré la perte. C’est un livre juste sur la beauté imparfaite de la vie. Cette idée s’illustre également dans l’écriture de Sabrina Bensalah : son style se balance entre poésie et authenticité. Il incarne cette délicatesse qui hante notre quotidien.  


Appuyez sur étoile, pour écouter la vie et la mort se chamailler, pour observer le tracé que laisse une âme déterminée, pour admirer ce débordement d’amour qui fait descendre les étoiles jusqu’à nous. 

Gwendoline

2017

the revolution of ivy

00:08

d'Amy Engel


« Condamnée à l'exil pour ses crimes, Ivy se retrouve seule au-delà de la barrière qui protège les siens d'un monde hostile, dévasté par l'arme atomique. Trahie par sa famille, abandonnée par Bishop, elle doit quitter Westfall et s'enfonce dans la nature sauvage. », The Revolution of Ivy, édition Lumen

*c e t t e   c h r o n i q u e   p e u t   c o n t e n i r   d e s   s p o i l e r s.   S i   v o u s   n ’ a v e z   p a s   l u   l e   p r e m i e r   t o m e ,   j e   v o u s   c o n s e i l l e   d e   n e   p a s   l i r e   c e t   a r t i c l e *

Ivy avait un destin tout tracé. Elle s’est mariée à Bishop, un couteau à la main. Son destin scellé par un meurtre qu’elle devait accomplir pour rétablir l’honneur d’une famille toute entière. Fait pour se détester, obligés de se marier, l’amour ne faisait pas partie du plan et pourtant il a frappé ces deux adolescents. Au début de ce second tome, Ivy et Bishop se retrouvent séparés.  Bishop fulmine dans sa tour d’ivoire pendant qu’Ivy affronte l’hostilité de ce monde caché par les barrières de Westhfall.

Un peu plus d’un an après la lecture de The Book of Ivy, j’ai décidé de découvrir le mot de la fin de ce diptyque. Je savais à quoi m’attendre : la suite d’une romance plantée dans un décor post-apocalyptique.  J’ai regretté à l’époque et je regrette encore aujourd’hui que l’auteur ait choisi de privilégier son histoire d’amour adolescente à son univers, mais j’avais globalement apprécié le premier tome alors j’étais heureuse de retrouver les personnages d’Amy Engel. Les premiers chapitres m’ont légèrement déroutée : de vagues souvenirs me sont apparus, néanmoins certaines situations ou protagonistes m’ont échappé au départ. Autant lire ces deux romans à la suite  pour apprécier pleinement sa lecture, et ne pas attendre aussi longtemps que moi.

The Revolution of Ivy s’est révélé moins palpitant que le premier. Peut-être parce qu’une grande partie de livre se concentre exclusivement sur Ivy.  D’un côté c’est une héroïne que j’ai beaucoup aimé voir s’affirmer, s’endurcir ; de l’autre elle m’a énormément agacée. Elle noie ses pensées dans le souvenir de Bishop et quand la fortune les réunit, son tempérament vacille et elle agit comme une enfant capricieuse. J’ai le sentiment que l’auteur cherchait à entretenir une tension dans sa romance au risque de transformer son personnage principal en girouette. Je ne vais pas vous mentir, le déroulement de l’intrigue suit doucement son rythme, je n’ai pas été secouée par un amas d’évènements surprenants ou d’éléments en tout genre avant le dernier tiers du livre. Par contre, j’ai été très satisfaite du dénouement final : l’action s’enchaîne et cette ville fracturée par la rivalité de deux hommes sombre dans le chaos pour renaître de ses cendres.  Je garde en tête deux scènes poignantes qui donnent au récit une force et clôturent cette série sur une note juste.

The Book et the Revolution of Ivy plairont aux lecteurs qui veulent désespérément une romance adolescente à la Roméo et Juliette, dans un monde sur le point de s’effondrer. 

★   ✩ 

Gwendoline

2017

Wonder

14:17

de R. J. Palacio


« "Je m'appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c'est sans doute pire. Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n'est jamais allé à l'école. Aujourd'hui, pour la première fois, ses parents l'envoient au collège... Pourra-t-il convaincre les élèves qu'il est comme eux ? », Wonder, édition Pocket Jeunesse

Wonder. Une merveille en français. Comment décrire ce mot si abstrait et étincelant ? Une merveille, elle se présente à nous, elle illumine notre champ de vision. De son simple éclat, elle éclipse tout ce qui l’entoure. La merveille de ce roman se nomme August. August adore Star Wars, le jour d’Halloween et câliner sa chienne Daisy. Ce petit garçon a tout d’une enfance normale, sauf que parfois il préfèrerait cacher son visage pour toujours sous son casque d’astronaute. Dès sa naissance, August a rencontré de nombreux problèmes : il est né sourd et incapable de mastiquer un seul aliment. Ses différentes opérations ont amplement réussi à la rendre autonome, seulement son visage reste marqué. Il a l’habitude de provoquer l’étonnement des passants mais jamais il n’a fréquenté une cours d’école. Epaulé par ses parents et sa sÅ“ur, il rentre au collège. Supporter le regard des autres, les jugements et les moqueries. Être cet élève que tout le monde remarque. Wonder est un magnifique roman sur l’acceptation de la différence.

R. J. Palacio n’a pas choisi le titre de son livre par hasard. Dans la société actuelle, où la différence dérange ; ici R. J. Palacio la souligne et la soutient. La différence est une force. Et August en est la preuve. J’ai été soufflée par le courage de ce jeune garçon : depuis son enfance, il connaît par cÅ“ur ces yeux qui le dévisagent, ces regards qui s’arrêtent sur lui et écorchent chaque millimètre de sa peau. Alors, autant dire qu’entrer dans une classe de sixième, devient une véritable épreuve. Dans ce microcosme où les élèves se fragmentent en catégories, définissent ce qui est cool et ce qui ne l’est pas, ce qui est beau et ce qui ne l’est pas, August vient tout chambouler. Il invite à voir au-delà des apparences. Lui et ses camarades ne sont pas uniquement un visage ou une étiquette mais un individu avec des émotions et des centres d’intérêt. C’est une forte leçon de vie qui ne s’adresse pas qu’à un jeune lectorat.

Un autre avantage de ce livre est qu’il se divise en plusieurs points de vue. Même si August demeure le narrateur principal, on découvre également le quotidien de son entourage, ses amis et la manière dont ils le perçoivent. L’auteur retranscrit ces autres voix avec une grande sincérité et honnêteté : comme Jack qui ne cache pas son dégoût face au visage de son ami mais l’oublie vite tellement il rigole avec lui, ou comme sa sÅ“ur, Olivia qui aime énormément son frère mais souhaiterait que l’univers familial ne tourne plus exclusivement autour de lui.

Un roman vrai, fort et inspirant qui m’a émue aux larmes. Chacun de nous à cette différence, cette part de merveille en nous et R. J. Palacio a choisi de la mettre pleinement en lumière. C’est un peu comme si, elle nous disait « ne cache pas ta différence, montre la. Si August a réussi à la faire accepter, alors pourquoi pas toi ? ». 

Gwendoline

 COUP DE COEUR

2017

outsiders

00:29

de Susan Eloise Hinton


« 1966. Tucsa, Oklahoma. Deux bandes rivales, les Socs – la jeunesse dorée de la ville – et les Greasers – sortes de blousons noirs aux cheveux gominés –, se livrent une guerre sans merci. Ponyboy Curtis, quatorze ans, est un Greaser. Il traîne dans les rues avec ses copains qui, comme lui, sont des loubards. Mais le meurtre d’un Soc bouleverse brutalement sa vie insouciante, le mettant hors la loi. Au fil d’événements dramatiques, le jeune garçon va devenir adulte et faire l’apprentissage de l’amour et de la mort. » Outsiders, édition Le Livre de Poche

1966. Oklahoma. Au milieu de ce brouhaha citadin, au milieu de ce champ d’habitations, vivent deux bandes : les Socs et les Greasers. Les Socs et leurs belles voitures, leurs chevelures laquées et leurs chemises bien repassées. Et les Greasers, ces gamins de la rue : le visage caché derrière une cascade de cheveux, le col de leur veste en jean retroussé et une cigarette au bord des lèvres. Deux gangs. Un terrain de jeu : la rue. Une seule règle : éviter les coups. A 14 ans, le greaser, Ponyboy est élevé par ses frères aînés. Sous sa veste en jean brille une âme de poète : il aime les livres, le cinéma, les couchers de soleil et la campagne. Mais il vit dans l’univers de ces garçons perdus, sans le sou, sans attaches familiales. La rue marque la peau, elle laisse des cicatrices. La rue a formé cette bande, cette famille de substitution. Ces frères de rue sont inséparables et se jurent protection « Ã  la vie à la mort ». Une nuit, les cadets du groupe –dont Ponyboy- se regroupent en mauvaise posture ; ils sont embarqués dans une histoire de meurtre qui les force à dépasser les frontières de la ville. Un roman initiatique, humain et bouleversant. Outsiders a fait chavirer mon cÅ“ur. Alors, avant de vous donner intimement mon avis, j’enfile mon blouson en cuir et je nous emmène au croisement d’une rue déserte, tout près du terrain vague…Let’s go.

Outsiders est un tiroir à émotions. Je n’aurais jamais pensé être aussi touché par le récit de PonyBoy et sa bande. Plusieurs fois, j’ai eu la boule au ventre, le cÅ“ur serré, les larmes au bord des yeux. Loyauté. Sincérité. Amitié. Fraternité. Des concepts qui unissent les membres du gang les uns aux autres. Chaque jeune a sa propre histoire, sa place définie dans le groupe. Ponyboy endosse la voix du narrateur, c’est d’autant plus émouvant que la simplicité de ses phrases reflète l’affection qu’il porte à ses frères et à ses copains de rue. Des mots presque innocents qui contrastent avec ce décor violent, précaire et effrayant qui l’entoure. Même si il est facile de démasquer la jeune auteur de seize ans derrière les traits de Ponyboy, elle donne une sensibilité insoupçonnée à ce gang, elle rend humains ces « voyous » en nous ouvrant leurs cÅ“urs. Un magnifique roman que j’ai du mal à quitter. Je prévois de  retrouver très vite Ponyboy, Sodapop, Darry, Johnny et les autres dans l’adaptation de Francis Ford Coppola.

Outsiders, ces gamins à l’extérieur de la société qui vivent d’alcool, de cigarette et de bagarres. Ces gamins qui font vibrer les cÅ“urs car ils font résonner les valeurs de l’amitié, l’entraide et la loyauté. 

Gwendoline
 COUP DE COEUR

2017

La tresse

06:10

de Laetitia Colombani


« Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. […] Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. », La Tresse, édition roman grasset

Et si quelques mèches de cheveux reliaient le destin de trois femmes ? C’est l’histoire de La Tresse. Un roman poignant et audacieux qui plonge son lecteur dans l’esprit de trois femmes, dans le cÅ“ur de trois pays, dans le sein de trois modes de vie. Après la Femme au Miroir d’Eric Emmanuel Schmitt, je me suis lancée dans la lecture du premier roman de Laetitia Colombani, qui s’appuie également sur le portrait de trois femmes, séparées par des étendues d’eau et des kilomètres de terre, unies par un lien infime –presque invisible- : des cheveux. Cette incarnation de la féminité. Et aussi ce symbole d’une force féminine qui enveloppe nos trois héroïnes.

La Tresse est le récit d’un même combat : ces femmes ont des quotidiens différents, des croyances et des chemins divergents ; seulement, un désir commun les anime : prendre leur vie en main et continuer à avancer même si le sol vibre sous leurs pas. Première escale en Inde. Smita rêve d’un avenir pour sa fille. Elle s’apprête à renverser le lourd fardeau qui se transmet de génération en génération : le statut d’Intouchable. Sa fille ira à l’école. Peu importe les sacrifices, peu importe le danger. Ce périple continue en Sicile. Giulia travaille paisiblement dans la petite entreprise familiale jusqu’à ce qu’un incident l’incite à tenir les rênes de sa vie sentimentale et d’un atelier tout entier. Les valises se posent à Montréal. Sarah est une wonder woman ; cette avocate réputée mène d’une main de fer son rôle de maman et de femme. Un jour, le monde se fige autour d’elle, sa plus grande bataille l’appelle…


Ce roman m’a enchantée, m’a émue, m’a bouleversée. Un hymne à la femme et à son courage. Un voyage dépaysant autour du monde. Des sujets profonds : un tableau renversant sur condition de la femme en Inde, l’appel à une tolérance envers l’autre, la vision de la maladie au sein de la société. Une Å“uvre complète, magnifiquement écrite. Entre les chapitres, Laetitia Colombani tisse un lien poétique et symbolique avec son histoire, son propre récit. Les mots s’enchaînent, glissent et s’enlacent comme les brins d’une tresse. C’est beau, léger, rapide à lire ; les phrases roulent de mèche en mèche et on arrive déjà au bout de la tresse.                                                                       
   Gwendoline
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