2016

La Reine des Lectrices

11:09


de Alan Bennett


« Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ? C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. », La Reine des Lectrices, édition Folio

Scénario catastrophe à Buckingham Palace : la reine est soudain prise de passion pour la lecture et néglige peu à peu ses devoirs royaux. Tout débute avec un bibliobus dans les jardins du palais qui permet aux employés au service de la reine d’emprunter des livres. Sa Majesté découvre ce bus à livre ambulant et fait la rencontre de deux passionnés. Et c’est le coup de foudre ! Comment a-t-elle pu attendre si longtemps sans lire ? Auteurs contemporains ou auteurs classiques. Littérature étrangère ou anglaise. Fiction, autobiographie ou témoignage. Rien ne lui échappe. Les ouvrages s’empilent sur son bureau et sa table de nuit. Au détriment des proches de la reine et de son personnel, chaque occasion est la bienvenue pour lire ou parler de littérature. Le tout saupoudré d’humour anglais.

Cette petite fiction nous fait sourire, on passe un bon moment le long de ces cents pages. La reine est indéniablement un peu caricaturée tellement sa passion pour les livres est presque obsessionnelle.  Néanmoins cette nouvelle image de la reine complètement détaché de ce que l’on peut voir m’a plu : imaginez Sa Majesté la reine dans sa voiture saluant la foule d’une main, absorbée par le livre qu’elle  tient secrètement sur ces genoux. Invraisemblable, n’est-ce pas ?

Je ne pense pas que ce récit soit fait pour être vraisemblable ; c’est une farce qui vise gentiment Buckingham. Derrière cette histoire aux traits légers, on décèle une réflexion sur la royauté britannique. Alan Bennett pique le protocole et l’étiquette où chaque évènement ou apparition publique est préparé et répété. Pas une once de spontanéité, tout est calculé. Alors on comprend pourquoi une reine qui passe ses heures à lire, devient le problème majeur à Buckingham Palace. Ce livre montre que la passion ne va pas de pair avec la sphère politique. Nombreux sont ceux qui tentent de raisonner la reine ou de mettre fin à tous ceux qui nourrissent son goût de la lecture.

De plus, l’écrivain illustre le pouvoir subversif de la littérature. Les livres menacent l’image de Sa Majesté et de la monarchie car la littérature est incontrôlable et elle diffuse des idées pas forcément appréciées ; elle est donc dangereuse. Comment la reine réussira à allier obligations et passion ? Jusqu’où ira-t-elle ? Réponses à découvrir par vous-même.

La Reine des Lectrices  c’est un humour so british qui pointe du doigt de la monarchie, c’est un texte avec joies réflexions sur la littérature, et surtout c’est une belle démonstration sur le pouvoir des mots –la page 122 vous réserve des surprises- !

« Cet attrait pour la lecture, songeait-elles, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse. » (p36)


 Gwendoline

anglais

The hunger games

04:25

The hunger games, Tome 1 
Première lecture en VO avec une valeur sûre : THE HUNGER GAMES de Suzanne Collins

"May the odds be ever in your favour. (…) Winning will make you famous. Losing means certain death", The Hunger Games, tome 1, édition Scholastic

Les Etats-Unis sont divisés en 12 districts soumis à l’autorité de la dictature et du président Snow. Contre toute rébellion, le gouvernement organise chaque année les Hunger Games, évènement retranscrit à la télévision où une fille et un garçon de chaque district se battent à mort dans une arène. On découvre le personnage de Katniss, qui prend la place de sa jeune sÅ“ur, Prim, dans les jeux,  et elle devient la mythique « Girl On Fire » aux côtés de l’autre tribu sélectionné, Peeta. Bref, j’imagine que le topo tout le monde le connaît.
Que dire que avant même de commencer cette lecture j’étais déjà enchantée. J’avais déjà lu le premier tome il y a bien longtemps et je souhaitais me lancer dans un livre en anglais, alors j’ai privilégié une histoire que je connaissais. La couverture française n’est pas si différente, mais je reste davantage envoûtée par l’édition originale qui est plus épurée et esthétique d’après moi.

J’avais beaucoup aimé ce roman à ma première lecture et en le relisant je l’ai aimé encore plus. Les dérives des téléréalités et ses extrêmes sont clairement montrés dans cet ouvrage. Certaines anecdotes m’ont un peu rappelées 1989 de G. Orwell, mais cela reste une impression personnelle. Cette dystopie répond clairement aux codes d’un régime tyrannique avec les inégalités flagrantes, le manque de libre-arbitre sur ses pensées et ses choix. L’aspect de scénarisation pour attirer les sponsors m’a beaucoup plu, car dans nombre d’émissions aujourd’hui, et n’est pas rare de trouver des éléments orchestrés, ce qui créer un effet miroir  et renvoie à des pratiques qui se font dans notre société. Les jeux demeurent l’épisode le plus palpitant, où Suzanne Collins joue avec les émotions et les attentes de son lecteur surtout par rapport aux relations entre les personnages (dont la relation entre Peeta et Katniss) et aux confrontations physiques parfois brutales.
Les protagonistes sont bien approfondis, on entretient un lien différent avec chacun d’eux. Katniss incarne vraiment ces héroïnes qui m’inspirent et dont j’admire leur courage et leur témérité. J’aime les femmes fortes dans leur caractère et leur accomplissement. Ensuite Peeta. J’étais contrainte de l’évoquer, étant donné qu’il reste mon favori, son côté un peu dépendant de Katniss mais à la fois résistant et brave pour ceux qu’il aime, est touchant. Dès le départ, il est vu comme un perdant par son entourage mais Katniss lui attribue un héroïsme, il devient pour elle et pour nous, lecteurs, un héros au grand cÅ“ur. Vous vous imaginez bien que mon cÅ“ur penchait directement pour le couple Peeta et Katniss.  Les autres personnages accordent eux aussi une importance à l’histoire, Haymitch  l’ivrogne dont on se méfie qui devient un protecteur pour les tribus, Cinna le styliste qui fournit à Katniss sa popularité, l’incroyable Effie aussi bien déconnectée de la cruauté de ce système que attachante et enfin, Gale le meilleur ami, le confident et  le petit ami potentiel. Tant de personnages qui donnent un charisme à l’histoire grâce à des comportements et des points de vue divergents.

L’anglais n’est pas devenu un obstacle ; je ne pourrai pas traduire chacun des mots mais pour une personne avec un niveau d’anglais moyen, la langue n’est pas un problème. La lecture reste fluide et compréhensible. Donc pour tous les fans de cette série dystopique, respirez un bon coup et redécouvrez  le texte de Suzanne Collins, libéré des arrangements qu’occasionne la traduction.
COUP DE COEUR
Gwendoline

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