2017

Holding Up the universe

13:35

de Jennifer Niven

LECTURE EN VO


Everyone thinks they know Libby Strout, the girl once dubbed “America’s Fattest Teen.” But no one’s taken the time to look past her weight to get to know who she really is. (…) Everyone thinks they know Jack Masselin, too. Yes, he’s got swagger, but he’s also mastered the impossible art of giving people what they want, of fitting in. What no one knows is that Jack has a newly acquired secret: he can’t recognize faces. (…) When the two get tangled up in a cruel high school game—which lands them in group counseling and community service—Libby and Jack are both pissed, and then surprised. Because the more time they spend together, the less alone they feel. . . . Because sometimes when you meet someone, it changes the world, theirs and yours.”, Holding up the universe, edition Alfred A. Knopf NY

Sentir le poids de l’univers sur ses épaules. Jack et Libby portent leur différence à bras le corps. Ils tentent de l’alléger ou l’accepter mais au lycée, la tolérance est parfois plus difficile à trouver qu’un siège libre à l’heure de déjeuner. Aux yeux du monde, Libby Strout n’est pas simplement Libby ; sur son visage une étiquette lui colle à la peau : depuis que l’Amérique l’a vu tirée de sa maison à l’aide d’une grue, on l’associe à « La plus grosse adolescente des Etats-Unis ». Deux ans plus tard, elle fait ses premiers pas au lycée, bien décidée à s’accepter et gérer son anxiété dans cette jungle adolescente. Jack a la chance d’être apprécié de tous et d’avoir une petite amie super. Aucune étiquette ne barre son visage. C’est plutôt lui qui aimerait étiqueter les autres. Quand un visage apparaît, il voit des yeux, un menton, des cheveux mais aucun mot. Il est atteint d’un trouble qui l’empêche de reconnaître les visages. Ses amis. Sa famille. Il peut les croiser dans la rue sans les reconnaître. Cette maladie qu’il cache l’enferme dans un cercle social confortable qu’il tente par tous les moyens de ne pas briser. Un jeu idiot va l’amener à rencontrer Libby, et ces deux adolescents vont se décharger des poids et des secrets qui les ralentissent.

Après Tous Nos Jours Parfaits, Jennifer Niven revient avec Holding Up The Universe, une romance où s’emmêlent un cadre familial compliqué et des troubles psychologiques. Elle reprend des thèmes déjà vus dans son premier roman –comme le deuil- et les plante dans un nouveau décor et dans le cÅ“ur de nouveaux personnages. Personnellement j’ai trouvé l’intrigue principale sympa et les personnages originaux ; pourtant j’ai eu assez de mal à rentrer dans cette histoire. Peut-être est-ce parce cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de livres en anglais mais je ne pense pas car le texte reste abordable. J’ai le sentiment que quelque chose manquait pendant ma lecture. Même si chaque personnage a son propre point de vue et que son environnement familial est esquissé, je me suis sentie comme face à un trompe l’Å“il : il manquait du relief pour je plonge complètement dans cette fiction. Vous savez, cette petite chose, un peu magique, qui fait qu’on croit à une histoire, à un univers jusqu’à la dernière page. C’est dommage car nos deux héros principaux sont attachants et j’ai aimé connaître leur histoire personnelle. 

La détermination et le courage de Libby est incroyable ; c’est le genre d’héroïne qui se bat contre ses démons intérieurs tout en ayant le cran d’affronter la tête haute le regard des autres. Je crois que les personnages masculins de Jennifer Niven dégagent tous quelque chose de bouleversant. J’ai beaucoup aimé Jack : il donne l’impression de tout contrôler alors qu’en réalité c’est le chaos dans sa tête. Je retiens une scène poignante où il doit aller chercher son petit frère à l’école et il est incapable de l’identifier dans cette foule d’enfants. L’écriture de l’auteur illustre bien les émotions de ses héros ; on réalise à quel point une action inconsciente pour nous devient un vrai cauchemar pour Jack.

Holding Up The Universe ne m’a pas réellement fait décoller de la terre ferme. La romance se révèle simple et légère et malheureusement les bases de cette histoire semble instables alors que Libby et Jack illuminent ce roman et méritent l’attention du lecteur. 

★ ★  ✩ 
Gwendoline

2015

Tous Nos Jours Parfaits

11:34

de Jennifer Niven


« Quand Violet Markey et Thedore Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la "bête curieuse" de l'école. L'excentrique tourmenté et impulsif dont personne ne recherche la présence, qui oscille entre les périodes d'accablement dominées par des idées morbides et les phases "d'éveil" où il déborde d'énergie vitale. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sÅ“ur adorée est morte dans un accident de voiture. (…) C'est le début d'une histoire d'amour bouleversante, l'histoire d'une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir. », Tous Nos Jours Parfaits, édition Gallimard Jeunesse

J’ai ENFIN lu ce livre dont tout le monde parle. Par où commencer. Peut-être en vous disant comment j’ai eu ce livre, bien que cela n’ait pas grande importance (tout est question d’introduire avec finesse le sujet, bref). Tout simplement j’ai remporté un exemplaire grâce à un concours. Au mois d’octobre, les éditions Gallimard Jeunesse et le compte instagram On Lit Plus Fort lançaient un concours pour gagner le suite à cette question : quel est votre secret pour qu’un jour devienne parfait ? Et tout le roman tourne autour de cette seule et unique interrogation : comment être heureux malgré la douleur, la dépression ? Un jour parfait est-il possible ? Comment y accéder ? La perfection de cet instant est-elle durable ? Les deux personnages de l’Å“uvre tentent d’y répondre, d’y trouver des solutions,  ils expérimentent, échouent, aiment, tombent, se relèvent, trébuchent, vivent, meurent, survivent. L’un devient le pilier de l’autre, chacun étant dépendant de l’autre.

L’histoire s’ouvre avec Finch, un jeune garçon instable mentalement ; ce qui ne l’empêche d’être sûr de lui parfois, beaucoup. On l’aime pour ça. Pourtant derrière cette aisance se cache une étiquette qui lui colle à la peau depuis le collège « Finch le Fêlé ».  Dès son jeune âge, sa vision du monde est perturbée par des phases d’éveil et celles de sommeil profond dont il n’a aucun souvenir et dans lesquelles les idées noires le surmontent.  Ce garçon étrange se bat constamment contre cette maladie psychique et ses démons intérieurs qui le rendent violent. Son milieu familial ne l’aide pas. Loin de là. Enfant invisible. Enfant inutile. Enfant cause de déception. Voilà ce qu’il voit. Finch teste ses limites, joue avec la mort.

Un jour où il se retrouve au bord vide au sommet d’un clocher, tout change. Sa marche funambule est troublée par Violet, qui elle aussi a trouvé cet endroit idéal pour se suicider. Face au vide, elle panique. C’est là que nos héros se rencontrent et se sauvent l’un l’autre du vide. A partir de cet épisode, une histoire d’amour se crée doucement. Finch se révèle être un être sensible, un musicien en herbe,  avec un côté un peu poète et un brin d’humour. Il va redonner le goût de la vie à Violet, une jeune fille déprimée depuis la mort précipitée de sa soeu dans un accident de voiture….

On dit que c’est un livre aussi poignant que Nos Etoiles Contraires. Je dirai que c’est plus un mélange de Nos Etoiles Contraires et la Face Cachée de Margo. Quoi ? La Face Cachée de Margo ? Oui du fait que nos deux compères font des balades à la recherche de lieux, de lieux qui les rapprocheront, les feront aimer la vie, et même des balades qui deviendront un mystère à résoudre à la fin du roman. C’est vraiment un livre très bouleversant et assez dur surtout vers les 300 pages. L’événement qui survient est  brutal, à la fois attendu et inattendu je dirai : tout annonçait cet épisode mais je refusais de l’imaginer. Je suis le genre de lectrice qui garde espoir jusqu’à la fin et ce n’est qu’en lisant la dernière ligne que je réalise.

 J’ai vraiment du mal à noter ce livre, coup de cÅ“ur ou pas, je ne sais pas. Car je n’ai rien à reprocher au livre : j’aime beaucoup son aspect poétique, positif et l’intertextualité très présente. Tous Nos Jours Parfaits c’est ça : comme nos héros, le roman vacille entre la joie, la tristesse, le bonheur, la souffrance, les moments beaux et poétiques, et ceux qui nous font pleurer. Les personnages sont travaillés, touchants, on adore les suivre du début à la fin. Finch est le protagoniste que j’ai le plus apprécié avec son caractère décalé, torturé, drôle, sans gêne, impulsif et sensible.

C’est vrai que je termine ce bouquin avec un pincement au cÅ“ur, la fin est vraiment triste. Le sujet central de ce livre est important et actuel, et je trouve que l’auteur l’a magnifiquement traité.

Je vous conseille Tous Nos Jours Parfaits si vous recherchez un roman bouleversant, où l’amour devient un élan vers la vie, un élan pas toujours suffisant mais qui permet de vivre au moins un Jour Parfait ! 
COUP DE COEUR

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