2016

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers

12:22

de Ransom Riggs


 « Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ».Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. […] », Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers, édition Bayard

Si vous vous promenez sur les terres du pays de Galles et que vous apercevez un falco peregrinus, plus communément connu sous le nom de faucon pèlerin, ouvrez grand les yeux. Car peut être que derrière ces plumes se cache Miss Peregrine, la directrice d’un orphelinat extraordinaire rempli d’enfants particuliers.

Avant de mentionner Cairnholm, la boucle, Emma et les sépulcreux, ressortons du grenier une vieille boite poussiéreuse renfermant des clichés jaunis. Ces clichés Jacob Portman les connaît par cÅ“ur ; ils ont alimenté son imagination et les histoires de son grand père. Un vieil homme juif, qui a fui sa Pologne natale lors de la seconde guerre mondiale pour être sous la protection de Miss Peregrine, directrice d’un orphelinat situé sur une petite île au Pays de Galles : Cairnholm. Dans ce climat hostile, le jeune Abe Portman fait la connaissance des autres enfants de l’orphelinat : des enfants aux dons si particuliers qu’Abe les a cristallisés sur papier photo. Une enfant à la force herculéenne. Des jumeaux masqués effrayants. Une petite fille, la tête baissée vers une fontaine, aux deux reflets. Et Miss Peregrine, la pipe aux lèvres, capable de se changer un oiseau aussi vite qu’un battement d’aile. Jacob connaît par cÅ“ur ces personnages, ces anecdotes que son grand père lui conte à l’heure du coucher. Néanmoins le petit garçon rêvant d’exploration grandit, et la magie disparaît, le réel tue le merveilleux : ces photos ne sont plus que des fables à ses yeux, des fables qui nourrissent le délire de son grand père. Un soir, suite à un appel inquiétant, Jacob tombe sur le corps inerte de celui-ci. Cette nuit reste inexplicable, alors pour percer les secrets du passé de son grand père et il se rend, accompagné de son père, à Cairnholm. Ce voyage sur les traces d’Abe Portman le mènera vers l’inattendu…

Pour l’automne il n’y a pas de meilleure lecture. Une île mystérieuse et isolé. Un passé invraisemblable. Fantaisie et action. Entre évènements historiques et fantastique, on se laisse guider. Jacob, notre narrateur, endosse le rôle de son grand père et nous raconte son histoire comme son prédécesseur l’aurait fait en nous montrant les photos sorties de sa boite. En plus d’être un livre objet – une série de photos jaunis, de lettres, d’éléments esthétiques- c’est un énorme moyen de persuasion. Pourquoi ne pas croire à l’invraisemblable quand l’image prouve les mots ? Ransom Riggs convainc son lecteur avec finesse et subtilité : ces ajouts graphiques permettent au lecteur de s’imaginer pleinement cet univers onirique – qui colle parfaitement avec la cinématographie de Tim Burton  au passage - . Alors oui, j’ai été surprise, agréablement surprise et ce livre m’a refait tomber amoureuse du fantastique. Fuyant les histoires de fantômes, de loups garous et de tous ces êtres de l’horreur, ce roman à l’ambiance surnaturelle et aux traits gothiques m’a complètement conquise. Est-ce à cause de ce jeu entre réel et invraisemblance ? Est-ce à cause des personnages à la fois uniques et attachants ? Un mélange des deux ?

Les personnages sont l’un des atouts de ce livre. Tous particuliers mais tous unis, un beau message sur la différence ;  nous avons tous en nous cette petite particularité qui nous rend étranges aux yeux des uns et extraordinaires aux yeux des autres. Le tout étant de prendre confiance en soi et d’accepter d’être diffèrent. Même si dans ce premier tome, l’action se concentre sur trois ou quatre de ces enfants particuliers en plus de Jacob, le peu de détails que l’on a sur ces orphelins nous fait les aimer dès la première ligne. Et j’espère en apprendre davantage sur ces enfants dans les prochains tomes. J’aime également la psychologie donnée à ces êtres de papiers : certes on distingue facilement une vision manichéenne – avec le Bien et le Mal- et pourtant ces enfants n’ont pas toujours des têtes d’anges : ils font des bêtises, leur amitié est parfois en péril. Cette capacité à ne pas trop schématiser les comportements donnent vraiment une humanité aux protagonistes qui croisent notre route. Ransom Riggs s’amuse même à parsemer le récit de pointes d’humour : par exemple avec les deux rappeurs délurés de l’île – Burton a d’ailleurs beaucoup jouer avec cet humour pour alléger certains épisodes dramatiques et c’est plutôt bien amené-. Son écriture est très rapide et agréable à lire. Il a la capacité d’écrire simplement mais élégamment, et moi qui bougonne quand je me trouve face à une écriture pas assez « pensée », j’ai été réjouie. D’après moi un style d’écriture, une tournure de phrase ou un mot peuvent vraiment favoriser l’intégration du lecteur dans le récit et dans l’imaginaire crée par l’auteur ; et c’est ce que j’ai aimé retrouver dans Miss Peregrine et les Enfants Particuliers.

Je me tais pour vous laisser à vos lectures nocturnes. Vous l’aurez compris : ce roman a été un enchantement et un vrai coup de cÅ“ur. Maintenant je n’ai qu’une envie : lire les deux autres tomes en attendant Halloween.




Alors, oubliez ce que vous saviez sur la fantasy et osez découvrir la particularité de Miss Peregrine et les Enfants Particuliers. Munissez-vous d’un bon imperméable, affrontez le mal de mer et vos peurs, passez le brouillard et découvrez aux côtés de Jacob, les personnalités extraordinaires de l’orphelinat de Cairnholm !

COUP DE COEUR

Gwendoline

chronique

L'Attrape Coeur

11:41

de J.D. Salinger


« Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu. », L’Attrape CÅ“ur, édition  Pocket

Cette semaine c’est un roman d’adolescence que je vous présente. Mais attention roman d’adolescence ne signifie pas forcément roman pour adolescent. En effet, l’Attrape CÅ“ur est un roman je dirai « classique » au style et à l’histoire inédite et particulière ; donc il ne peut pas obligatoirement plaire à des lecteurs adolescents. C’est vrai que l’on retrouve l’histoire d’un jeune garçon de 17 ans en quête de soi et de ce qu’il va devenir, c’est un adolescent dans une phase de transition qui l’amène à expérimenter le monde. On pourrait, d’une certaine manière, rapprocher cela avec Le Monde de Charlie ; cependant malgré ces points communs, ces deux Å“uvres diffèrent l’une de l’autre.

Tout d’abord le style de l’auteur peut dérouter, et la traduction française faite du roman aussi. Par exemple, l’auteur n’emploie pas le mot « parce-que » mais « bicause » (venant du mot anglais « because »). C’est réellement un style unique, qui mélange familiarité, brutalité et vulgarité. C’est un style, je dirais, qui transparaît réellement les émotions d’Holden : un jeune garçon énervé en pleine crise d’adolescence, tiraillé entre l’envie de grandir et celle de demeurer un enfant. Le récit étant écrit à la première personne du singulier, on découvre de façon très personnelle ce jeune homme.

Holden Caufield est pensionnaire à Pencey, une école renommée des Etats Unis. Mais voilà que ses notes sont en chute libre, c’est un être un peu solitaire et  il navigue en sens inverse. On apprend qu’il s’est fait renvoyer et lui, qui pensait éviter ses parents jusqu’au dernier instant, se dispute avec son camarade de chambre à propos d’une fille et le voilà plier bagage, direction New York. Là-bas, on découvre en jeune homme indépendant,  il fait des rencontres inattendues, parfois déstabilisantes,  il n’hésite pas à mentir pour expérimenter, pendant plusieurs jours, un monde adulte à la fois si fascinant et effrayant. Au fil de l’Å“uvre, on nous livre une introspection développée de ce personnage, on le voit passer de l’ivresse à la solitude. La personne qui ne sera pas un détracteur pour lui est sa petite sÅ“ur Phoebe, qu’il apprécie beaucoup et qu’il n’aimerait pas voir grandir comme tous les enfants en général. C’est la vie d’un adolescent vulgaire et troublé, désireux de s’inscrire dans le monde, de connaître des expériences, mais aussi celle d’un jeune garçon sensible et froussard.

L’Attrape CÅ“ur est un roman particulier, déroutant et étrange et pourtant qui reste classique et reconnu, alors si vous voulez découvrir l’esprit tiraillé d’un garçon en transition entre l’enfance et le monde adulte je vous le conseille ! 

Gwendoline

2015

Celle qui en savait trop

10:19

de Linwood Barclay 


« Pour arrondir ses fins de mois, Keisha Ceylon a eu LA bonne idée : troquer ses balais de femme de ménage contre une boule de cristal. Entre thème astral et marc de café, elle s'est fait une spécialité : faits divers et disparitions. Cinq mille dollars contre l'espoir de retrouver un être cher : certaines familles sont prêtes à tout. Et justement, Wendell Garfield est sans nouvelles de sa femme Ellie, volatilisée à la sortie du supermarché une semaine plus tôt. […] Wendell et sa fille sont affolés : l'heure est idéale pour l'arnaqueuse qui se prépare à livrer sa plus belle, sa plus troublante, sa plus dangereuse vision... Car, sans le savoir, la fausse voyante vient de frôler de très près une vérité meurtrière», Celle qui en savait trop, édition France Loisirs

Dernière lecture de ma sélection Hallowctober, j’étais impatiente d’entamer ce thriller étant donné que je n’en lis pas souvent, donc c’est toujours excitant de se confronter à un genre inhabituel. Tout d’abord je voudrais juste faire une remarque sur le titre du roman, le titre original se nomme « Never Saw It Coming » et pour être honnête ça résume parfaitement mon impression. Je n’ai rien vu venir. C’est-à-dire que je n’avais rien imaginé de tel ; l’auteur à bien fait son travail au niveau du suspense. Malheureusement je ne peux pas trop vous en dire au risque de vous révéler des Ã©vénements importants.

Cependant commençons par le début : Keisha Ceylon. Cette femme a fait de la voyance et l’escroquerie son domaine. Elle raconte à ses clients ses visions, utilise les cartes, boule de cristal, bref tout un matériel, pour berner des âmes désespérées.  Elle est assez douée dans l’art de la manipulation et n’hésite pas à justifier « ses dons » par un étalement de preuves et d’évidences inventées. Son petit ami Kirk est d’ailleurs un de ses meilleurs complices pour jouer le client satisfait. Une disparition étrange d’une femme. Un mari et une fille éplorés. Un tapage médiatique. Il n’en faut pas plus à Keisha. Elle rend visite au mari d’Ellie, la femme disparue, décidée à lui révéler une vision troublante sur son épouse. Mais cette entrevue ne va pas se passer comme prévue, et les faux talents de médium de Keisha vont lui jouer un tour. Ces « fausses » révélations vont lui causer du tort, elle frôlera la mort et sera entraîner dans un tourbillon infernal de péripéties…


Globalement c’était une bonne lecture. Rien à dire pour ce qui est de l’histoire en elle-même. L’action est là, les retournements de situations aussi. C’est très intriguant car vers les 150 pages on sait déjà ce qu’il est arrivé à Ellie puis s’en suit alors une seconde intrigue plus concentrée sur le personnage principal : Keisha.  Pas d’éléments paranormaux qui pourrait faire frissonner mais il y a bien une scène assez gore et riche en actions, que l’on ne peut pas oublier ; ça c’est clair, l’image est encore gravée dans ma tête : beurk ! L’héroïne se bat pour se sauver, elle et sa liberté (si vous lisez le livre vous comprendrez). La fin est assez étonnante, mais bien tournée quand même. Ensuite ce n’est  en rien un livre coup de cÅ“ur que je voudrais relire (après qui relit un thriller connaissant déjà la fin à part pour chercher des indices dans le texte ?), le style est très simpliste, un peu familier parfois. On lit ce livre pour vivre cette histoire, savoir ce qu’il s’est passé et comment va s’en sortir l’héroïne mais pas pour la beauté du texte. C’est dommage. Je ne demandais pas de la poésie non plus. Mais peut être une écriture plus recherchée. Après c’est un style direct qui peut plaire aussi pour sa vivacité.

Keisha est la maman d’un petit garçon et vit depuis peu avec Kirk, un ouvrier inapte à cause d’une blessure qui passe ses journées devant la télé. Sa relation avec ce dernier est un peu contradictoire, leurs disputes peuvent être violentes mais c’est un homme qui n’hésite pas à lui venir en aide, même si on se demande s’il le fait par amour ou par contrainte ? Bref. Keisha est un peu un anti-héros, elle se sert du chagrin des autres pour avoir de l’argent. C’est une femme indépendante surtout concernant son boulot d’arnaqueuse, elle veut agir seule. Même  si on devine un brin de remords dans le roman envers ses agissements, elle reste un personnage intelligent, cachant ses sentiments, hypocrite et cruel quand il est question de se protéger (je vous renvoie à la fin du livre). Cependant elle reste malgré tout un être humain qui demande de l’aide pour se tirer du bourbier dans lequel elle s’est fourrée et ne reste pas insensible et traumatisée par les Ã©vénements qu’elle a pu vivre. J’ai bien aimé les indications données par l’auteur sur son passé, ce qui peut expliquer le comportement de ce protagoniste. Donc c’est une héroïne qui vacille entre le héros et le méchant, assez originale mais qui ne me plaît pas plus que ça.

J’aimerai vous en dire mais ça m’est impossible. Alors, pour éviter de gâcher quelconques révélations, je m’arrête là. Je conseille Celle qui en savait trop, aux lecteurs désireux de trouver un thriller surprenant  Ã©crit simplement avec une héroïne plutôt originale !




aventure

Île Mystérieuse (texte abrégé)

02:08

de Jules Verne


« Sur une  île déserte, en plein océan Pacifique, cinq naufragés américains organisent leur survie, accompagnés, de leur chien Top. Bientôt des phénomènes inexplicables et des coïncidences troublantes se multiplient, comme si quelqu’un ou quelque chose tentait de les aider à distance. Quel est donc le secret de l’île ? », ÃŽle Mystérieuse, édition Le Livre de Poche Jeunesse

Ces dernières semaines, je lis principalement les Å“uvres demandées pour les cours à la fac ; alors j’ai décidé de vous proposer cette semaine un livre que j’ai lu ce week end pour mon cours de Livres Jeunesse.  C’est un texte abrégé pour les enfants (étant donné pour l’Å“uvre originale fait dans les 800 pages).

Qui n’a jamais entendu parler de Jules Verne ? Jules Vernes est son Voyage au Centre de la Terre, ou Vingt-Mille-Lieux sous les Mers. Ici on découvre son ÃŽle Mystérieuse. Cinq anciens prisonniers de Richmond (c’est la période de guerre aux Etats-Unis entre les Nordistes et Sudistes) pour la plupart, parviennent à s’échapper en pleine nuit grâce à ce qu’on appellerait aujourd’hui une montgolfière. Malheureusement leur traversée en mer est perturbée par une violente tempête qui fait échouer ces cinq hommes sur une île méconnue.  A partir de là, née une profonde amitié entre ces cinq naufragés, qui nous peuvent dorénavant ne compter que sur eux-mêmes, leur aptitude mentale et physique pour survivre sur cette terre hostile.


On pourrait croire que ces individus soient tentés de délirer ou agoniser  sur le sort face à la situation ; mais au contraire ils font preuve d’une adaptation incroyable sur l’île et use de leurs mains et leur esprit pour survivre, chasser, se construire en habitat, établir des productions ou encore améliorer leur confort sommaire. On les suit alors dans leurs péripéties pendant trois ans : où ils font des rencontres inattendus et des découvertes surprenantes. De plus, un mystère entoure cette île et les aventuriers puisqu’une force ou un homme invisible leur assure une protection. Enfin il se pourrait qu’au long de l’histoire leur île soit menacée par les hommes ou par elle-même…

J’ai bien aimé cette petite robinsonnade, qui peut largement plaire aux enfants, pour son côté aventurier dans un milieu vierge ; l’établissement d’une micro société pour vivre ; et les événements qui secouent les naufragés sur île. L’amitié qui lie ces hommes est aussi extrêmement touchante, car ils seraient prêts à tout pour protéger leur compagnon et défendre leur île.  Toutes les différences qui pourraient opposer les personnages sont effacées et au contraire chacun usent de ces connaissances pour aider les autres : entre le marin, l’ingénieur, l’ancien esclave noir, le jeune orphelin etc.

Sans vous dévoilez la fin, ce que j’ai beaucoup aimé lors du dénouement c’est qu’on découvre que Jules Verne donne un lien entre ses différents romans, (un détail qui rappelle une de ses Å“uvres). Comme c’est un livre pour enfant, le texte est raccourci et facile à lire même si on retrouve le vocabulaire précis de la navigation maritime ou des éléments naturels.

Je conseille ce roman, à ceux qui recherchent de l’aventure sur une île déserte en compagnie de cinq hommes liés d’amitié et qui ne veulent pas se lancer dans la lecture intégrale de l’Å“uvre ! 


Gwendoline

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