2017

La Ballade d'Hester Day

12:50

de Mercedes Helnwein


« C'est l'histoire d'une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d'un apprenti poète qui l'a épousée pour trouver l'inspiration, et d'un petit garçon rondouillard qui, à défaut d'être cow-boy de l'espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux. L'équipée sauvage d'Hester Louise Day s'annonce comme un fiasco épique. Parce que la famille, même bricolée, ce n'est jamais un long fleuve tranquille, surtout quand on est recherché par la police et le FBI. Il faut dire que, quand Jethro, son cousin de dix ans, s'est invité dans son road trip, Hester n'a pas réfléchi aux conséquences. » La Ballade d’Hester Day, édition Le Livre de Poche

Hester Day n’est pas une adolescente comme les autres. Elle n’est pas réactive à aucune émotion et préfère s’enfermer dans l’indifférence et l’extravagance, plutôt que de suivre les mêmes idéaux que ses camarades de classe. Le bal de promo ? Très peu pour elle. Elle s’y rend pour céder au caprice de sa mère et détruit sauvagement toutes les espérances de son cavalier. L’université, les études de médecine sont des mots dont elle ne veut pas entendre parler. Hester Day est une âme vagabonde et romantique, elle pourrait sortir tout droit d’une fiction écrite par la « beat generation ». Elle suit ses envies, vit l’instant présent sans se soucier du lendemain. Elle ne décline jamais ses verbes au futur. Un soir, elle nourrit le désir d’adopter un enfant ; d’offrir une famille à un orphelin et par la même occasion de se libérer de son propre cocon familial qui l’étouffe. Il lui suffit de quelques semaines pour épouser un apprenti poète et sillonner les Etats Unis dans un vieux camping-car avec son cousin de dix ans, grand fan de cow boys et d’extraterrestres. La route et ses disputes, et ses rencontres, et ses aléas, et ses paysages. Ce road trip se révèlera être une véritable bouffée d’air frais pour Hester Day, mais elle devra bientôt retenir sa respiration car l’Amérique entière la recherche pour kidnapping…

Prendre la route et ne jamais revenir : une idée un peu folle, un brin carpe diem. On comprend pourquoi le titre s’attache au mot « ballade » et non « road trip », car cette virée d’Etats en Etats s’enchaîne rapidement –trop rapidement- pour se concentrer sur les personnages. Des personnages construit aux antipodes des héros littéraires et qui pourtant restent dans une boule de cristal : inaccessibles, irréalistes, romantiques. Comme si en voulant ne pas en faire des archétypes, l’auteur les avait transformés en caricatures. Hester s’impose comme une adolescente en pleine crise, aux limites de l’anti-héros : imperméable aux sentiments, instable dans le monde qu’elle connaît, elle ne communique que par le biais d’un cynisme virulent. Fenton est l’incarnation du poète raté qui vit son Å“uvre, l’expérimente pour l’écrire ensuite ; malheureusement il reste souvent en retrait ou silencieux. J’aurais aimé voir ce qui se cachait derrière ce poète esquissé et non développé par Mercedes Helnwein. Et enfin Jethro est la troisième roue de ce trio. Il incarne l’innocence et l’insouciance d’un enfant en soif d’aventure et contraste avec les deux héros principaux en décalage avec la société et la réalité. Le roman offre un joli chant sur la liberté, le lâcher prise et le non-conformisme face aux chemins préétablis par la société et nos proches. Il nous dit : « vivre de vie et d’eau fraîche dans un camping-car sans penser à demain, être un outcast, ce n’est pas si mal si on est heureux » ; seulement quand arrive les personnages ça déraille. Sincèrement, je ne me suis pas du tout attachée à Hester –ni à un autre protagoniste- et j’ai eu l’impression que ce voyage sur les routes était un caprice, un moyen d’entrer un peu plus en collision avec sa famille et non une envie –un besoin- qui pousse l’héroïne à l’errance. Je m’attendais à mieux de ce roman, j’ai été déçue.

La ballade d’Hester Day se promène dans l’esprit d’Hester, une jeune fille pommée, révoltée et cherche à donner un sens à sa vie en s’embarquant sur les routes américaines aux côtés de son époux, un inconnu rencontré à la bibliothèque, et son cousin de dix ans. Une histoire qui ne m’a pas séduite même si elle cherchait à affirmer des héros originaux et à faire souffler un goût de liberté. 

★  ✩ ✩ 
Gwendoline

2015

La Face Cachée de Margo

01:01

de John Green


« Margo Roth Spiegelman, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis toujours. Alors forcément, quand elle s'introduit dans sa chambre, une nuit, par la fenêtre ouverte, pour l'entraîner dans une expédition vengeresse, il la suit. Mais au lendemain de leur folle nuit blanche, Margo n'apparaît pas au lycée. Elle a disparu. Quentin saura-t-il décrypter les indices qu'elle lui a laissés pour la retrouver ? Plus il s'en approche, plus Margo semble lui échapper. », La Face Cachée de Margo, édition Gallimard Jeunesse

Après avoir était chamboulée et conquise par Nos Etoiles Contraires, puis déçue par Qui es-tu Alaska ?, je me suis attaquée à la Face Cachée de Margo. Un énorme merci à Juliette, ma super copine, qui tient un super blog (http://petitesculottesetgrandsdebats.blogspot.fr/), pour ce cadeau.

Ici, John Green nous amène à Jefferson Park un lotissement en Floride pour y découvrir Quentin un adolescent en année de terminale, voisin d’une des filles les plus intrigantes et charismatiques du lycée : Margo Roth Spielgelman.  Quentin, fasciné par Margo depuis son jeune, et à la personnalité réservée, n’a jamais osé aborder cette fille si populaire et mystérieuse. Leur dernière rencontre remonte à leurs neuf ans quand ils sont tous deux témoins d’une scène tragique. Ils perdent tout contact ; jusqu’à ce qu’une nuit, Margo se faufile par la fenêtre de Quentin et lui demande de l’aide pour une mission vengeresse. Comme promis, Quentin va vivre une nuit inoubliable, pleine de rire, d’inattendus et d’interdis. Pensant enfin pouvoir tisser un lien avec la jeune fille, il s’attend à un changement. Mais ce changement est des plus imprévisibles : Margo a disparu, elle s’est enfuit sans dire un mot à personne.

Cette fugue va entraîner un réel bouleversement dans le quotidien de Quentin, au départ adepte de la routine, qui va se mettre à la recherche de Margo. L’adolescente devient un mystère à résoudre : laissant des indices derrière elle. Dans cette aventure, Quentin emmène avec lui ses meilleurs amis, Ben et Radar, ainsi que des personnages dont les garçons n’auraient pas pensé. Le dénouement de cette énigme les mène dans un road trip chargé en émotions, tous réunis par un but commun : retrouver Margo. Ce trajet est à la fois le reflet d’une amitié, d’une détermination mais aussi d’une désillusion.



J’ai passé un bon moment avec ce livre. La quête perpétuelle vers des indices ou des réponses nous pousse à tourner les pages. On veut tous savoir où est caché Margo, si elle est vivante ou non. Bien que l’histoire se concentre sur Quentin et ses recherches, on suit également en parallèle sa vie au lycée et la relation qu’il entretient avec ses meilleurs amis. A partir de là, se crée des moments drôles et attachants. Et heureusement. Car il est vrai que je pourrai reprocher à Quentin son obsession parfois excessive pour Margo et son désir de la retrouver, qui peut l’amener à négliger ses amis ou même lui-même. Il est trop impliqué, à certains instants, sa quête l’isole d’autrui. Notamment plus il essaye de s’approcher de Margo (par ses indices) plus il s’en éloigne.

 Ã‰voquons Margo : c’est réellement un personnage surprenant, qui n’a pas froid aux yeux. Elle fascine tous ceux qu’elle entoure. Même le lecteur. Impossible de la cerner complètement, même (SURTOUT) à la fin de l’ouvrage ! Elle voit le monde autrement, c’est assez intéressant mais parfois un peu cliché quand, par exemple, elle cite plusieurs auteurs classiques pour argumenter ses propos. Ensuite, je me suis sentie tirailler entre l’envie de la plaindre face au manque d’affection qu’elle reçoit dans son cercle familial et  celle de la détester suite au comportement égoïste et égocentrique qu’elle peut avoir. Ce protagoniste demeure un mystère, une équation pour le lecteur, du moins pour moi. 

L’écriture de John est toujours remplie de métaphores, d’images et de légèreté qui dissimule de profondes vérités sur les sentiments et la vie de jeunes adultes enclin à se découvrir et découvrir le monde. C’est un plaisir de le lire.

Alors un conseil si vous croisez une fille aussi énigmatique que Margo Roth Spiegelman ne devenez pas son ennemi !  Sinon, je vous conseille cette lecture si vous voulez connaître l’histoire d’un garçon attaché à une routarde, prêt à tout pour retrouver cette fille sans attache, incarnant une énigme à elle seule !



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