2018

Une braise sous la cendre

04:49

de Sabaa Tahir


« Laia est une esclave. Elias est un soldat. Aucun d'entre eux n'est libre. Sous l'Empire Martial, la défiance est synonyme de mort. Ceux qui ne dédient pas leur sang et leur corps à l'Empereur risquent l'exécution des personnes qu'ils aiment et la destruction de tout ce qui leur est cher. C'est dans ce monde brutal, inspiré de la Rome ancienne, que Laia vit avec ses grands-parents et son frère aîné. Sa famille survit comme elle peut dans les allées sombres et pauvres de l'Empire. Ils ne défient pas l'Empire. Ils ont vu ce qui arrive à ceux qui osent le faire. Mais quand le frère de Laia est arrêté pour trahison, Laia doit prendre une décision. En échange d'aider les rebelles qui ont promis de secourir son frère, elle doit risquer sa propre vie pour jouer les espionne à l'intérieur même de la plus grande académie militaire de l'Empire. », Une braise sous la cendre, édition Pocket Jeunesse

Une brume épaisse t’aveugle. Des grains de sable glissent sous tes lèvres et croquent sous tes dents. Le voile qui te couvre le visage n’empêche pas les bourrasques de vent de te griffer la peau. Sens-tu cette odeur de fumée froide ? Vois-tu, au milieu de ces ruines, la résistance qui rougit silencieusement ? Non. Et pourtant une braise est là. Sous la cendre.

Un monde où les édifices sont faits de sang, de chair et de larmes. Dystopie.  Fantasy. Martiaux contre Érudits. Sur ce territoire asséché par le soleil, léché par des vagues de sables : l'oppression siffle dans les rues. Les Martiaux et leurs sabres puissants ont écrasé les Érudits et leur savoir aiguisé. Opprimée, tuée, séquestrée, cette classe vit dans la peur. Laïa aidait sa grand-mère à confectionner des confitures, épaulait son grand père pour soigner des malades, restait éveillée toute la nuit jusqu'au retour de son frère et ses escales nocturnes mystérieuses. Jusqu'à. Un nom murmuré au bord des lèvres. Les Masks. Des guerriers aussi rapides qu'un sabre. Des machines à tuer.  Le sang coule. Laïa prend la fuite. Elle court vers un appel à l’aide, une chance, un espoir. Sauf que l’espoir se paye. Durement. Laïa s’introduit dans la gueule du loup : Blackliff, l’école qui transforme des âmes innocentes en soldats sanguinaires. Espionne sous sa tunique d’esclave. Esclave de la femme à la tête de cette armée. Une minuscule fourmi dans l’antre de la reine impériale. Sa mission : survivre sans se faire écraser.

Une braise sous la cendre m’a transporté dans un univers instable et chaotique. Un univers régi par une seule règle : survivre ou mourir. Un panorama de personnages. Un enchaînement de combats. Des mythes et des monstres oubliés qui apparaissent comme un mirage dans les dunes. Des épreuves à surmonter. Autant vous dire que ce livre ne manque pas d’action ! Une série de péripéties présentes dès le début du roman. Et pourtant je ne me suis pas transformée en papivore. Une lecture fracturée, des pages difficiles à digérer. Pour la première partie du roman. Uniquement. Des personnages principaux et secondaires bien dessinés et réactifs dans le récit. Ce manque d’immersion complète dans le roman tient au décor construit par l’auteur. A mon goût, il manque de descriptions et de détails. J’aurais aimé en connaître davantage sur le monde de Laïa et Elias, car l’histoire de ce roman et ses composantes offrent une richesse infinie d’interprétation et d’imagination.

 Les personnages et leurs interactions sont la clé du récit. Deux héros aussi attachants que différents : Laïa, la jeune fille fébrile qui endosse courageusement le rôle d’esclave pour sauver son frère, et Elias, le prochain guerrier influent de son régiment, assoiffé de liberté. Helen. Cuisinière. Marcus. Keenan. Des noms en arrière-plan mais tout aussi captivants. Sans parler du Gouverneur, la femme qui emprisonne dans sa main de fer le destin de ces jeunes. Elle est imprévisible, insensible et détestable. Dès qu’elle se apparaître entre deux mots, on retient son souffle. Des personnages et leur complexité. Bon ou mauvais. Bien ou Mal. L’auteur dissipe toute vision manichéenne, aucun personnage, aucune situation n’est aussi tranchée. Derrière cette barbarie et cette angoisse constante, une humanité rayonne. Ce roman illustre l’humain et ses élans naturels, ses choix, ses doutes, son égoïsme, sa peur, son orgueil, sa générosité. Éclatement de sentiments contradictoires, ces émotions si complexes qui constitue l’Homme. Le chaos n’empêche pas l’affection. Sabaa Tahir prend le choix audacieux de construire dans ce premier tome « un quatuor » amoureux. Étrangement, cette caractéristique n’a pas entaché le plaisir de cette lecture : pas de romance au détriment de l’intrigue principale, pas d’émotions superflues pour dynamiser le texte. Une romance qui s’immisce naturellement dans le récit et s’éclaircit dès le dénouement. Une romance sans excès aussi bien menée, je ne peux que valider !

Avec Une braise sous la cendre, aiguisez vos armes, ouvrez l’Å“il et préparez-vous à vous confronter à vos plus grandes peurs et mêmes à vos amis ! Un roman fantasy porté par une action intense et des personnages travaillés : découvrez les origines de cette braise destinée à brûler ! 

★    
Gwendoline

2017

Culottées (tome 1)

00:50

de  Pénélope Bagieu


« Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin. », Culottées, édition Gallimard BD

Des femmes audacieuses qui ont pris en main leur destin sans se soucier des standards ou des codes qui dominent leur époque. Des femmes qui font ce qu’elles veulent et « portent la culotte » comme on dit ! Dans sa bande dessinée « Culottées », Pénélope Bagieu s’attaque à quinze femmes, quinze femmes au portrait hors du commun qui ont gravé leur nom dans l’Histoire. Une vraie démarche féministe qui met en lumière des histoires oubliées et rappelle que le combat pour l’égalité homme/femme ne date pas d’hier. L’Å“uvre se divise en petites biographies colorées, légères et humoristiques. C’est un défilé dans le temps, un défilé dans le monde : des femmes de toutes époques, de toutes horizons, de toutes coutumes, de tous milieux sociaux et de toutes religions sont présentées et contiennent en elles une détermination incroyable. Continuer coûte que coûte pour exister. Des modèles beaux et inspirants !  


Je vais honnête avec vous : aucuns de ces visages ne m’étaient connus excepté celui de Joséphine Baker, et quel dommage ! car chacune de ces femmes méritent qu’on écoute leur histoire et qu’on s’y intéresse. C’est tellement enrichissant que j’ai envie d’en savoir davantage sur ces personnages.

L’Antiquité. Le Moyen-Âge. Le XIXème siècle. Le XX ème. La Finlande. La France. Les Etats-Unis. La Chine. L’Italie. L’Angola et plus encore. Une sirène. Une exploratrice. Une gynécologue. Une femme à barbe. Une impératrice. Un gang de sÅ“urs rebelles et tant d’autres. Quelle immense bouffée d’air frais, d’être face à une si grande diversité ! Cette Å“uvre, un « melting pot »  à elle toute seule de portraits féminins remarquables au fils des siècles.

On sort de ce court voyage, comblé par la force de ces femmes et la beauté de la liberté qu’elles affichent. Impossible de s’ennuyer en route : le texte et l’image sont remplis d’humour et de couleurs. Je suis amoureuse de ces dessins à la fois simples et délicats. Et les doubles pages clôturant chaque biographie transforment cette bande dessinée en véritable objet-livre : elles reflètent la beauté et la force de ces destins.


« Culottées » est une bande dessinée qu’on exhibe fièrement dans notre bibliothèque pour son « girl power », sa bonne humeur et son originalité ! Alors, n’ayez pas peur d’être un peu culotté ! 

 COUP DE COEUR 
Gwendoline

chronique

Le Labyrinthe (T1)

09:57


 TOME 1  L ÉPREUVE

de James Dashner


« Quand Thomas reprend connaissance, sa mémoire est vide, seul son nom lui est familier... Il se retrouve entouré d'adolescents dans un lieu étrange, à l'ombre de murs infranchissables. Quatre portes gigantesques, qui se referment le soir, ouvrent sur un labyrinthe peuplé de monstres d'acier. Chaque nuit, le plan en est modifié. Thomas comprend qu'une terrible épreuve les attend tous. Comment s'échapper par le labyrinthe maudit sans risquer sa vie ? Si seulement il parvenait à exhumer les sombres secrets enfouis au plus profond de sa mémoire... », Le Labyrinthe (Tome 1), édition Pocket Jeunesse

Cette histoire ne m’était pas inconnue, j’avais déjà succombé au film avant de découvrir les livres de James Dashner. Cette semaine j’ai retrouvé le Labyrinthe au creux des pages. Le lecteur devient l’ombre de Thomas. Comme lui, c’est un "bleu" qui découvre le Bloc, le labyrinthe, les Griffeurs, les mystères… Être enfermé dans une boîte. Se réveiller au milieu de visages inconnus. Des blocards curieux de connaître le prochain malheureux qui les rejoint. Dans la tête, un chaos : entre question, surprise, peur. Imaginez que votre vie actuelle soit des photographies scellées dans un tiroir nommé « souvenirs ». Videz ce tiroir. Tous ces jeunes garçons ont vécu cette situation. Coincés pour on ne sait combien de temps et pour une raison inconnue, au Bloc. Aucune chance de fuir. Autour des murs. Des murs étouffants et imposants. Sortir du Bloc, c’est signer son arrêt de mort. Thomas refuse de se conformer tranquillement aux règles de cette micro société ; il veut s’échapper. En sera-t-il capable ? Son audace ne menace-t-elle pas son intégration dans ce groupe d’adolescents ?  Entrez dans le labyrinthe et vous saurez…

Je ne m’étais absolument pas ennuyée en découvrant Le Labyrinthe au cinéma et j’espérais retrouver cette dynamique dans ce roman. Ce fut le cas. James Dashner segmente son livre en une multitude de chapitres assez courts où tout est fait pour garder le lecteur en haleine. Rebondissements, actions, révélations, morts, chaque fin de chapitre nous assure une suite excitante. Tout au long du récit, on se demande où mène cette histoire, quelle portée a ce gigantesque labyrinthe, les réponses n’en sont plus que surprenantes et palpitantes. Ce livre séduit tous les lecteurs en quête de roman post-apocalyptique.


Thomas. Il impressionne pour son charisme et son courage. Le danger ne le fait pas fuir. Au contraire, il l’attire. Cette particularité et les souvenirs que sa mémoire lui cache font de lui un membre particulier. On s’identifie facilement à lui car nous aussi on veut connaître le sombre secret de ce labyrinthe. Pas question d’attendre et de rester les bras croisés – après je pense que je regretterais fortement cette idée si je me retrouvais nez à nez avec un Griffeur - . Dans le livre, son amitié avec Newt est davantage développée et j’ai beaucoup aimé la relation qui pouvait exister entre ces deux personnages. Lorsque j’ai vu le film, Alby était représenté comme un leader respecté, fort mais beaucoup plus lisse que celui que j’ai appris à connaître dans le livre. Les blocards de James Dashner ont tendance à être beaucoup plus humains avec leur brutalité, leur méfiance et leur propre langage. Ils n’ont pas un physique ou un comportement parfait. Les blocards forment un groupe avec ses failles et ses différents. Ces détails apportent une dimension un peu plus réaliste à la situation. Rester bloqué entre quatre murs pendant des mois sans explication ne doit pas rendre l’individu doux comme un agneau.

A retenir. Le Labyrinthe est un roman post-apocalyptique (et non une dystopie  autant pour moi ) addictif , pleine d’action. Suivez Thomas, cet adolescent qui va faire voler en éclat la stabilité du Bloc et remettre en question les certitudes d'un groupe. Entrer dans le labyrinthe est simple, en sortir est une épreuve ! 


Gwendoline


2016

Divergente (T1)

09:12

 TOME  I 

de Veronica Roth


« Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. A 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime. Son test d’aptitude n’est pas concluant. Elle est divergente. Ce secret peut la sauver … ou la tuer », Divergente (Tome 1), édition Nathan.

ENFIN je découvre l’univers de Veronica Roth. Je ne connaissais cette histoire qu’à l’écran ; et cette semaine je me suis lancée dans la lecture du premier tome, prête à percer un peu plus les secrets de cette saga. On tombe tout de suite nez à nez avec Béatrice, 16 ans, membre des Altruistes qui se prépare pour son test d’aptitude. Alors, pour les personnes dont ce roman leurs est totalement inconnu, je les entends déjà hurler « quésaco ? ». OK. On reprend.

Imaginez-vous un monde futuriste où la ville de Chicago ne serait plus qu’un lieu entouré de murs et où la population est divisée en cinq factions. Les Audacieux sont les sportifs –pour ne pas dire les tarés- de la cité, ils défendent avec bravoure la ville et assurent le maintien de l’ordre. Les Sincères rendent la justice, leur honnêteté est implacable, ils ne gardent pas leur langue dans leur poche. Les Fraternels sont des êtres pacifistes, et sympathiques qui font office de soignants ou d’agriculteurs dans la société. Les Ã‰rudits ne quittent pas leurs livres, toujours en quête de connaissance pour améliorer le monde. Et enfin les Altruistes gèrent la société pour leur simplicité, leur humilité et leur dévotion pour autrui. Notre héroïne Béatrice vit dans cette caste. Elle ne se sent pas trop à sa place et elle espère que le test d’aptitude, première étape vers l’âge adulte, lui donnera des réponses. Ce test détermine dans quelle classe elle évoluera pour le reste de sa vie. Malheureusement le test lui révèle qu’elle est divergente : un statut rare que la société tente d’anéantir. Secouée d’incertitudes sur l’avenir, et désireuse de rompre avec son passé, elle choisit la faction des Audacieux. Tris va devoir gagner sa place dans ce nouveau clan et cacher sa véritable identité ….

Pour être honnête, cette lecture n’a pas joué avec mes nerfs comme les montagnes russes. Non pas parce que le récit est plat –loin de là- mais le fait de connaître l’histoire au travers du film, ne m’a pas laissé une grande marge de suspense. Je ne dirai pas que je suis déçue, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, j’ai aimé la redécouvrir ;  et replonger dans les mots qui ont donné vie à Divergente. Si vous avez aimé le film, le livre vous plaira tout autant. L’adaptation cinématographique demeure très fidèle au roman. La ligne directrice et les scènes principales sont respectées. Néanmoins cela est intéressant de découvrir les détails apportés initialement par l’auteur et la façon dont sont perçus certains épisodes. Par exemple, la relation entre les personnages de Tris et Quatre est beaucoup plus complexe et moins évidente que dans le film. En outre, l’atout de cette histoire rédigée d’un point de vue interne est que l’on suit les pensées et les sentiments de Tris ; son évolution à la fin de ce premier tome en est d’autant plus flagrante. Enfin, j’ai beaucoup aimé voir les liens qu’entretenaient Tris avec les autres novices des Audacieux. Ils sont présents dans le quotidien de la jeune fille ; on s’attache davantage à eux contrairement au film où l’histoire se concentre surtout sur Tris et Quatre.

Le style de Veronica Roth est assez simple et direct. Les 400 pages de ce roman se lisent donc très facilement. L’auteur envoûte le lecteur grâce à un récit haletant, de nombreuses péripéties et beaucoup d’action. Concernant les personnages, mon avis est positif, on les apprécie ou non pour leur personnalité. Peter est le méchant que l’on aimerait voir échouer alors que Christina est la bonne copine qu’on veut avoir. Quatre et Tris sont deux personnages forts, même si la personnalité de Tris s’affirme progressivement. Ils sont tous les deux attachants car sous leur armure, ils dissimulent des craintes et des secrets enfouis.

Je vous conseille Divergente si vous aimez les dystopies et plus particulièrement un roman bourré d’aventure où une adolescente tente de trouver sa place dans un monde qu’elle ne comprend pas, et où son choix l’amène à un destin inédit !  

2016

Les Fiancés de l'Hiver (T1 du Passe Miroir)

08:03

de Christelle Dabos


« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? », Les Fiancés de L’Hiver (Livre 1 du Passe-Miroir), édition Gallimard Jeunesse

Quoi de plus réchauffant qu’une lecture merveilleuse et glaciale pour ces journées pluvieuses. Munissez-vous de vos manteaux et votre attirail le plus chaud  si vous comptez voyager vers le Pôle car l’hiver y est rude et éternel. C’est dans un monde de stratège, d’apparence et de secret qu’atterrit notre héroïne, Ophélie. C’est premiers pas sur la Citacielle lui glaceront le corps et ses rencontres avec les occupants lui réserveront des surprises amères…

Mais avant, le Passe-Miroir qu’est-ce que c’est ? D’abord c’est le titre donné à cette nouvelle série de livre francophone écrite par Christelle Dabos, gagnante du Concours Premier Roman Jeunesse en 2012. Ensuite le Passe-Miroir c’est  surtout le pouvoir attribué à l’héroïne du roman, Ophélie. Dans le premier tome « Les Fiancés de l’Hiver », on découvre les personnages et cet univers merveilleux et original. Ophélie est une jeune fille assez banale. Elle vit sur l’arche d’Anima avec toute sa famille, où chacun est détient d’un don : le sien est de pouvoir traverser les miroirs et lire l’histoire de chaque objet. C’est une liseuse. Donnez-lui un manteau ou un bijou et elle vous parlera de son ancienneté et des propriétaires qui l’ont possédé. Ophélie passe ses journées au musée avec son grand-oncle, se cachant soigneusement de tout prétendant que pourrait s’offrir à elle. Après deux refus, du jour au lendemain, un jeune homme du clan des Dragons fait sa demande en mariage. Ni une ni deux, elle n’a même pas le temps d’encaisser la nouvelle, que son futur époux l’emmène sur le Pôle. Adieu à l’atmosphère paisible d’Anima. Avec son chaperon, Ophélie découvre une société dangereuse et froide qui lui réserve de nombreuses aventures…

E-N-F-I-N ! J’ai lu ce livre dont j’ai énormément entendu parler. Ce roman en a séduit plus d’un et j’étais impatiente de succomber à son charme. Mes quelques aprioris qui étaient de ne pas accrocher à ce monde merveilleux ou ses personnages, ce sont dissipés au fil de lecture. C’est une histoire d’extrêmement originale, on est un peu égarés au départ mais rapidement Christelle Dabos nous rassure en nous prenant par la main, et nous faisant découvrir ce monde magique tiré de son imagination. Le récit est vraiment dynamique, on suit les aventures d’Ophélie dans un espace qui lui est inconnu ; cette jeune femme ignore que son arrivée dans la Citacielle ne va pas être réjouissant. Et d’ailleurs, la chaleur inexistante de cette arche est synonyme de celle de ses habitants.

Je ne sais pas pourquoi mais j’avais imaginé le fiancé d’Ophélie assez frêle et sympathique. A ma grande surprise, c’est un personnage aux antipodes. Thorn est décrit tel un « ours » par Ophélie elle-même à cause de sa froideur, son manque de sympathie, son silence, son air de meurtrier avec ses cicatrices sur le visage et sa peau de bête sur le dos. Néanmoins c’est un protagoniste que j’ai apprécié malgré ses défauts. Les personnages de Christelle Dabos sont vraiment réalistes et agréables à découvrir car ils ne tombent dans le cliché des héros manichéens. Bien entendu certains nous répugnent plus que d’autres mais ils ont leurs atouts et leurs défauts. Ophélie, quant à elle,  est une jeune femme myope, timide, un peu négligée et TRES maladroite. Elle reste attachante, patiente et pleine de bonne volonté même si elle a le don pour se fourrer dans de mauvaises situations. Je pourrai vous parler encore pendant plusieurs lignes des différents intervenants dans le récit cependant je tiens à préserver une part de mystère. Mystère. Magie. Surprise. Trois mots qui caractérisent ce roman. Dès que l’on plonge dans cet univers, on ne s’en détache plus.

Si Les Fiancés de l’Hiver ne fait pas encore partie de votre bibliothèque et bien dépêchez-vous de vous le procurer, ce livre mérite d’être lu pour son univers original : et si vous vous attendez à une histoire d’amour où règne des éléments merveilleux, détrompez-vous, c’est plus qu’une histoire sentimentale, c’est une cité de glace avec des résidents de glace, menteurs et faux, désireux de survivre dans un royaume où la loi du plus fort prime ! 

COUP DE COEUR

2015

Summerset Abbey : Les Héritières (tome 1)

04:09

 de T. J. Brown


« 1913 domaine de Summerset Abbey : Prudence, bien que fille de préceptrice, a été élevée avec Victoria et Rowena, les enfants de Sir Buxton. Mais à la mort de ce dernier, les deux sÅ“urs partent vivre chez leur oncle le comte de Summerset. Pour lui et son épouse Prudence n’est qu’une domestique. (…) Pourquoi le comte et la comtesse haïssent-ils tant Prudence ? Et quels plans fomentent-ils pour les trois jeunes filles ? », Summerset Abbey (Les Héritières), édition France Loisirs 

Rien qu'en apercevant la couverture de ce livre, j'ai tout de suite pensée à Downton Abbey, j'apprécie beaucoup la série, et j'étais enthousiaste à l'idée de retrouver une histoire similaire. D'un autre côté, l'appréhension de retrouver un récit trop similaire à la série me chiffonnait un peu. Résultat : ce livre demeure différent avec ses atouts et ses défauts.

L'auteur nous ramène au début du XXè siècle, en Angleterre, pour y faire la connaissance de la famille Buxton secouée par  un tragique événement : le décès de Philippe Buxton laissant ses deux filles endeuillées. Cependant les deux jeunes aristocrates, Victoria et Rowena, ne sont pas livrées à elles-même -à leur grand désespoir-, leur oncle le comte de Summerset devient leur tuteur, et les force à venir emménager au domaine de Summerset Abbey. Lui seul est maître leur argent et de leur relation jusqu'au vingt cinq ans de Rowena, l'aînée. Mais ce n'est pas l'unique problème. Ces jeunes femmes ont lié une amitié très forte,  presque fraternelle, avec Prudence la fille de leur préceptrice, maintenant décédée, qu'elle traite comme leur égal. En effet, la jeune fille a suivi la même éducation que Rowena et Victoria et on pourrait parfaitement la confondre avec une véritable lady. Seulement son quotidien est bouleversé, quand elle apprend que le compromis conclu entre Rowena et son oncle, Prudence est acceptée au domaine mais uniquement en tant que femme de chambre. Nous suivons alors le parcours de cette jeune personne prenant conscience de la dure réalité de son statut, en quête de réponse sur sa mère mais pas que. Il se pourrait qu'en chemin son amitié avec les lady Buxton évolue et que des rencontres inattendues fassent balancer son coeur....

Ensuite, je tiens à préciser que le récit se concentre principalement sur le côté aristocrate de Summerset Abbey, les domestiques sont plus à l'écart. Alors l'intérêt que nous avons pour les personnages se place davantage sur ce trio de jeunes femmes, le comte et la comtesse, leur fille Helein et leurs invités. Pour être honnête, je n'ai eu un coup de coeur spécial pour l'une des trois héroïnes féminines : elles sont toutes trois attachantes avec leur personnalités mais aucune je n'ai éprouvé aucune préférence. Victoria est la plus jeune, la plus fragile, souffrante de problèmes respiratoires mais un esprit indépendant et rebelle se cache sous ses traits angéliques. Rowena, l'aînée, proclame son envie d'indépendance mais pourtant elle reste un personnage assez obéissant, sensible et docile qu'elle dissimule derrière une froideur. Et enfin, Prudence, le personnage principal, est la jeune femme qui doit s'adapter à la situation, à son nouveau statut de femme de chambre : elle fait une confiance aveugle aux jeunes femmes et est très protectrice à leur égard.

Le récit tourna autour du personnage mystérieux d'Alice Tate (la mère de Prudence), sa relation avec cette famille de haute société et son secret que  certains semblent connaître sans oser le révéler à sa fille. En parallèle, on suit les relations amoureuses qui se créent pour les trois jeunes femmes. Les personnages masculins sont intéressants, même si ils paraissent parfois un peu stéréotypés. 

Parlons de ce que je pourrais reprocher à ce livre. La première chose qui m'interpelle c'est le nombre important d'éléments dramatiques qui ont secoués ce trio de jeunes femmes : la mère de Rowena et Victoria a perdu la vie lors de l'accouchement de sa seconde fille, la mère de Prudence est décédée également (je ne me souviens plus des raisons exactes) et enfin c'est le décès Mr Buxton qui  touche les deux jeunes femmes. Pour ma part, cela fait beaucoup de choses pour trois jeunes femmes, ça me semble un peu tiré par les cheveux. Mais sans cela, il n'y aurait pas une intrigue telle, ni le mystère qui plane autour du personnage d'Alice Tate. Quant aux relations amoureuses, même si c'est un plaisir de les découvrir, elles me paraissent trop attendues (dès la première rencontre on devine un amour naissant). Et, puis, c'est un peu étrange que les trois jeunes femmes trouvent en même temps un homme qui fasse chavirer leur coeur. 

Je critique, je critique mais ça reste une assez bonne lecture. C'est distrayant, la fin nous surprend ; on a des réponses à nos questions et l'épilogue nous donne largement envie de se lancer dans la lecture du second tome. 

Je conseille donc Summerset Abbey à tous les amoureux de la série de Downton Abbey, qui retrouveront un univers semblable et découvriront les histoires de trois jeunes filles qui perdront leur repères dans leur nouvelle habitation et devront faire face aux décisions et aux secrets du comte et de la comtesse de Summerset ! 



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