2015

La Femme de Trente Ans

16:04

d'Honoré de Balzac


«Un des mythes fondateur de l’histoire de la condition féminine. «  A trente ans », l’héroïne de Balzac découvre que non seulement elle peut encore être aimée mais qu’il ne lui est plus interdit de devenir un être humain à part entière. Au prix de quelle lutte ! », La Femme De Trente Ans, édition Folio Classique

Dans cet univers balzacien, au milieu du régime de Napoléon, on nous présente Julie. Julie. Le roman est son histoire ; l’histoire d’une femme (et des femmes en général) au départ comme les autres : elle tombe amoureuse d’un homme au premier regard, découvre les particularités du mariage et  les premières déceptions. L’illusion d’un amour idéal et parfait s’écaille. Balzac illustre dans cette Å“uvre, le devoir imposé aux femmes de l’époque en tant qu’épouse. Leur liberté est limitée contrairement à celle des hommes. Leur vertu doit être sans accrocs, de même que leur fidélité et dévotion à leur mari.


Ici, l’auteur délivre son héroïne et toutes les âmes féminines qui tournent ces pages : une femme a le droit d’aimer et de se sentir aimée à nouveau, elle peut être humaine et succomber aux passions. Balzac rend justice à ces mères, ces filles, ces épouses et ces compagnes soumises à une société patriarcale.

Le personnage de Julie, la comtesse d’Aiglemont, est attachant. Au début de la lecture, elle nous apparaît naïve et rêveuse, battant des cils dès le premier corps masculin venu, à la recherche de l’amour, sans entendre les méfiances de son père, sur sa condition à venir une fois mariée. L’ironie veut qu’une fois mère et fanée par le temps, Julie elle-même tente prodiguer cet avertissement à sa cadette qui demeure aussi indifférente et sourde qu’elle avait pu l’être dans sa jeunesse. Cette anecdote nous apprend bien que la prise de conscience féminine sur la désillusion du mariage et des relations amoureuses se sait par l’expérience. D’où cette répétition.



La jeune Julie se lasse rapidement de sa nouvelle union et sombre dans une lassitude et une monotonie, une maladie de l’esprit, non identifiée par l’auteur qu’aujourd’hui on nommerait la dépression. Pourtant la beauté de ses traits et les joies renaissent lors de sa rencontre avec la tante de son mari, Madame de Listomère : une vieille dame qui l’écoute, la console, lui parle. Ensuite, une rencontre inattendue va lui réapprendre à aimer. S’en suit alors un rôle d’épouse et d’aimante. Sa naïveté fait place à une connaissance approfondie des mariages, des adultères, des apparences et des passions. Chaque chapitre fait avancer la comtesse dans les années. On la voit surmonter la perte, la maternité et l’envol de ses enfants, et plus particulièrement de ses filles, vers l’âge adulte. Ce personnage énigmatique n’en est pas moins sans défauts : son amour maternel peut être contesté, et son apitoiement sur elle-même et son malheur quelque peu exagéré peut exaspérer le lecteur. Néanmoins ce roman reste une lecture instructive et émouvante sur le dessein des femmes dans leur rôle à jouer au cours de leur vie.

C’est le troisième livre de Balzac que je lis (après Le Père Goriot et Le Lys dans La Vallée) et il est pour le moment mon favori. C’est un témoignage tellement réaliste et poignant sur les femmes du XIXème, leur quotidien et surtout leur libération dans un siècle où leur conduite est dictée par des codes et des convenances.

Je conseille La Femme de Trente Ans, aux individus souhaitant se confronter à un classique plein d’émotions, sur la vie commune et chahutée d’une femme, qui n’était qu’une jeune fille en quête d’un amour indéfectible ! 


2015

Nous Les Menteurs

01:04


de E. Lockhart


« Une famille belle et distinguée. L’été. Une île privée. Le grand amour. Une ado brisée. Quatre adolescents à l’amitié indéfectible, les Menteurs. Un accident. Un secret. La vérité », Nous les Menteurs, éditions Gallimard Jeunesse

Les Sinclairs. Une famille de riches américains reconnaissable pour leur teint clair et leurs cheveux blonds. Ils incarnent la famille parfaite pour leur retenue, leur intelligence, leur volonté de toucher à la perfection. L’histoire va se concentrer sur les cousins et cousines les plus âgés de ce clan : Cadence, Mirren, Johnny et Gat (un ami de Johnny), qui vont former les Menteurs. Chaque été les Menteurs se retrouvent, accompagnés de leur famille sur leur île privée à Beechwood ; ils ne se sont pas vus de l’année mais restent liés par une amitié impérissable. Mais pour l’aînée de la troupe, Cadence, l’été de ses quinze ans va basculer, l’éloignant de son île pendant deux ans. Pourtant, « l’été dix-sept », elle est déterminée à découvrir la vérité sur son accident, coûte que coûte, en remettant les pieds sur île. Elle va devoir percer le sombre secret qui hante sa famille.

J’ai enfin pu dévorer le roman dont tout le monde parle en ce moment sur la blogosphère. Après le succès aux Etats-Unis, je me suis précipitée en libraire lorsque « Nous Les Menteurs » est sorti en France. J’avais lu plusieurs chroniques sur cet ouvrage, toutes aussi mystérieuses que les autres et une seule question me titillait l’esprit : mais que s’est-il passé ?

Cette question elle vous hante tout le long de votre lecture. On tourne les pages, on analyse les brins de souvenirs de Cadence. On fait des hypothèses, on essaye d’associer des éléments entre eux, tous les personnages du roman deviennent par moment ambigus ou suspectés. Et à la fameuse cinquième partie « La Vérité », on se retrouve embarqués dans un tourbillon d’incompréhension, toutes nos suppositions s’effondrent ; on est comme secoués et emportés par la mer tellement on est surpris par le dénouement. En tout cas pour ma part. Je ne m’attendais pas du tout (DU TOUT !) à ça. J’étais à mille lieux de connaître la vérité. Je ne suis pas du tout une bonne détective. Après, cette surprise monumentale prouve que l’auteur a parfaitement bien fait son travail. Il a joué avec notre déduction pour nous surprendre davantage.


Vous l’aurez compris j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Néanmoins, je dois avouer que j’ai trouvé le roman long à démarrer. Je me suis réellement trouvé impliquer dans l’histoire au début de la troisième partie. Car c’est vrai que Cadence insiste sur des éléments passés, et par ailleurs, suite à son accident, l’héroïne répète souvent les mêmes indications ce qui peut se montrer lassant. Bon, après, on pourrait voir ça comme un choix de l’auteur pour accentuer sur sa persévérance à découvrir le vrai. Concernant le style, l’auteur utilise des phrases très courtes, une écriture aérée. Donc la narration est assez rapide comme si on lisait instantanément les pensées de Cadence. 

Je ne souhaite pas m’étendre longtemps sur les personnages car je préfère que vous les découvriez par vous-même. Cadence nous paraît la plus raisonnée de tous sur les conditions exceptionnelles dans lesquelles elle vit, elle hait ce semblant d’imperfection et la retenue qu’elle doit toujours afficher face à l’adversité. Car les Sinclair ne montrent pas leurs émotions en public ! Le personnage de Gat m’a aussi beaucoup plu pour son comportement terre à terre, et son côté énigmatique et philosophe.

C’est vraiment le roman-type à lire en été, sur la plage. On pourrait s’imaginer Cadence, Mirren, Johnny et Gat allongés sur le sable, parlant de la vie, leur adolescence, leur famille compliquée, unis par une amitié profonde et indestructible.

Par conséquent, Nous les Menteurs est parfait pour ceux qui recherchent une lecture estivale psychologique et tordue ;  et qui désirent plonger dans les eaux sombres pour y déterrer le secret des Sinclair ! 


5 étoiles

La Dernière Chanson

09:05

de Nicholas Sparks


« A l’âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller, alias « Ronnie », est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père, qui abandonne New York pour la Caroline du Nord. Elle lui en veut vraiment et refuse de la voir depuis la rupture…Jusqu’au jour où, trois ans plus tard sa mère décide de l’envoyer passer un été avec lui, en espérant une réconciliation », La Dernière Chanson, édition Michel Lafon

C’est un livre que j’avais lu il y a trois, quatre ans durant les grandes vacances d’été, et c’est avec grand plaisir que je m’y suis replongée cet été avec grand plaisir. Bien que cela soit l’unique roman de Nicholas Sparks dans lequel je me suis plongé, je trouve que c’est un très bon auteur de romances. Ici cet ouvrage aborde le rapport entre un père et sa fille, le sujet de la famille, les contretemps de la vie tout en gardant une grande tendresse et douceur avec la confiance, l’amour. L’auteur accorde aussi une certaine importance à la musique, une passion que partage Ronnie et son père, elle est au centre de leur relation et illustre leur relation pas toujours facile.


 Dans cet Å“uvre on suit en parallèle, la vie de Ronnie au côté de son père et son frère Jonah mais également l’histoire d’amour qui se tisse entre la jeune fille et Will Blakelee, un jeune populaire à la fois joueur de volley et garagiste (et aussi bénévole à l’aquarium, rien que ça !).

Ronnie se présente comme une adolescente rebelle, en colère contre son père et assez méfiante contre l’inconnu. Pourtant on sent bien au fil des pages, que c’est une jeune femme au cÅ“ur tendre qui se cache sous une carapace : en vérité c’est une personne très dévouée à sa famille et une pianiste hors pair (même si elle refuse de partager quelconque partition aux côtés de son père, sa rébellion se voit dans le refus de jouer). Elle a été profondément affectée par le divorce de ses parents, qui l’a amené à bâcler ses études. Mais cet été-là va la pousser à tout reconsidérer, à pardonner, et surtout à aimer.

Son chemin va rencontrer celui de Will : un jeune homme qui ne se laisse pas démonter par le caractère rebelle de Ronnie ; au long de leurs rencontres Ronnie s’adoucit, apprend à le connaître et s’en suit une belle histoire qui, pourtant, ne sera pas sans joie, révélations et déceptions. Il faut lire le livre pour savoir de quoi il s’agit.

Ronnie fait aussi la connaissance de deux autres personnages : Blaze et Marcus. Un couple de jeunes de rues aux allures un peu gothiques et rebelles. Elle se lie d’amitié avec Blaze mais plusieurs évènements poussent Ronnie à avertir son amie sur les agissements de Marcus.  A partir de là, une nouvelle intrigue apparaît autour de Ronnie et ces protagonistes.


Le livre est donc riche en intrigues, et grâce à une focalisation interne, le lecteur découvre les sentiments d’un personnage spécifique suivant les chapitres : le roman jongle entre quatre individus (Ronnie, son père Steve, Will et Marcus).

Pour conclure, le roman est très fort en émotion, bien écrit, et on ne peut que verser sa petite larme en tournant la dernière page. Je pense que ce livre nous invite à profiter des gens qu’on aime,  Ã  profiter de tous les instants, les plus essentiels, car la vie est pleine d’imprévus.

Je conseille vivement La Dernière Chanson comme lecture d’été pour tous les amateurs de romance et surtout pour ceux qui sont à la recherche d’un livre bouleversant sur  les aléas de la vie ! 

2015

Le Journal de Frankie Pratt

01:36

de Caroline Preston


« 1920. Frankie Pratt a 18 ans lorsqu’elle commence à écrire son Journal. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook », Le Journal de Frankie Pratt, édition Nil


Une jeune femme qui relate son passage de l’adolescence à l’âge dans un journal, quoi de plus commun. Pourtant cette histoire devient d’autant plus fascinante lorsque notre héroïne vit en plein « Roaring Twenties ». On suit les différentes étapes de Frankie dans sa vie d’adulte entre ses rêves d’écriture, ses études, la recherche d’un job, ses déboires amoureux, la relation qu’elle entretient avec sa famille ou encore ses multiples voyages. C’est le parcours d’une jeune provinciale qui débarque dans une New York rugissante, frivole et extravagante sous la Prohibition. La jeune américaine souhaite se faire une place dans la jeune prestigieuse des années 20. Je ne vous en dévoile pas plus, car bien que cette histoire soit très courte (pas plus de six chapitres), elle est riche en péripéties pour notre chère Frankie.

Je suis tombée amoureuse de ce roman graphique. Le concept initial m’a énormément plu. Ce livre est un véritable petit bijou, il regorge de documents, de papiers, d’échantillons, de cartes, de photographies d’origines qui donnent une réelle interactivité à l’Å“uvre. Quand Frankie nous dresse les fiches descriptives de ses amies, sa famille et son environnement, on pourrait se prendre au jeu et croire que l’on lit réellement le Journal d’une certaine Frankie Pratt. J’aime tout ce qui est vintage et surtout ce qui touche aux années 20, c’est une période historique que je trouve extrêmement riche culturellement. Alors ce livre ne pouvait que me plaire. Bien évidemment, ce retour dans le temps amène des anecdotes amusantes. Frankie nous fait découvrir ses dernières lectures, les auteurs scandaleux de l’époque qui aujourd’hui sont des grands noms de la littérature (comme James Joyce ou Scott Fitzgerald).


Que dire si ce n’est que ce roman graphique est une perle (je me répète), rien que dans son esthétique. Le fait de reprendre l’idée du scrapbooking pousse le lecteur à s’attarder sur une même page,  de déchiffrer avec attention chaque élément qui se superpose ; il m’est arrivé de tourner le livre dans tous les sens pour lire un coupon de presse collé de travers, etc.

Je conseille vivement cet ouvrage à ceux qui souhaite plonger dans les années 20 : à des amoureux du vintage prêts à découvrir la vie d’une jeune femme en quête d’aventure et de réussite,  au travers de souvenirs empaquetés, et récoltés dans un journal !   

COUP DE COEUR

book

The Agency (tome3)

04:29


de Y.S Lee


« HIVER 1860. Nouvelle mission pour Mary, et pas des moindres : la reine Victoria en personne a fait appel à Agency pour découvrir qui, parmi son entourage, dérobe jour après jour les objets d’art de Buckingham. », The Agency : Les Secrets du Palais, édition Nathan


Cette série dont on parle si peu sur la blogosphère est une de mes préférées. Des enquêtes. Une jeune espionne au caractère bien trempée. Et l’époque victorienne en toile de fond. Cela fait maintenant deux ans que Mary Quinn est membre de l’Agency, une agence secrète composée de détectives exclusivement féminins. Après avoir incarnée la dame de compagnie, puis le jeune apprenti de chantier, on la retrouve dans ce troisième tome en tant que domestique à Buckingham Palace. La reine Victoria a besoin de ses services suite à la disparition mystérieuse de nombreux objets d’art. Mais son enquête va se révéler plus compliquée que prévue quand un événement sanglant et inattendu touche de près la famille royale. Mary va donc devoir évoluer dans ce monde de la haute société sans se faire démasquer, où commérages et secrets sont étouffés. Pour ne rien arranger, son travail d’investigation va être chamboulé par l’impertinent James embauché pour effectuer des travaux dans les sous-sols du palais. Depuis déjà deux tomes, ces deux-là se cherchent et se retrouvent, à la fois partenaires et ennemis, ils se taquinent sans cesse sans jamais s’avouer leur attirance mutuelle. Dans ce dernier tome, leur relation évolue pour de bon même si les taquineries sont toujours de mise entre eux. En parallèle, Mary se retrouve confrontée à son passé et, pour la première fois, son enquête la ramène à ses racines qu’elle pensait oubliées. Alors elle se retrouve à choisir entre ses sentiments et une résolution objective de son investigation.

La jeune héroïne va se confronter à différents personnages qui l’aideront dans sa recherche ou lui mettront des bâtons dans les roues. Tout le monde est suspecté. Même les domestiques. L’auteur nous fait suivre l’enquête aux côtés de Mary, comme elle nous amassons les preuves et on fait des théories pour découvrir la vérité. On a beau essayer de deviner on reste surpris à la fin. J’apprécie énormément cette série pour l’action et l’accélération du rythme qui s’opèrent lors du dénouement. On s’inquiète pour les personnages et on se demande comment ils vont sortir de leur galère. Le personnage de la reine Victoria m’a assez marqué, même si on nous dresse l’image idéalisée d’une reine courageuse et d’une mère aimante, j’ai trouvé le personnage attachant et un peu inattendu dans ses actions et ça m’a plu.


Concernant l’Agency, ce tome nous promet un tournant majeur pour majeur pour Mary dans cette organisation, qui devra faire un choix déterminant pour sa carrière d’espionne, mais je n’en dis pas plus il faudra lire le livre pour savoir de quoi il s’agit.

Ensuite je pourrais vous écrire des pavés pour vous expliquer à quel point j’aime énormément James, la relation qu’il entretient avec Mary, mais je préfère vous laissez découvrir par vous-même cette histoire et ces personnages. Je pense que ce qui m’attire dans cette série de livres c’est que l’on retrouve une héroïne indépendante, forte, curieuse et courageuse qui préfère se salir les mains que de discuter autour d’un thé avec des femmes de haute société (sauf si son enquête l’y oblige bien sûr !).

Alors n’hésitez-plus, foncez en librairie et allez découvrir cette série riche en aventure, enquête et romance dans lequel on retrouve une orpheline détective du XIXème qui n’a pas froid aux yeux et qui chamboule le monde londonien en dévoilant les vérités cachées ! 

COUP DE COEUR

2015

Le Coeur En Poche

01:12

de Christine Aventin


« Alexandra quinze ans, vit avec sa mère Véronique. Celle-ci passe ses nuits au « Funny », un bar du côté de la rue Saint Denis, où elle exerce le plus vieux métier du monde. Entre le lycée, ses études, ses copains et l’univers nocturne de la prostitution qu’elle partage de loin avec sa mère, Alexandra a construit un monde bien à elle, fait de rêves, d’espoirs et d’humour », Le cÅ“ur en poche, édition Mercure France

Paris. Plongez dans la vie d’Alexandra une jeune adolescente de quinze. Avec une vie assez anormale. Elle vit avec sa mère, une prostituée, elle côtoie ce monde de la nuit sans jamais y participer. Mais une série d’évènements l’invite à découvrir un peu plus le quotidien de sa mère, jusqu’à un élément déclencheur qui pousse la jeune femme à une totale reconsidération de sa vie. Dans la deuxième partie du roman, Alexandre est à la recherche d’une affection auquel s’accrocher, d’un point ancrage. Elle s’aperçoit que son univers ne se limite plus à sa mère et elle. Son comportement évolue, et avec une certaine insouciance, elle se lance dans un voyage (autant physique que mental) pour atteindre une stabilité qui tout au long du roman paraît difficile à trouver. Les sentiments de l’héroïne s’entrechoquent, se mélangent, elle change d’avis, elle ne sait pas réellement ce qui est bon pour elle. Alexandra est un personnage solitaire, indépendante et pas très féminine avec son blouson en cuir et sa moto. Excepté Julien, la jeune femme n’a pas d’amis de son âge, elle comble sa solitude en apprivoisant un petit chiot qu’elle emporte partout avec elle. Bien qu’elle fût très mature sur le monde de la prostitution et le regard des hommes, une innocence infantile et des espérances un peu idéalisées dictent son esprit. Ce manque de terre à terre est corrigé par le roman lui-même qui ramène sans cesse Alexandra aux dures lois de la réalité. Comme son statut dur à porter de « fille de pute », expression qu’elle reprend souvent.

 Une famille loin d’être parfaite. Un camarade de classe séduisant qui n’a pas la même approche de l’amour qu’elle. La quête d’un père inconnu et le désir d’être reconnue par lui. Malgré les épreuves difficiles que le personnage principal surmonte, et le brouillard profond qui peut envahir son esprit, Alexandra aborde la vie avec un certain humour noir ponctué par une vulgarité héritée de sa mère.


Le roman reste totalement centré sur la jeune femme, même si les autres protagonistes sont des facteurs de peines, de déceptions, de joie ou de réconfort pour Alexandra. On peut être surpris par l’évolution de certains individus ou le rapport que l’héroïne peut entretenir avec eux. J’ai trouvé ce livre d’un réalisme frappant sur la condition de vie des enfants de prostituées, tout en illustrant aussi  une véritable quête de soi et de ses racines. Le plus impressionnant à la fin de la lecture est de savoir que cette Å“uvre a été le premier roman de Christine Aventin, qui à l’époque avait elle-même quinze ans.

Le CÅ“ur En Poche plaira à ceux qui souhaitent découvrir la vie peu banale, peu joyeuse, d’une adolescente, retranscrite avec un cynisme tendre et un réalisme bluffant !  

4 filles et un jean

Quatre filles et un Jean

10:19

de Anne Brashares


« Ma première s’appelle Carmen. Elle est brune et trouve ses fesses un peu grosses. Ma deuxième s’appelle Tibby. Elle ne fait pas son âge, ne s’habille pas très fille. Ma troisième s’appelle Bridget. Elle est blonde, sexy, sportive, volontaire mais au fond si vulnérable. Ma quatrième s’appelle Lena. Elle est brune, superbe. Mon cinquième est une Jean. Symbole de leur amitié, il va passer de fille en fille », Quatre filles et un Jean (T1),  édition Gallimard Jeunesse

Une histoire d’amitié entremêlant voyage, amour et magie d’un pantalon. Carmen, Tibby, Lena et Bridget vont avoir un été des plus inattendus, séparées mais toujours ensemble, unies par leur amitié et la découverte d’un jean pas comme les autres.



Plus jeune j’avais beaucoup aimé les adaptations cinématographiques des livres sans jamais me lancer dans leur lecture. Aujourd’hui c’est chose faite. Pour le premier tome du moins. C’est un livre très léger sur quatre filles, quatre amies, aux caractères et aux physiques bien différents, qui ont évolué et grandis ensemble, et qui forment un groupe complémentaire. 

Lena se dresse comme la jeune femme adulée par ses amies pour son visage en porcelaine, elle camoufle ses atouts derrière ses vêtements tout comme ses sentiments. Bridget étonne par son dynamisme, sa force de conviction et sa volonté de toujours atteindre ses objectifs fixés (les règles ne sont qu’une formalité à dépasser). Tibby, toujours accrochée à sa caméra, dissimule sa sensibilité dans une froideur et un air bougon. Quant à Carmen, la portoricaine, elle reste la plus investie dans leur amitié, elle est aussi la plus dramatique dans ses propos : l’histoire incroyable du jean naît grâce à elle. Ces amies vont passer leur premières vacances d’été éloignées les unes des autres et le jean apparaît comme un gage d’amitié et un moyen de vivre des moments inédits depuis qu’elles ont découvert sa faculté extraordinaire (ce jean leur va à toutes à la perfection). S’en suit une aventure pour les quatre filles dispatchées un peu partout sur le globe : Léna est en Grèce et ne compte pas se laisser distraire par un amour d’été, Carmen part rendre visite à son père en Caroline du Sud et espère rattraper les années perdues ;  Bridget est dans un stage de foot à Bahia California et s’est donnée le défi de séduire Eric, le bel entraineur ; enfin, Tibby est contrainte de voir ses amies partir alors qu’elle doit rester à Bethesda et travailler dans le supermarché du coin. 



Pourtant les filles voient leurs plans chamboulés, elles vont surmonter les joies, des peines, entre retrouvailles familiales et déceptions, cet été pourrait être aussi une leçon sur la vie et les tracas de l’adolescence. Tout au long du roman, le Jean influence leur décision, leur choix, il leur donne la force d’agir, d’être heureux.

Ce livre est une lecture parfaite pour tous ceux en quête d’un été inoubliable, riche en émotions, où des adolescentes commencent à se frotter à la vie et ses aléas, protégées par une amitié invincible et d’un jean magique ! 



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