3 étoiles

Persuasion

09:00

de Jane Austen


« You pierce my soul. I am half agony, half hope… I have loved none but you », Persuasion, édition Vintage Classics

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas lu de lecture VO. Cette semaine j’ai choisi un roman de Jane Austen : Persuasion. Comme tous les romans de l’écrivaine anglaise, nous nous retrouvons plongés dans l’époque victorienne ; mais cette fois-ci aux côtés de la famille de Sir Walter Elliot. Ce baronnet, veuf depuis peu, doit faire face à des problèmes d’argent et est contraint de louer une de ses demeures à l’amiral Croft. Sir Walter, sans héritier, vit avec sa fille aînée, Elizabeth, tout aussi vaniteuse que lui quand sa seconde fille, Anne, s’installe chez Mary sa fille cadette. Le roman se centre sur Anne, la plus réservée des trois. L’intrigue se corse lorsque le frère de Mrs Croft, le Capitaine Frederick Wentworth, arrive à Kellynch. Ce marin riche et haut gradé n’est autre que l’ancien amant d’Anne. Huit ans plus tôt, il n’était qu’un homme modeste rejeté par les Elliot, puis par Anne elle-même. Lors d’une soirée, la jeune femme cache son affinité avec Frederick, qui affirme alors vouloir se marier et trouver une femme de caractère et de conviction. Entre amertume  et déception comment ces personnages vont évoluer ?


J’aime tellement Jane Austen pour ces histoires romantiques mais réalistes sans niaiserie. Dans ce récit, Frederick et Anne s’ignorent, se cherchent, jouent avec leurs sentiments. A part Lady Russell, tout le monde méconnaît cette romance passée ce qui complique davantage les relations entre les deux protagonistes. On devine que chacun d’eux aime jalouser l’autre. Frederick s’illustre comme un caractère froid, mystérieux au physique ravageur. Anne, âgée d’une trentaine d’année, toujours célibataire, reste dévouée aux autres : c’est une femme aimable au tempérament effacé. Son manque de détermination lui a causé la perte de Frederick, ce qu’elle regrette, mais arrivera-t-il à lui pardonner ?

D’autres individus tels que Louisa Musgrove ou Mr Elliot font leurs apparitions et vont renforcer encore plus les questionnements et les troubles de nos héros. Le roman présente les thèmes chers à Jane Austen : la place de la femme en haute société, le mariage ou encore l’héritage et l’argent. Cette histoire m’a plu de manière générale.

Evoquons maintenant le sujet qui fâche : l’anglais. J’ai été forcée de constater que contrairement à l’autre classique lu les mois précédents (On the Road), ma lecture a été beaucoup plus difficile. J’ai vraiment eu beaucoup plus de mal à comprendre l’œuvre dans sa totalité et je me suis rabattue sur l’adaptation cinématographique pour me remettre les idées en place. Cela ne signifie pas que je n’ai rien compris à l’œuvre, mais certaines zones d’ombres m’empêchaient une compréhension optimale. Je pense que ceci est dû à un vocabulaire et un style d’autant plus soutenu et complexe (On the Road était une œuvre du XXs, ici on est sur du XIXs). Personnellement, je suis déçue de ne pas avoir eu une lecture claire et linéaire mais cela n’est en rien une faute à l’œuvre de Jane Austen, uniquement à un manque de compétences de ma part. Je conseille donc ce roman à des habitués de la lecture en VO, qui se sont déjà confrontés  à plusieurs textes littéraires.

Persuasion, est vraiment une très bonne lecture pour tous les amoureux de la littérature anglaise du XIXéme siècle où la romance se charge de dilemmes et obéit aux règles d’une classe privilégiée !


2015

Comment (bien) rater ses vacances

05:23

de Anne Percin



« Cet été, Maxime a 17 ans. Il ne veut plus partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie pour glander devant l’ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes ! », Comment (bien) rater ses vacances, édition Rouergue

Je voulais démarrer une lecture qui amorce les grandes vacances, alors face au titre, ce livre s’est imposé à moi. Nous retrouvons Maxime, un jeune ado qui rêve d’indépendance et de liberté, qui décide de passer les vacances chez sa grand-mère loin de ses parents et de sa petite sœur, Alice. Persuadé qu’il pourra passer ses journées sur son PC, il va voir ses projets contrariés.


Je me suis lancée dans cette lecture sans trop d’attente, c’est un livre qui traînait depuis trop longtemps dans ma bibliothèque. Je reste mitigée. C’était une bonne lecture mais je n’ai pas eu cette étincelle qui vous empêche de quitter l’histoire. L’ouvrage fait moins de 200 pages alors les événements s’enchaînent rapidement, tout en retraçant des habitudes banales. La quatrième de couvertures nous promet « des journées délirantes » pour Maxime : au début j’y ai cru, un élément vient perturber la routine de Maxime et de sa grand-mère. Dans cette même journée, l’adolescent se met dans des situations délicates et comiques. Je m’attendais à plus pour la suite, et j’ai été un peu déçue ; excepté quelques anecdotes humoristiques, la suite du récit reste assez habituelle et prévisible. Je n’ai pas été spécialement surprise.

Le personnage de Maxime demeure un jeune homme de 17 ans comme les autres, fan de guitares électriques et en quête d’une relation amoureuse, mais qui à la fois se démarque par son côté solitaire et une intelligence à la Sherlock Holmes. On apprend d’ailleurs qu’il est un admirateur inconditionné du détective anglais. Une chose qui m’a dérangé au départ et un peu tout le long de l’histoire sont les références excessives à des musiques, des livres, des jeux, des pubs ou même des produits alimentaires : je n’ai pas trop apprécié ce déballage de « marques ». Ensuite, dans la narration faite par Maxime, j’ai trouvé un décalage important de vocabulaire qui pouvait être judicieux (ça reflète la dualité entre l’ado de 17 ans et son intelligence) mais donnait un style assez décousu.


Cependant je conseille ce livre pour ceux qui veulent passer un moment léger et rire ; l’humour est un point majeur de ce livre, et tous les personnages débordent de gaieté. J’ai bien aimé la grand-mère de Maxime, une vieille femme marrante, dynamique et atypique tout en restant à la fois une mamie traditionnelle qui aime faire ses confitures. Ce livre illustre l’importance des relations familiales (entre une grand-mère et son petit-fils, entre un frère et une sœur), l’amitié qui peut naître au travers d’un réseau social et la découverte des premières relations amoureuses. Comment (bien) rater ses vacances est une lecture légère, sans prise de tête, et pleine d’humour !




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