2017

Illuminae, dossier Alexander 01

13:57

de Amie Kaufman & Jay Kristoff

« En 2575, la planète de Kady Grant, 17 ans, et Ezra Mason, 18 ans, est attaquée par l'entreprise interstellaire Bei Tech. Lors de l'évacuation de population, Kady embarque sur l'Hypatia et Ezra sur l'Alexander, mais ils parviennent à garder contact en secret. Grâce à ses talents de hackeuse Kady découvre que l'état-major est impliqué dans cette affaire. », Illuminae (tome 1), édition Casterman

*****DOSSIER CONFIDENTIEL*****

INSEREZ LE CODE : │ _ _ _ _ _ _ _ │

DEVEROUILLAGE DES DONNEES ☑

Bienvenue à toi cher lecteur 3.0. Je viens te parler de l’Illuminae, dossier Alexander 01 d’Amie Kaufman et Jay Kristoff. Si tu tiens ce livre entre tes mains, tu dois accepter les règles. Ne t’attends pas à garder ta position de lecteur traditionnelle ; l’histoire elle ne t’est plus raconté, elle se vit. On te remet un dossier de six cents pages, inondé de conversations électroniques, de messages confidentiels, des retranscriptions de vidéos ou d’interrogatoires et même des représentations visuelles des situations. Un mélange de texte et d’image, un amas d’informations, d’échanges verbaux mais pas de narration. Non. Tu n’es plus un lecteur, tu es un individu à qui on te remet une base de données, à toi de lire, d’analyser et de faire ta propre histoire. Le lecteur se métamorphose en narrateur. Ingénieux de la part des auteurs, non ? C’est le procédé parfait pour intégrer son lecteur dans un monde intergalactique complexe à comprendre : il est directement implanté dans un univers et impliqué à cause de ce dossier qu’on lui remet.

Déroutant et prenant. Un roman sans narration. On peut se poser la question : est-ce un roman ou un livre interactif ? Et c’est là que se révèle l’originalité d’Illuminae : on ne peut trancher entre les deux. Indéniablement on est face à un récit de science-fiction méticuleusement construit et de l’autre on se place presque dans la peau d’un détective en lisant ces documents. Il n’est pas question d’un mystère à résoudre ou d’indices à trouver. Le fait est que cette forme d’écriture tue toute littéralité d’un texte et encourage paradoxalement la vraisemblance de l’Å“uvre et le pacte de lecture. On endosse facilement ce rôle inédit de lecteur-chercheur. L’expérience de lecture est tellement inhabituelle et hors norme que je peine à trouver les mots justes pour vous la décrire. C’est vraiment une autre manière d’aborder le récit de fiction et sa position de lecteur : personnellement, j’accorde de l’importance au style d’écriture d’un texte, et ici, avec Illuminae, il n’y en pas et il ne peut pas réellement en avoir à cause de la construction textuelle qui a été adoptée. Il faut prendre conscience de cette idée et réévaluer notre approche critique.

Maintenant que tu sais à quoi t’attendre, il est temps de mettre ta combinaison d’astronaute et de te tenir prêt au décollage. Le dossier Alexander 01 va te propulser au fin fond de la galaxie dans un univers lointain où l’humanité se disperse sur des planètes différentes et peut voyager de galaxie en galaxie, à la vitesse d’années lumières grâce à des vaisseaux performants et des trous de ver –équivalent d’un trou noir pour traverser les galaxies-. Année 2575. Kady Grant, jeune lycéenne, vient de rompre avec son petit ami : Ezra Mason. Elle se trompe en pensant que rien de pire ne peut arriver. Son petit coin de terre, qui abrite une usine clandestine, est attaqué par l’entreprise interstellaire BeiTech. Elle et Ezra trouvent refuge dans deux vaisseaux opposés : l’Hypatia, un engin scientifique volant, et l’Alexander, un navire de guerre. Une course dans l’espace s’annonce pour fuir la compagnie BeiTech qui veut leur peau. Kady, petit génie du piratage informatique, tente de découvrir par tous les moyens l’origine de cette attaque et grâce à son ex-petit ami elle va tout faire pour s’infiltrer dans les réseaux secrets de ses supérieurs.

Qui aurait cru qu’une croisière forcée sur un vaisseau condamné pouvait se révéler aussi palpitante ?  Sur terre et surtout dans les étoiles, nos deux héros principaux ne sont pas épargnés. Entre piratage de données et haute voltige sans filet dans la galaxie, ils ont intérêt à avoir le cÅ“ur bien accroché. En termes d’émotion et d’action, c’est un défilé de météorites : dans son avion de chasse, le lecteur est secoué par des rebondissements inattendus et des menaces constantes hors et dans les vaisseaux. Une détresse omniprésente. Des personnages en ébullition. Un voyage maudit au milieu des étoiles. Les auteurs ont veillé à garder un rythme haletant avec un enchaînement excessif d’évènements. A la fin du roman, notre héroïne a presque traversé les Enfers, étant donné les épreuves chaotiques qu’elle a affrontées. Kady, et son air faussement prétentieux, a un tempérament électrique alors qu’Ezra cache son romantisme derrière une armure athlète. Des portraits qui collent assez aux romans young adult ; j’aurai préféré des personnalités un peu plus complexes et une romance moins attendue et exagérée. J’espère voir évoluer cette romance et ces personnages dans le prochain tome. Un second tome que je souhaite aussi dynamique que le premier.

Mon rapport touche à sa fin, et j’espère recevoir bientôt le tien.

 Le dossier Illuminae est à découvrir de toute urgence pour son univers original et son expérience de lecture inédite. N’aie pas peur de prendre un peu de hauteur et de faire quelques loopings aux côtés de héros attachants !

Et n’oublie pas : tout ce que tu lis doit rester CONFIDENTIEL !

*****CE MESSAGE S’AUTODETRUIRA DANS 10 SECONDES*****

 COUP DE COEUR 
Gwendoline

2016

Le Quatrième Mur

11:35

de Sorj Chalandon 


« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... », Le Quatrième Mur, édition Le Livre de Poche

Un roman violent et bouleversant. Qui nous tire de notre quotidien tranquille et superficiel. Alors que non loin, sur terre, règne la guerre, les conflits religieux. Le chaos. Les tirs. Les bombes. Le sang. Le héros principal, Georges, fait l’amère expérience de ces deux mondes différents : « J'avais hurlé qu'ailleurs, dans des berceaux, des bébés avaient eu la gorge tranchée. Que des enfants avaient été hachés, dépecés, démembrés, écrasés à coups de pierres. Et ma fille pleurait pour une putain de glace? C'était ça, son drame? Une boule au chocolat tombée d'un cornet de biscuit? ».  La rencontre avec Sam, un juif, porteur d’un projet utopique, provoque son voyage au Liban où il fait face à l’atmosphère brutale et sanglante de la guerre ; mais où il noue aussi une amitié forte avec les individus qui croisent son chemin.

Tout démarre avec une passion et une promesse. Le théâtre. Ce lieu de représentation, d’art où l’acteur n’est plus qu’un être fictif. Ce lieu de résonance, éloigné du réel et pourtant profond en signification. Sur la scène, l’homme est presque invincible, protégé derrière ce quatrième mur qui arrête toute intervention du réel, du spectateur.



Sam, Georges et Aurore. Le théâtre va les rassembler et les séparer. Et la promesse me diriez-vous ? Georges quitte son cocoon parisien pour continuer le projet de son ami : représenter Antigone de Jean Anouilh, dans un cinéma à l’abandon de Beyrouth. Réunir des peuples qui s'entretuent, des religions et des croyances qui s’opposent. Faire stopper ce bain de sang pour une représentation. Un challenge des plus complexes. La détermination et le courage de Georges sont remarquables. Cette aventure change son destin à jamais et modifie complètement sa vision du monde. Il est spectateur de cette peinture macabre : les corps tombent, les pleurs et les cris résonnent ; il se heurte à ce quatrième mur, impuissant. Alors avec cette tragédie, en tant que metteur en scène, il garde espoir en l’humanité et il espère que le théâtre marquera une trêve.

Nous lecteurs, suivons avec appréhension le rêve de cet homme ; les mots de Sorj Chalendon nous percutent tels des balles, on s’horrifie face à cette cruauté, la violence du texte nous frappe au ventre. Georges, l’étudiant en Histoire, est tout aussi atteint que nous. La confusion nous fait parfois décrocher, de nombreuses analepses viennent scinder le récit et l'auteur ouvre son oeuvre par un incipit proleptique (la suite de la narration n'est que des retours en arrière). Ces récits enchâssés demandent donc une attention plus intense car on peut perdre le fil assez facilement. 

Néanmoins on reste captivés par le texte. Quand on lit la dernière page, on ne peut constater qu'une seule chose : le quatrième mur est tombé, une tragédie nous a été contée, le rideau se ferme.

Le Quatrième Mur est un récit brutal et tragique sur les réalités de notre monde, entre fiction et réalité, entre guerre et paix, entre amitié et indifférence, cette histoire est une tragédie moderne ! 

Gwendoline

2016

Cité 19

11:35

de Stéphane Michaka

TOME 1 VILLE NOIRE


« Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille... 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire. », Cité 19, édition Pocket Jeunesse

Mêler Histoire et science-fiction semble paradoxal et pourtant Stéphane Michaka relève ce défi dans Cité 19. Paris. XXI ème siècle. Faustine, passionnée d’Histoire et du XIXème siècle, est une jeune adolescente un peu pommée. Une mère absente. Un père aimant gardien au musée d’Orsay.  Elle se forge une carapace de voyou, pas très à l’aise avec son corps, elle cache toute féminité. Elle ne sait pas trop qui elle est. Se cherche. Fais des erreurs. Au moment où elle pense avoir repris son destin en main, tout s’effondre. La police lui annonce que son père a sauté d’une tour. Pourtant le corps à la morgue ne correspond pas à celui de son père. Elle décide de mener secrètement sa propre enquête et elle soupçonne rapidement l’organisation des Illuministes qui harcelaient son père en l’invitant à des soirées nocturnes étranges. Dans une course poursuite avec l’un des hommes de cette organisation mystérieuse, elle atterrit en plein Paris du XIX ème. Une allure de thriller qui se complexifie par la suite. Sans avoir le temps de crier garde, la science-fiction s’ajoute au récit. Cet élément inattendu chamboule l’histoire. L’enjeu n’est plus le même. Passé et présent se répondent, se confondent…

En quête d’une histoire sur le voyage dans le temps, j’ai été agréablement  surprise de découvrir un roman qui jongle entre thriller et science-fiction. Le tout dans un décor très vintage. L’action et l’originalité sont les points majeurs du roman ; et j’admets être impatiente de savoir comment cette histoire va se terminer.


J’ai eu un peu de mal avec les personnages au départ mais ensuite j’ai commencé à apprécier l’héroïne principale : Faustine. Son originalité et son côté androgyne interpellent. Elle se fond avec une immense facilité dans ce Paris de 1800. Un monde où elle a sa place. Où le bac n’est plus la priorité. De nouvelles aventures. De nouvelles rencontres. Qui sont parfois un peu précipitées, notamment celle avec Marion. Les meilleurs amis de Faustine, Morgane et Vikram sont les personnages qui m’ont le moins séduite, ils manquaient de sympathie, de sincérité pour ma part. Néanmoins leur présence dans le récit reste mineure. De nombreux portraits défilent, chacun avec une histoire, une position sociale, un enjeu ; cette grande diversité m’a plu. Tant de personnages que croisent Faustine dans son périple, et qui influencent ses actes. Des actes qui pourraient s’avérer subversif.

Par conséquent, Cité 19 plaira aux lecteurs appréciant l’Histoire et la science-fiction. Redécouvrez Paris, soyez surpris et suivez les péripéties d’une héroïne inédite ! 


april

Perdue et Retrouvée de Cat Clarke

05:32


de Cat Clarke


« Essayez d'imaginer: Une enfant kidnappée. Une famille déchirée. Lentement, au fil des ans, cette famille va recoller les morceaux. Elle reste un peu fragile, bien sûr, mais toujours unie. Et voilà que l'enfant, devenue adulte, revient à la maison... C'est là que l'histoire commence. Et si la fin du cauchemar n"était que le début d'un autre ? », Perdue et Retrouvée, collection R, édition Robert Laffont

Cette histoire ressemble à un vrai fait divers. Une petite fille de 6 ans disparaît. Elle a été enlevée. Ses parents la recherchent sans relâche. Ils font appel aux médias. Lauren et son ours Barnaby font la une des journaux. 13 ans plus tard : c’est la même photo, la même enfant que l’on cherche en vain. Sa famille a vieilli, elle peine à vivre avec ce manque constant. Faith avait 4 ans quand sa sÅ“ur s’est faite enlevée. Aujourd’hui à 17 ans, l’ombre de sa sÅ“ur la suit partout. Son histoire attire les curieux. Heureusement elle peut compter sur sa meilleure amie Martha et son petit ami pour lui faire oublier son quotidien morose. Un jour, les visages inquiets de ses parents s’évaporent. Les larmes ne coulent plus de tristesse mais de joie. Lauren est miraculeusement revenue à la maison. Affolement médiatique. Une famille aux anges. Chacun fait des efforts face à cette nouvelle situation familiale perturbée. Et pourtant, pour Faith, les retrouvailles laissent rapidement place à un étrange sentiment. Qui est vraiment sa sÅ“ur ?

Perdue et Retrouvée est un thriller psychologique original. Je m’attendais à découvrir cette histoire du point de vue de l’enfant kidnappé, mais non, tous les évènements nous sont relatés par Faith, la petite sÅ“ur. Elle garde des souvenirs assez flous de sa sÅ“ur aînée et pourtant elle subit toutes les conséquences de sa disparition : la compassion, une curiosité malsaine, les tabloïds, l’abus des médias, des parents brisés…etc. Ce personnage m’a énormément touché. Elle tente d’avancer, d’avoir une vie normale sans que le nom de Lauren ne soit prononcé à tout bout de champ. Même si je n’approuve pas toutes ses décisions, notamment à la fin du roman, on apprécie la sincérité de cette jeune fille et le certain sang froid avec lequel elle encaisse les choses.

Ses parents sont assez antithétiques. Ils ont de vrais comportements opposés. Ils ont une vision différente des médias, de l’avenir de Lauren. D’ailleurs en parlant de Lauren c’est le protagoniste le plus mystérieux du livre. C’est une jeune femme un peu naïve, enfouissant en elle des traumatismes qu’elle dévoile peu à peu. Elle est torturée par ces treize dernières années cauchemardesques. Ce personnage est très ambivalent, elle est à la fois attachante mais aussi intrigante. La fin répond à toutes les interrogations et aux les éléments suspects qui s’éparpillent dans le récit. Même si dès les premiers chapitres, je me doutais du dénouement, Cat Clarke nous surprend. Je ne m’attendais pas à une telle révélation. Je ne vous cache pas que c’est une fin assez bouleversante. Cette histoire est assez dure psychologiquement. Tout en restant un livre young adult, c’est une histoire bouleversante. En fermant ce roman, on a qu’une envie : profiter de sa famille et de ses frères et sÅ“urs.


Perdue et Retrouvée séduiront les lecteurs adeptes de thriller psychologique. Suivez le cheminement d’une famille brisée qui réapprend à vivre après le retour mystérieux de leur enfant disparue !  

1 an

1 an

13:08




Tout est parti de là, un article où je vous parlais de ma première lecture à ma dernière du moment, le 19 avril 2015 : 


Et en une année c'est devenu ceci :






H A P P Y       B I R T H D A Y

Depuis avril 2015, je vous ai présenté et chroniqué 47 livres ! 47 livres que j'ai aimé découvrir, apprécier, appréhender. Au fil de ces articles hebdomadaires, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous faire partager mes lectures et mes envies. Une année passe tellement vite. Avant de publier mon premier article, j'avais longtemps bataillé pour m'habituer à blogger (quelques mystères sont toujours en suspens comme les notifications pour les commentaires :) et proposer un blog agréable à visiter. J'ai toujours essayé de vous proposer une belle esthétique et un contenu bien écrit et complet. Même si ce blog demande du travail et de l'organisation, je ne regrette rien. Ce blog m'apporte pleins de choses : partager ma passion de la lecture avec vous, développer mon esprit critique et surtout il m'incite à avoir un rythme de lecture régulier.

Merci à toi, cher passionné de lecture, de suivre avec moi cette expérience, de lire mes chroniques et de prendre le temps de me donner ton avis. La lecture c'est aussi partager les uns les autres, comparer nos avis et faire vivre nos livres favoris.

 M E R C I
Gwendoline

april

Fangirl

11:25


de Rainbow Rowell


« Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré en attendant la parution du dernier tome ! Elle vit dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa sÅ“ur jumelle, loin de toute vie sociale. Pourtant c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie étudiante ? », Fangirl, aux éditions Castelmore

Fangirl traverse l’écran et décide de percer le secret qui se cache derrière certains claviers : les fanfictions (c'est-à-dire écrire un texte sur ces héros ou stars préférés). Ce phénomène est largement développé et il commence depuis peu à intéresser les maisons éditions. Rainbow Rowell, en fait un livre où elle relate la première année à la fac de Cath, ou Magicath sur les réseaux sociaux. Sa fanfiction Carry On adaptée de la saga mondialement connue « Simon Snow » -qu’on peut très fortement associer à Harry Potter- décolle. Elle compte des milliers de lecteurs qui attendent chaque nouveau chapitre avec impatience. Et pourtant, au-delà de ces amis internet, Cath a une vie très solitaire. Sa seule amie est sa sÅ“ur jumelle, Wren. Pendant que sa sÅ“ur enchaîne les fêtes et les petits amis, Cath passe ses soirées à écrire ou manger des lasagnes congelées devant la télévision avec son père. Même si elle maîtrise avec brio la relation amoureuse entre ses deux personnages fictifs, sa vie sentimentale n’est pas très trépidante.

Elle imagine garder cette même monotonie lors de sa rentrée à l’université. Sa sÅ“ur restera son lien avec le monde extérieur, comme d’habitude. Néanmoins,  Wren en décide autrement. Elle veut vivre sa propre expérience et elle choisit une autre colocataire. Fini la vie en duo ! Cath débarque son ordinateur sous le bras, dans un univers qu’elle ne connaît pas et elle doit partager sa chambre avec une inconnue.  Cette jeune étudiante, haïssant le changement, n’est pas vraiment à l’aise. Son manque de sociabilité est tel qu’elle préfère se nourrir de barres protéinées au lieu de demander à sa coloc où se trouve le self ! Et pourtant, en deux semestres, son année à la fac va se révéler plus riche en émotions qu’elle ne pensait grâce aux rencontres qu’elle va faire.

Le personnage de Cath m’a beaucoup plu. Son histoire est vraiment touchante et originale. Cath a pour seules et uniques passions : l’écriture et Simon et Baz, les personnages fictifs de sa série de romans préférés. Ses journées à la fac se rythment alors entre ses cours d’écriture créative, et Carry On. L’auteur s’amuse à incorporer des extraits de ce roman fictif (un livre de cette fiction a d’ailleurs été publié pour ceux qui le souhaitent). Pour ma part, j’ai adoré suivre le processus d’écriture de Cath et son évolution. En parallèle, on vit avec elle ses petites histoires avec sa colocataire et son petit ami, son acolyte du cours d’écriture,  sa sÅ“ur et son père.

Les protagonistes de Rainbow Rowell sont très attachants et réalistes. J’ai vraiment apprécié découvrir des personnages très singuliers, qui n’ont rien de stéréotypés,  et où on se reconnaît un peu dans chacun d’eux. Cath est une jeune femme qui ne mâche pas ses mots ; elle affirme ses opinions et ses choix (elle ne cache pas son amour pour Simon Snow). Elle a un esprit assez fort et têtu. Comme sa colocataire sans son brin déganté. Reagan est une colocataire marrante, conciliante et sympathique. Les scènes entre Cath et Reagan m’ont beaucoup fait rire. Quant aux héros masculins sont aussi très intéressants. Ils n’ont rien de demi dieux, ni l’attitude clichée du rebelle mystérieux, ils sont juste réels, humains. L’auteur s’attarde aussi sur la relation familiale de Cath, on les découvre au fil de la lecture.

On termine cette histoire, le sourire aux lèvres. Certes une ou deux questions restent en suspens mais on est conquis. Fangirl a été une très bonne lecture, et j’avoue que cela me rassure un peu d’avoir trouvé une fangirl pire que moi !

Fangirl est fait pour vous si vous voulez une histoire légère et originale ; l’histoire d’une jeune femme mordue d’écriture, peut-être un peu trop fan mais tellement attachante qu’on voudrait bien devenir sa colocataire pour lui dire que la fac ce n’est pas si terrible que ça ! Que ce changement lui sera bénéfique car au-delà de cette fangirl se cache une étudiante qui veut se réconcilier avec son passé et son écriture ! 

COUP DE COEUR



(photos trouvées sur tumblr, elles ne m'appartiennent pas)

Gwendoline

april

Dr Jekyll and Mr Hyde

10:41

de Robert Louis Stevenson 


«Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et boxé une marchande d'allumettes. C'est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l'ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine. A quoi, à qui ressemble-t-il? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr Hyde ? », Dr Jekyll and Mr Hyde, édition Penguin Popular Classics

Il était temps de replonger à un peu dans nos classiques. Et pourquoi ne pas voguer dans les ruelles sombres et fantomatiques d’un Londres victorien ? Prenez une tasse de thé bouillante, votre chapeau melon et votre parapluie et allons jouer ensemble les Sherlock Holmes. Dr Jekyll and Mr Hyde s’est révélé à Robert Louis Stevenson dans un de ses rêves. Cet écrivain écossais, adepte d’aventures, doit à son inconscient l’une des nouvelles les plus frissonnantes et psychologiques de la littérature britannique.  Cette histoire initialement policière devient un récit fantastique haletant et déroutant.

Tout commence par des rumeurs, des histoires de quartier. Un homme hideux et étrange du nom de Mr Hyde a commis plusieurs crimes et délits, néanmoins  il semble protégé par le bon docteur Jekyll qui prend soudainement la décision de le faire apparaître dans son testament. Un des fidèles amis du docteur, le notaire Utterson décide de mener l’enquête. Plusieurs éléments troublants s’accumulent et l’étau se resserre autour du docteur Jekyll. Utterson, déterminé à défendre son ami le croyant soumis à un quelconque chantage, se lance à la poursuite de ce Mr Hyde. La vérité éclate dans une lettre rédigée de la main du Dr Jekyll.

Ce classique britannique ne vous est sûrement pas inconnu, vous savez peut être ce qui se cache derrière Dr Jekyll et Mr Hyde ; moi-même je le savais avant de débuter ma lecture mais c’est toujours intéressant de voir comment le sujet est traité. Il est certain qu’un lecteur ignorant le dénouement se voit embarquer dans une série de questions incompréhensibles, et dans cet amas de questions invraisemblables une fin logique se révèle. La puissance de cette Å“uvre tient au fait que l’auteur mêle les genres et trompe son lecteur : le récit passe du réel au fantastique pour revenir au réel. Aujourd’hui le topos abordé s’est banalisé dans la littérature, mais au XIXème cette Å“uvre a dû être une onde de choc.

Cette petite histoire ne permet pas une large connaissance des personnages principaux exceptés du Dr Jekyll et Mr Hyde qui demeurent les points centraux de la narration. Néanmoins cette identification ne me semble pas nécessaire, c’est un récit court, les péripéties s’enchaînent rapidement et l’unique visée du lecteur est de connaître la vérité.

Concernant la lecture en version originale, le ton et style sont classiques et même si parfois la compréhension est complexe, je conseillerais ce livre aux personnes dotées d’un niveau d’anglais correct et qui désirent se lancer dans la littérature anglaise classique. C’est une bonne alternative : vous avez un récit court, et cette histoire aux allures policières dansun décor d’épouvante peut séduire un grand nombre.

Construire une longue argumentation dénaturerait la surprise et le goût de cette lecture. C’est pourquoi, je n’en dirai pas un mot de plus. Le secret du Dr Jekyll reste ave lui enfoui dans les pages de ce livre.

Alors, appel à tous les amateurs d’histoire psychologique et effrayante, Dr Jekyll and Mr Hyde est fait pour vous ! Frisson. Tension dramatique. Un secret vagabondant dans les recoins les plus « gloomy » (lugubres) de Londres.  

anglais

The hunger games

04:25

The hunger games, Tome 1 
Première lecture en VO avec une valeur sûre : THE HUNGER GAMES de Suzanne Collins

"May the odds be ever in your favour. (…) Winning will make you famous. Losing means certain death", The Hunger Games, tome 1, édition Scholastic

Les Etats-Unis sont divisés en 12 districts soumis à l’autorité de la dictature et du président Snow. Contre toute rébellion, le gouvernement organise chaque année les Hunger Games, évènement retranscrit à la télévision où une fille et un garçon de chaque district se battent à mort dans une arène. On découvre le personnage de Katniss, qui prend la place de sa jeune sÅ“ur, Prim, dans les jeux,  et elle devient la mythique « Girl On Fire » aux côtés de l’autre tribu sélectionné, Peeta. Bref, j’imagine que le topo tout le monde le connaît.
Que dire que avant même de commencer cette lecture j’étais déjà enchantée. J’avais déjà lu le premier tome il y a bien longtemps et je souhaitais me lancer dans un livre en anglais, alors j’ai privilégié une histoire que je connaissais. La couverture française n’est pas si différente, mais je reste davantage envoûtée par l’édition originale qui est plus épurée et esthétique d’après moi.

J’avais beaucoup aimé ce roman à ma première lecture et en le relisant je l’ai aimé encore plus. Les dérives des téléréalités et ses extrêmes sont clairement montrés dans cet ouvrage. Certaines anecdotes m’ont un peu rappelées 1989 de G. Orwell, mais cela reste une impression personnelle. Cette dystopie répond clairement aux codes d’un régime tyrannique avec les inégalités flagrantes, le manque de libre-arbitre sur ses pensées et ses choix. L’aspect de scénarisation pour attirer les sponsors m’a beaucoup plu, car dans nombre d’émissions aujourd’hui, et n’est pas rare de trouver des éléments orchestrés, ce qui créer un effet miroir  et renvoie à des pratiques qui se font dans notre société. Les jeux demeurent l’épisode le plus palpitant, où Suzanne Collins joue avec les émotions et les attentes de son lecteur surtout par rapport aux relations entre les personnages (dont la relation entre Peeta et Katniss) et aux confrontations physiques parfois brutales.
Les protagonistes sont bien approfondis, on entretient un lien différent avec chacun d’eux. Katniss incarne vraiment ces héroïnes qui m’inspirent et dont j’admire leur courage et leur témérité. J’aime les femmes fortes dans leur caractère et leur accomplissement. Ensuite Peeta. J’étais contrainte de l’évoquer, étant donné qu’il reste mon favori, son côté un peu dépendant de Katniss mais à la fois résistant et brave pour ceux qu’il aime, est touchant. Dès le départ, il est vu comme un perdant par son entourage mais Katniss lui attribue un héroïsme, il devient pour elle et pour nous, lecteurs, un héros au grand cÅ“ur. Vous vous imaginez bien que mon cÅ“ur penchait directement pour le couple Peeta et Katniss.  Les autres personnages accordent eux aussi une importance à l’histoire, Haymitch  l’ivrogne dont on se méfie qui devient un protecteur pour les tribus, Cinna le styliste qui fournit à Katniss sa popularité, l’incroyable Effie aussi bien déconnectée de la cruauté de ce système que attachante et enfin, Gale le meilleur ami, le confident et  le petit ami potentiel. Tant de personnages qui donnent un charisme à l’histoire grâce à des comportements et des points de vue divergents.

L’anglais n’est pas devenu un obstacle ; je ne pourrai pas traduire chacun des mots mais pour une personne avec un niveau d’anglais moyen, la langue n’est pas un problème. La lecture reste fluide et compréhensible. Donc pour tous les fans de cette série dystopique, respirez un bon coup et redécouvrez  le texte de Suzanne Collins, libéré des arrangements qu’occasionne la traduction.
COUP DE COEUR
Gwendoline

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