2015

Le Journal de Frankie Pratt

01:36

de Caroline Preston


« 1920. Frankie Pratt a 18 ans lorsqu’elle commence à écrire son Journal. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook », Le Journal de Frankie Pratt, édition Nil


Une jeune femme qui relate son passage de l’adolescence à l’âge dans un journal, quoi de plus commun. Pourtant cette histoire devient d’autant plus fascinante lorsque notre héroïne vit en plein « Roaring Twenties ». On suit les différentes étapes de Frankie dans sa vie d’adulte entre ses rêves d’écriture, ses études, la recherche d’un job, ses déboires amoureux, la relation qu’elle entretient avec sa famille ou encore ses multiples voyages. C’est le parcours d’une jeune provinciale qui débarque dans une New York rugissante, frivole et extravagante sous la Prohibition. La jeune américaine souhaite se faire une place dans la jeune prestigieuse des années 20. Je ne vous en dévoile pas plus, car bien que cette histoire soit très courte (pas plus de six chapitres), elle est riche en péripéties pour notre chère Frankie.

Je suis tombée amoureuse de ce roman graphique. Le concept initial m’a énormément plu. Ce livre est un véritable petit bijou, il regorge de documents, de papiers, d’échantillons, de cartes, de photographies d’origines qui donnent une réelle interactivité à l’Å“uvre. Quand Frankie nous dresse les fiches descriptives de ses amies, sa famille et son environnement, on pourrait se prendre au jeu et croire que l’on lit réellement le Journal d’une certaine Frankie Pratt. J’aime tout ce qui est vintage et surtout ce qui touche aux années 20, c’est une période historique que je trouve extrêmement riche culturellement. Alors ce livre ne pouvait que me plaire. Bien évidemment, ce retour dans le temps amène des anecdotes amusantes. Frankie nous fait découvrir ses dernières lectures, les auteurs scandaleux de l’époque qui aujourd’hui sont des grands noms de la littérature (comme James Joyce ou Scott Fitzgerald).


Que dire si ce n’est que ce roman graphique est une perle (je me répète), rien que dans son esthétique. Le fait de reprendre l’idée du scrapbooking pousse le lecteur à s’attarder sur une même page,  de déchiffrer avec attention chaque élément qui se superpose ; il m’est arrivé de tourner le livre dans tous les sens pour lire un coupon de presse collé de travers, etc.

Je conseille vivement cet ouvrage à ceux qui souhaite plonger dans les années 20 : à des amoureux du vintage prêts à découvrir la vie d’une jeune femme en quête d’aventure et de réussite,  au travers de souvenirs empaquetés, et récoltés dans un journal !   

COUP DE COEUR

book

The Agency (tome3)

04:29


de Y.S Lee


« HIVER 1860. Nouvelle mission pour Mary, et pas des moindres : la reine Victoria en personne a fait appel à Agency pour découvrir qui, parmi son entourage, dérobe jour après jour les objets d’art de Buckingham. », The Agency : Les Secrets du Palais, édition Nathan


Cette série dont on parle si peu sur la blogosphère est une de mes préférées. Des enquêtes. Une jeune espionne au caractère bien trempée. Et l’époque victorienne en toile de fond. Cela fait maintenant deux ans que Mary Quinn est membre de l’Agency, une agence secrète composée de détectives exclusivement féminins. Après avoir incarnée la dame de compagnie, puis le jeune apprenti de chantier, on la retrouve dans ce troisième tome en tant que domestique à Buckingham Palace. La reine Victoria a besoin de ses services suite à la disparition mystérieuse de nombreux objets d’art. Mais son enquête va se révéler plus compliquée que prévue quand un événement sanglant et inattendu touche de près la famille royale. Mary va donc devoir évoluer dans ce monde de la haute société sans se faire démasquer, où commérages et secrets sont étouffés. Pour ne rien arranger, son travail d’investigation va être chamboulé par l’impertinent James embauché pour effectuer des travaux dans les sous-sols du palais. Depuis déjà deux tomes, ces deux-là se cherchent et se retrouvent, à la fois partenaires et ennemis, ils se taquinent sans cesse sans jamais s’avouer leur attirance mutuelle. Dans ce dernier tome, leur relation évolue pour de bon même si les taquineries sont toujours de mise entre eux. En parallèle, Mary se retrouve confrontée à son passé et, pour la première fois, son enquête la ramène à ses racines qu’elle pensait oubliées. Alors elle se retrouve à choisir entre ses sentiments et une résolution objective de son investigation.

La jeune héroïne va se confronter à différents personnages qui l’aideront dans sa recherche ou lui mettront des bâtons dans les roues. Tout le monde est suspecté. Même les domestiques. L’auteur nous fait suivre l’enquête aux côtés de Mary, comme elle nous amassons les preuves et on fait des théories pour découvrir la vérité. On a beau essayer de deviner on reste surpris à la fin. J’apprécie énormément cette série pour l’action et l’accélération du rythme qui s’opèrent lors du dénouement. On s’inquiète pour les personnages et on se demande comment ils vont sortir de leur galère. Le personnage de la reine Victoria m’a assez marqué, même si on nous dresse l’image idéalisée d’une reine courageuse et d’une mère aimante, j’ai trouvé le personnage attachant et un peu inattendu dans ses actions et ça m’a plu.


Concernant l’Agency, ce tome nous promet un tournant majeur pour majeur pour Mary dans cette organisation, qui devra faire un choix déterminant pour sa carrière d’espionne, mais je n’en dis pas plus il faudra lire le livre pour savoir de quoi il s’agit.

Ensuite je pourrais vous écrire des pavés pour vous expliquer à quel point j’aime énormément James, la relation qu’il entretient avec Mary, mais je préfère vous laissez découvrir par vous-même cette histoire et ces personnages. Je pense que ce qui m’attire dans cette série de livres c’est que l’on retrouve une héroïne indépendante, forte, curieuse et courageuse qui préfère se salir les mains que de discuter autour d’un thé avec des femmes de haute société (sauf si son enquête l’y oblige bien sûr !).

Alors n’hésitez-plus, foncez en librairie et allez découvrir cette série riche en aventure, enquête et romance dans lequel on retrouve une orpheline détective du XIXème qui n’a pas froid aux yeux et qui chamboule le monde londonien en dévoilant les vérités cachées ! 

COUP DE COEUR

2015

Le Coeur En Poche

01:12

de Christine Aventin


« Alexandra quinze ans, vit avec sa mère Véronique. Celle-ci passe ses nuits au « Funny », un bar du côté de la rue Saint Denis, où elle exerce le plus vieux métier du monde. Entre le lycée, ses études, ses copains et l’univers nocturne de la prostitution qu’elle partage de loin avec sa mère, Alexandra a construit un monde bien à elle, fait de rêves, d’espoirs et d’humour », Le cÅ“ur en poche, édition Mercure France

Paris. Plongez dans la vie d’Alexandra une jeune adolescente de quinze. Avec une vie assez anormale. Elle vit avec sa mère, une prostituée, elle côtoie ce monde de la nuit sans jamais y participer. Mais une série d’évènements l’invite à découvrir un peu plus le quotidien de sa mère, jusqu’à un élément déclencheur qui pousse la jeune femme à une totale reconsidération de sa vie. Dans la deuxième partie du roman, Alexandre est à la recherche d’une affection auquel s’accrocher, d’un point ancrage. Elle s’aperçoit que son univers ne se limite plus à sa mère et elle. Son comportement évolue, et avec une certaine insouciance, elle se lance dans un voyage (autant physique que mental) pour atteindre une stabilité qui tout au long du roman paraît difficile à trouver. Les sentiments de l’héroïne s’entrechoquent, se mélangent, elle change d’avis, elle ne sait pas réellement ce qui est bon pour elle. Alexandra est un personnage solitaire, indépendante et pas très féminine avec son blouson en cuir et sa moto. Excepté Julien, la jeune femme n’a pas d’amis de son âge, elle comble sa solitude en apprivoisant un petit chiot qu’elle emporte partout avec elle. Bien qu’elle fût très mature sur le monde de la prostitution et le regard des hommes, une innocence infantile et des espérances un peu idéalisées dictent son esprit. Ce manque de terre à terre est corrigé par le roman lui-même qui ramène sans cesse Alexandra aux dures lois de la réalité. Comme son statut dur à porter de « fille de pute », expression qu’elle reprend souvent.

 Une famille loin d’être parfaite. Un camarade de classe séduisant qui n’a pas la même approche de l’amour qu’elle. La quête d’un père inconnu et le désir d’être reconnue par lui. Malgré les épreuves difficiles que le personnage principal surmonte, et le brouillard profond qui peut envahir son esprit, Alexandra aborde la vie avec un certain humour noir ponctué par une vulgarité héritée de sa mère.


Le roman reste totalement centré sur la jeune femme, même si les autres protagonistes sont des facteurs de peines, de déceptions, de joie ou de réconfort pour Alexandra. On peut être surpris par l’évolution de certains individus ou le rapport que l’héroïne peut entretenir avec eux. J’ai trouvé ce livre d’un réalisme frappant sur la condition de vie des enfants de prostituées, tout en illustrant aussi  une véritable quête de soi et de ses racines. Le plus impressionnant à la fin de la lecture est de savoir que cette Å“uvre a été le premier roman de Christine Aventin, qui à l’époque avait elle-même quinze ans.

Le CÅ“ur En Poche plaira à ceux qui souhaitent découvrir la vie peu banale, peu joyeuse, d’une adolescente, retranscrite avec un cynisme tendre et un réalisme bluffant !  

4 filles et un jean

Quatre filles et un Jean

10:19

de Anne Brashares


« Ma première s’appelle Carmen. Elle est brune et trouve ses fesses un peu grosses. Ma deuxième s’appelle Tibby. Elle ne fait pas son âge, ne s’habille pas très fille. Ma troisième s’appelle Bridget. Elle est blonde, sexy, sportive, volontaire mais au fond si vulnérable. Ma quatrième s’appelle Lena. Elle est brune, superbe. Mon cinquième est une Jean. Symbole de leur amitié, il va passer de fille en fille », Quatre filles et un Jean (T1),  édition Gallimard Jeunesse

Une histoire d’amitié entremêlant voyage, amour et magie d’un pantalon. Carmen, Tibby, Lena et Bridget vont avoir un été des plus inattendus, séparées mais toujours ensemble, unies par leur amitié et la découverte d’un jean pas comme les autres.



Plus jeune j’avais beaucoup aimé les adaptations cinématographiques des livres sans jamais me lancer dans leur lecture. Aujourd’hui c’est chose faite. Pour le premier tome du moins. C’est un livre très léger sur quatre filles, quatre amies, aux caractères et aux physiques bien différents, qui ont évolué et grandis ensemble, et qui forment un groupe complémentaire. 

Lena se dresse comme la jeune femme adulée par ses amies pour son visage en porcelaine, elle camoufle ses atouts derrière ses vêtements tout comme ses sentiments. Bridget étonne par son dynamisme, sa force de conviction et sa volonté de toujours atteindre ses objectifs fixés (les règles ne sont qu’une formalité à dépasser). Tibby, toujours accrochée à sa caméra, dissimule sa sensibilité dans une froideur et un air bougon. Quant à Carmen, la portoricaine, elle reste la plus investie dans leur amitié, elle est aussi la plus dramatique dans ses propos : l’histoire incroyable du jean naît grâce à elle. Ces amies vont passer leur premières vacances d’été éloignées les unes des autres et le jean apparaît comme un gage d’amitié et un moyen de vivre des moments inédits depuis qu’elles ont découvert sa faculté extraordinaire (ce jean leur va à toutes à la perfection). S’en suit une aventure pour les quatre filles dispatchées un peu partout sur le globe : Léna est en Grèce et ne compte pas se laisser distraire par un amour d’été, Carmen part rendre visite à son père en Caroline du Sud et espère rattraper les années perdues ;  Bridget est dans un stage de foot à Bahia California et s’est donnée le défi de séduire Eric, le bel entraineur ; enfin, Tibby est contrainte de voir ses amies partir alors qu’elle doit rester à Bethesda et travailler dans le supermarché du coin. 



Pourtant les filles voient leurs plans chamboulés, elles vont surmonter les joies, des peines, entre retrouvailles familiales et déceptions, cet été pourrait être aussi une leçon sur la vie et les tracas de l’adolescence. Tout au long du roman, le Jean influence leur décision, leur choix, il leur donne la force d’agir, d’être heureux.

Ce livre est une lecture parfaite pour tous ceux en quête d’un été inoubliable, riche en émotions, où des adolescentes commencent à se frotter à la vie et ses aléas, protégées par une amitié invincible et d’un jean magique ! 



anywhere

On the road

02:29

 de Jack Kerouac


“What’s your road, man ? – holyboy road, madman road, rainbow road, guppy road, any road. It’s an anywhere road for anybody anyhow.”, On The Road, édition Penguin

On the Road est une fiction et une autobiographie de Jack Kerouac et son cercle d’ami formant la Beat Generation, des précurseurs des hippies et des fervents défenseurs de la liberté. Sal Paradise alias Jack Kerouac, jeune et innocent étudiant décide de tailler de la route, aux côtés de l’exubérant et givré Dean Moriarty à travers les Etats-Unis. Les deux hommes vont aller de rencontre en rencontre ; ils vont explorer leur liberté individuelle et dépasser leurs limites en mêlant l’écriture, le voyage, le jazz, l’alcool, les drogues et le sexe.

Je m’attendais à découvrir le continent américain, ses villes et l'ambiance d'un road-trip. Cette attente fut largement comblée. Les personnages ne paraissent pas avoir de domicile fixe, ils errent dans des lieux divers, se lassent puis reprennent la route à la recherche d’une attache, d’une famille ou d’un père. Peu d’argent en poche, Sal passe de petits boulots en petits boulots pour payer ses prochaines escales. C’est un périple qui se joue au jour le jour, les protagonistes suivent une morale « carpe diem », profitant de l’instant présent et des délices de la vie. La dimension poétique de l’Å“uvre s’opère  dans la beauté des paysages, Kerouac capture ces décors avec volupté.



Leur errance est aussi présente émotionnellement, Sal, tout comme Dean, ne restent pas accrochés à leurs conquêtes amoureuses : ils comblent leurs désirs puis ils partent. Dean entretient des relations plus éphémères et moins réelles que Sal. Sal montre tout même une certaine loyauté et affection à ses aventures, tout en savant que rien n’est durable. Le personnage principal est très touchant même si sa dévotion pour Dean me paraît parfois excessive : il défend le comportement malsain, insensible et un peu fou de son ami, il accepte ses infidélités et voit en lui un modèle. Il ne reconnaît que tardivement l’irresponsabilité de Dean et sa folie.

Au cours de ces 300 pages, de nombreux personnages différents, plus ou moins importants défilent et s’enchaînent. Je dois avouer que j’ai été un peu perdu pour reconnaître l’identité de chaque personnage. Cette énumération aboutit également à un manque d’attachement à ces individus. On assiste à l’évolution de certains d’entre eux (en 3 ans), formant une famille et s’engluant dans une stabilité et une forme d’ennui, contrairement à Sal et Dean qui n’acceptent pas l’avancée des années et le passage à l’âge adulte, montrant l’immaturité des jeunes hommes. Le personnage de Dean reste le plus perturbant, il englobe presque plus le récit que Sal, ses sautes d’humeur et sa folie grandissent au fil du roman. C’est un personnage qu’on aime au départ pour son décalage et à la fin on le hait pour ses actes ; on a presque pitié de cet homme qui tente d’atteindre un idéal en fuyant toute réalité.


Je ne cache pas que l’anglais m’a posé un peu plus de problème que les livres contemporains comme Hunger Games. On retrouve un style d’écriture plus nuancé, travaillé, et un vocabulaire davantage affiné. Cependant le texte ne m’a pas causé de problèmes de compréhension. Je conseille la lecture en VO pour des personnes qui se sont déjà confrontés à des extraits littéraires en anglais.

 Si vous souhaitez vivre un road-trip aux Etat-Unis pour un prix imbattable, côtoyer une jeunesse en quête des plaisirs de la vie et, découvrir une amitié inhabituelle alors plongez (dans) On The Road !


2015

Comment (bien) rater ses vacances

05:23

de Anne Percin



« Cet été, Maxime a 17 ans. Il ne veut plus partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie pour glander devant l’ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes ! », Comment (bien) rater ses vacances, édition Rouergue

Je voulais démarrer une lecture qui amorce les grandes vacances, alors face au titre, ce livre s’est imposé à moi. Nous retrouvons Maxime, un jeune ado qui rêve d’indépendance et de liberté, qui décide de passer les vacances chez sa grand-mère loin de ses parents et de sa petite sÅ“ur, Alice. Persuadé qu’il pourra passer ses journées sur son PC, il va voir ses projets contrariés.


Je me suis lancée dans cette lecture sans trop d’attente, c’est un livre qui traînait depuis trop longtemps dans ma bibliothèque. Je reste mitigée. C’était une bonne lecture mais je n’ai pas eu cette étincelle qui vous empêche de quitter l’histoire. L’ouvrage fait moins de 200 pages alors les Ã©vénements s’enchaînent rapidement, tout en retraçant des habitudes banales. La quatrième de couvertures nous promet « des journées délirantes » pour Maxime : au début j’y ai cru, un élément vient perturber la routine de Maxime et de sa grand-mère. Dans cette même journée, l’adolescent se met dans des situations délicates et comiques. Je m’attendais à plus pour la suite, et j’ai été un peu déçue ; excepté quelques anecdotes humoristiques, la suite du récit reste assez habituelle et prévisible. Je n’ai pas été spécialement surprise.

Le personnage de Maxime demeure un jeune homme de 17 ans comme les autres, fan de guitares électriques et en quête d’une relation amoureuse, mais qui à la fois se démarque par son côté solitaire et une intelligence à la Sherlock Holmes. On apprend d’ailleurs qu’il est un admirateur inconditionné du détective anglais. Une chose qui m’a dérangé au départ et un peu tout le long de l’histoire sont les références excessives à des musiques, des livres, des jeux, des pubs ou même des produits alimentaires : je n’ai pas trop apprécié ce déballage de « marques ». Ensuite, dans la narration faite par Maxime, j’ai trouvé un décalage important de vocabulaire qui pouvait être judicieux (ça reflète la dualité entre l’ado de 17 ans et son intelligence) mais donnait un style assez décousu.


Cependant je conseille ce livre pour ceux qui veulent passer un moment léger et rire ; l’humour est un point majeur de ce livre, et tous les personnages débordent de gaieté. J’ai bien aimé la grand-mère de Maxime, une vieille femme marrante, dynamique et atypique tout en restant à la fois une mamie traditionnelle qui aime faire ses confitures. Ce livre illustre l’importance des relations familiales (entre une grand-mère et son petit-fils, entre un frère et une sÅ“ur), l’amitié qui peut naître au travers d’un réseau social et la découverte des premières relations amoureuses. Comment (bien) rater ses vacances est une lecture légère, sans prise de tête, et pleine d’humour !




2015

La liste de mes envies

02:05

de Grégoire Delacourt


« Les femmes pressentent toujours ces choses-là. Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir tout ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ? », La Liste de Mes Envies, édition Le Livre De Poche

Une femme tout à fait banale, commune, gérante d’une mercerie, assez satisfaite de son existence, décide un jour de participer à l’Euro Millions, elle avait une chance sur un million de gagner et cette chance s’est confirmée. Que faire avec tout cet argent ? Et comment l’annoncer à ses proches ?



Un livre de moins de 200 pages mais qui vous permet d’affronter avec beaucoup plus de béatitude les tracas quotidiens et les habitudes peu excitantes de la vie. Le personnage de Jocelyne, au fil de la lecture, arrive à nous faire apprécier chaque petit moment simple de nos journées. Des messages affectueux de lectrices assidues de vos chroniques. La fidélité de votre mari. Un repas entre copines. Ce sont ces instants d’apparence banals que nous délivre Jocelyne avec un enthousiasme communicatif. Cette femme approchant la cinquantaine, n’est pas une femme au physique parfait, et sa vie reste quelconque : son mari Jocelyn n’est un très séduisant mais son affection lui suffit, la mémoire de son père ne tient pas plus de  6 min, ses enfants lui rendent peu visite et elle vit modestement grâce à son travail de mercière et bloqueuse couture à ses heures perdues. La vie de cette femme n’a pas toujours été facile entre ses aléas amoureux et conjugaux, la perte troublante de sa mère, ses traumatismes en tant que mère, elle a connu la souffrance et la dépression. Pourtant, malgré une désillusion complète et des rêves de jeunesse évanouis, elle se contente de ce qu’elle a ;  mais ce ticket gagnant va chambouler ces certitudes.




On découvre tout le cheminement intérieur de cette femme qui ne sait réellement comment affronter cet Ã©vénement peu commun. Le récit reste assez tranquille jusqu’à un épisode dont on n’attend pas l’arrivée et qui apporte une nouvelle perspective à l’histoire. La vraie question qu’occupe tout le roman est la suivante : l’argent peut-il faire notre bonheur ? Le roman ne donne la réponse. J’ai vraiment apprécié ce livre qui nous appelle à accepter la vie telle qu’elle est et de se donner les moyens d’être heureux, car le bonheur ne se résume pas à  une veste Chanel. Quand on tourne la dernière page, on a l’envie soudaine de faire aussi une liste de nos envies, et de prendre la vie avec ses désillusions et ses joies.  Je vous conseille également de lire la postface, très émouvante, où l’auteur confie des rencontres avec des lecteurs qui l’ont bouleversé. La Liste de Mes Envies est un très beau ouvrage sur la beauté du quotidien, et les avantages d’une vie qu’on juge parfois insipide mais qui vaut mieux que plusieurs millions d’euros !

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