angleterre

Mrs Dalloway

17:04

de Virginia Woolf


"Les préparatifs d'une soirée, l'errance mentale d'un personnage énigmatique... C'est sur ces rares éléments d'intrigue que repose le récit d'une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Dans sa première oeuvre véritablement moderniste, Virginia Woolf rompt définitivement avec les formes traditionnelles du roman. Les souvenirs (ceux de Peter Walsh l'amour d'autrefois, de Sally Seaton l'amie de jeunesse) ressurgissent au gré de tout un réseau d'impressions et de sensations propres à l'héroïne, qui elle-même est vue à travers les yeux d'une myriade d'autres personnages (sa fille, Peter lui-même) qui traversent cette journée rythmée par le carillon de Big Ben, seul élément objectif qui demeure dans ce tableau impressionniste. ", Mrs Dalloway, édition Folio Classique

Mrs Dalloway : "Une révélation ! Un chef d'Å“uvre !", diront certains. D'autres  d'un "livre de rien". L'Å“uvre de Virginia Woolf marque la littérature britannique pour sa singularité ; après les vers shakespeariens, les peintures réalistes de Charles Dickens ou l'ironie lumineuse des romances de Jane Austen : Mrs Dalloway dévoile l'intériorité d'une vie sur une journée.

Juin 1923. Londres. Les années folles semblent inconnues. Clarissa, Mrs Dalloway, riche femme de cinquante ans, nous ouvre le coffre de ses émotions le temps d'une journée et partage avec le lecteur la préparation d'une de ses soirées  mondaines, interrompue par des visites, des rencontres inattendues ou le sursaut de moments passés. Plus qu'une histoire singulière, c'est le quotidien d'une femme dans la société et dans le mariage qui nous est conté. Big Ben sonne et un défilé de portraits s'offre à nous : le lecteur se promène d'âmes en âmes. Les points de vues se succèdent, les sentiments s'égrènent. C'est un tourbillon de pensées contraires, de souvenirs qui s'entrechoquent et dansent ensembles. Véritable éclat en matière de psychologie, ce roman délivre des  perceptions du monde et d'autrui très différentes.

Accepter d'entrer dans l'esprit d'un des protagonistes c'est accepter la difficulté de la pensée humaine. Lire Mrs Dalloway peut se révéler être une épreuve ardue : il est nécessaire de lâcher prise, de ne pas s'attacher au sens des mots mais plutôt d'aborder le texte comme un flux de mots, un envol libre et discontinu de l'esprit. Virginia Woolf prend même le risque d'immortaliser la folie - cicatrice invisible et irréversible de la guerre - : la décrire par les mots et par les images fantasmatiques qui obscurcissent la réalité.

Œuvre de psychologie et non d'action, le mouvement intérieur de l'âme s'oppose toujours à l'immobilité de la routine de l'individu et le goût amer d'un temps passé. Oui le passé de Clarissa est évoqué, de même que sa situation amoureuse, familiale ou parentale. Cependant les sentiments priment toujours : et c'est avec une grande délicatesse, une poésie, une récurrence des images et des métaphores que l'auteur caractérise l'indicible. Elle rend vivant et compréhensible ces émotions qu'on juge inexplicables.

Cette Å“uvre mérite qu'on s'y attarde : une lecture ne me paraît pas suffisante face à la complexité et la richesse de ce texte. Ce livre est à lire en une fois c'est-à-dire faire de sa journée celle de ce juin 1923. Ne pas interrompre sa lecture permet de saisir le mieux possible ce déferlement infernal et inépuisable de la pensée.  D'où l'absence de segmentation ou de délimitation dans le récit.


Pour conclure, Mrs Dalloway a signé un nouveau tournant dans la littérature britannique. L'action s'éclipse pendant que Virginia Woolf perce les secrets de l'âme humaine pour présenter un récit psychologique inédit, tout en portant un regard nouveau sur l'Homme et le monde ! 

Gwendoline

amitié

Beautiful Broken Things

11:26

de Sara Barnard


 Best friends Caddy and Rosie are inseparable. Their differences have brought them closer, but as she turns sixteen Caddy begins to wish she could be a bit more like Rosie – confident, funny and interesting. Then Suzanne comes into their lives: beautiful, damaged, exciting and mysterious, and things get a whole lot more complicated.”, Beautiful Broken Things, edition MacMillan

Un young-adult sans romance ? Il ne m’en fallait pas plus pour m’intriguer. Pas de triangle amoureux pour Beautiful Broken Things, mais plutôt un triangle amical. Direction Brighton, station balnéaire située dans le sud de l’Angleterre. Caddy et Rosie sont inséparables depuis leur enfance. Elles traînent toujours ensemble, s’adorent, se connaissent par cÅ“ur et rien ne peut les séparer. Du moins c’est ce qu’elles croyaient. Leurs entrées dans deux lycées différents n’avaient pas entaché leur amitié. Et pourtant cette harmonie se fracture lorsqu’un troisième membre s’ajoute à ce duo : Suzanne. C’est comme placer un poids sur un côté de la balance : elle se déséquilibre. L’amitié entre Caddy et Rosie, jusqu’à présent inébranlable, est comprise : tensions, rivalités et jalousie éclatent. Cette amitié à trois vacille constamment entre de forts sentiments fraternels et des disputes incessantes. Une telle dissonance ne peut mener qu’aux larmes et à la rupture. Quelle amitié survivra ? Celle que l’on connaît depuis des années ou celle que l’on trouve excitante pour sa nouveauté ?

On a tous déjà été confronté à ce genre de situation –du moins j’imagine-. L’amitié c’est un peu comme construire un mur ensemble, chacun y met du sien, place sa brique, et au fil du temps ce mur se fortifie. Puis un inconnu débarque du jour au lendemain et le mur se fissure.  Dans ce roman, l’inconnue se nomme Suzanne. Nouvelle élève, populaire, extravertie, jolie,  elle fait sensation. Une amie qu’on envie pour son charisme et son côté rebelle. Assez cliché. Pourtant ce n’est pas ça qui brise ce lien entre les deux meilleures amies. Non. Les responsables sont les démons enfouis dans l’esprit dans Suzanne et les sombres secrets qu’elle garde en elle.

Je ne vais pas vous mentir. Je cherchais une lecture en anglais limpide et sans complications et Beautiful Broken Things répond complètement aux critères. Le texte est compréhensible et épuré. Concernant l’intrigue, l’auteur a privilégié la psychologie des personnages et leurs sentiments au détriment de l’action. De très légers retournements dynamisent le récit. Ils auraient peut-être mérités d’être un peu plus approfondis ou plus surprenants.

Que dire de Caddy, Rosie et Suzanne ? Nos trois héroïnes sont paradoxales. Chacune a une personnalité qui lui est propre, un rapport à l’amitié bien particulier. Leurs différences les rassemblent mais les éloignent aussi. L’équation n’est jamais parfaite : un duo se détache et écarte un pion qui se retrouve seul. Les trois filles ont toutes une part de responsabilité dans les conflits qui se tissent entre elles. J’ai apprécié cette absence de manichéisme dans la conception de ces adolescentes cependant, en tant que lectrice, je suis restée extérieure au texte. Je n’ai pas réussi à m’attacher un seul de ces personnages même si certains traits de caractère coïncidaient avec les miens. Peut-être est-ce à cause de leur âge… je n’arrive pas à l’expliquer.

Beautiful Broken Things plaira aux amateurs de young adult. Un roman rapide à lire, un peu cliché. Un livre qui reflète les complexités des relations amicales mais pas que. Sara Bernard nous livre aussi un récit psychologique en couchant sur papier les noirceurs qui peuvent torturer l’esprit. 

★ ★   
Gwendoline

2016

L'Oeuvre

11:15

de Zola

I’M BACK ! Poster mes chroniques m’a tellement manqué. Je suis désolée d’avoir laissé ce blog inactif pendant plusieurs semaines, mais je suis un peu submergée de travail à la fac en ce moment et je fais face à une petite panne de lecture. J’ai envie de lire mais ma tête ne veut pas alors je mets une éternité pour finir un livre. J’espère que je réussirai à retrouver un rythme de lecture pour les prochaines semaines ; je ne peux rien vous garantir…

Retournons au roman du jour, l’Å’uvre de Zola :


« Camarade de jeunesse de Cézanne, ami et défenseur de Manet et des impressionnistes, Zola a résumé dans L'Å’uvre toute son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les premières décennies de la IIIe République. Document de premier ordre sur ces «Refusés», ces «plein-airistes» que nous considérons comme les fondateurs de la modernité, L'Å’uvre dit aussi la tragédie d'un homme, Claude Lantier, tempérament romantique hanté par des rêves d'absolu, le désir de «tout voir et tout peindre. Des fresques hautes comme le Panthéon ! Une sacrée suite de toiles à faire éclater le Louvre !» Mais, devant l'incompréhension de l'époque, l'absolu du rêve deviendra celui de la détresse, et Claude, qui a commencé comme Manet, aura la même fin que Van Gogh. », L’Å’uvre, édition France Loisirs

Cette « Å“uvre » (c’est le cas de le dire : ) ne m’est pas tombée entre les mains par hasard. Ce livre fait partie de mes lectures imposées pour la fac, plus précisément d’un cours qui mêle à la fois la littérature et l’art.  Zola a puisé son inspiration dans son quotidien et plus particulièrement dans l’amitié qui le lie avec Cézanne – un film vient de sortir à ce sujet intitulé Cézanne et Moi - et qui apparaît dans les personnages de Claude et de Sandoz.

Ce roman est un très beau témoignage sur les réalités de la condition d’artiste et du peintre dans la société, et notamment comment la peinture est perçue dans le Second Empire : quelles sont ses codes ? ses courants artistiques ? ses influences ? L’écrivain dépeint ces vérités sans ornements : cette vérité pure s’affiche à côté de la fiction. Zola va s’attarder à détailler un portrait en particulier : celui de Claude Lantier, un peintre déchu, en quête de cette « Å“uvre » qui bouleversera les règles de l’esthétique traditionnelle et qui imposera une nouvelle vision de l’Art. Il laisse les coups de pinceaux à Claude et lui esquisse son héros à coups de plume. Autour de cet individu gravite un groupe d’hommes, d’amis, avec leurs rêves et leurs idéaux Sur une vie, on les voit vieillir, évoluer et devenir parfois des êtres éloignés de leur ambition de jeunesse. Un seul semble ancré dans un cycle éternel : Claude. Certes, il grandit et il subit les surprises de l’existence et pourtant son processus créatif se répète. Toujours insatisfait et en quête de l’ « Å’uvre », ce bijou pictural qui  se révèlera à lui et lui apportera sa renommée, il est l’image de l’artiste tourmenté et passionné. Un éternel Romantique qui vit sa création. Une relation presque amoureuse naît entre l’artiste et sa toile. Une relation qui vire toujours à l’excès entre fascination et dégoût. Ces sentiments face à ses peintures sont toujours excessifs et violents.

Pourtant le lecteur s’attendrit devant le caractère pathétique de ce héros : vacillant entre des phases d’échecs et de révélations, humilié par les autorités du monde de l’Art et admiré par ses proches amis. De telles contradictions expliquent cette étiquette de poète incompris et inaccompli dans laquelle il s’enferme.

Cette histoire pose aussi la problématique du peintre et de son Å“uvre. Quel rapport il appartient avec elle et comment elle influence son rapport au monde ? Car plus qu’une passion, la peinture se révèle être pour notre personnage, une réelle obsession : esquisser, dessiner, gratter et recommencer pour gratter et redessiner. Reproduire le réel, l’embellir et  donner vie à ces couleurs et ces corps magnifiés. Le mythe de de Pygmalion est largement visible à certains moments clés du récit. Tel Pygmalion devant Galatée, Claude tombe amoureux de ces nudités qu’il fait naître. Zola montre avec justesse cette complexité entre l’artiste et son Å“uvre en mettant des mots sur les sensations qui se dégagent de la contemplation d’une création et surtout grâce la vision d’autrui sur ce phénomène.
En plus d’être un texte sur l’artiste et l’Art au XIXème siècle à Paris, c’est aussi l’histoire d’un couple. Un couple que l’on voit éclore et faner au fils de ces 500 pages. La place du mariage et de la femme dans la vie d’artiste est très largement développée, et c’est d’ailleurs très intéressant à observer. Suivant l’artiste (qu’il soit sculpteur, peintre, écrivain ou architecte) l’illustration de l’amour et du mariage varie.

Chez Zola, il y a souvent ce contraste saisissant entre le bonheur et la tristesse, la misère et la richesse, le monde s’incarne avec ses oppositions : quand l’un est heureux l’autre se morfond. Et c’est cruellement vrai. A cela s’ajoute des mouvements ascendant ou descendant chez les personnages eux-mêmes en termes de condition de vie ou de popularité.

Pour revenir à la dimension picturale de l’Å“uvre, les passionnés d’art ne peuvent être déçus. Zola enrichit son texte de descriptions précises sur les peintures, les sculptures etc et on reconnaît d’ailleurs plusieurs Å“uvres mythiques de cette époque : dans le Plein Air de Claude on retrouve Le Déjeuner sur l’Herbe de Manet ou lors d’une exposition une peinture ressemble traits pour traits à Un enterrement à Ornans de Courbet. Une multitude de références artistiques parsèment le récit.

Par conséquent, l’Oeuvre perce les secrets de ces artistes parisiens incompris et révolutionnaires en plongeant dans l’intimité d’un peintre à la recherche du Beau dans un monde en pleine mutations, déchiré entre les vestiges du Romantisme et les prémices d’une modernité. Lire l’Oeuvre c’est accompagner le peintre dans son atelier, contempler son mariage des couleurs, assister à ses doutes et à ses révélations. Alors seriez-vous capable de courir les rues de Paris avec lui et de vous mettre à nu pour l’Art en laissant la toile absorber une part de vous-même et un morceau de l’âme de son créateur ?

Gwendoline

(MES PENSEES VONT AUX FAMILLES DES VICTIMES ET AUX VICTIMES DU 13 NOVEMBRE, 1 AN APRES CE DRAME)

2015

Darkwind

07:29

de Sharon Cameron




« Angleterre, 1852. Katharine est envoyée par sa tante et tutrice au manoir de Darkwind où vit son oncle Tulman. Elle doit prouver que celui-ci a perdu la raison et le faire interner pour qu’il cesse de dilapider la fortune familiale. […]  Katharine décide de rester un mois à Darkwind. Trente jours au cours desquels elle se rendra complice d’espionnage, échappera de justesse à la mort et tombera amoureuse…. », Darkwind (tome 1 : Mécanique Infernale), édition Bayard

J’apprécie énormément toutes les Å“uvres qui peuvent se dérouler en Angleterre durant l’époque victorienne. Alors en lisant ce résumé, j’ai été charmé. On nous promet de l’action, des palpitations, une affaire d’héritage et une petite romance à la clé. Darkwind remplit ces attentes. Mais attention, attendez-vous à vous ne pas être secouer avant le milieu du livre (environ vers les 200 pages). Et oui, le seul inconvénient, que je peux trouver à ce roman, c’est sa réelle lenteur à démarrer. L’auteur nous pose le décor de façon détaillée de même que l’entourage et les personnages évoluant autours. Alors, je dois avouer, qu’au départ, je me suis posée pas mal de questions : mais où est-ce que l’auteur veut nous amener ? Quand est-ce qu’arrive cet élément déclencheur ? Pour ma part, j’ai trouvé son arrivée un peu tardive et discrète. L’avantage dans ce procédé, choisi ou non par l’auteur, c’est que la seconde moitié du roman défile à grande vitesse. Soudainement le lecteur est chahuté par une succession d’évènements, d’incohérences et de péripéties qu’on ne le lâche plus jusqu’à la fin. Tout arrive rapidement et on n’a pas le temps de digérer les choses.


On vit l’histoire à travers le point de vue interne de Katharine une jeune fille orpheline, âgée de dix-sept ans qui vit sous l’autorité de son odieuse tante Alice. Le confort de la jeune femme dépend de son obéissance envers sa tante et la réalisation de toutes ses requêtes. Elle accepte donc sans broncher de séjourner chez son oncle Tulman méconnu, pour le déclarer fou, et aider sa tante à reprendre sa fortune et son domaine : Darkwind. On découvre une Katharine obéissante, centrée sur son intérêt propre –faire plaisir à sa tante pour obtenir ses vivres-, froide et pas très ouverte à connaître l’un de ses parents. Il faut dire que Darkwind et ses occupants ne seront pas plus accueillants. Comme Katharine, on est un peu perdu en découvrant le manoir et ceux qui y travaillent. Mais la rencontre avec cet oncle peu commun va changer sa vision sur le monde et les autres, et va l’amener à reconsidérer la question de sa venue. Car cet acte s’annonce beaucoup plus dramatique en conséquence qu’elle aurait pu y penser. Plongée dans un autre univers loin de l’ambiance londonienne, la jeune femme va oser s’affranchir de certains codes, faire taire un peu son sérieux pour découvrir les joies et le quotidien qui rythment le domaine et ses habitants, tous dévoués à son oncle. Homme au caractère enfantin et innocent,  on s’attache rapidement à ce personnage décalé et attendrissant ; à l’écart du monde mais un génie vivant pour ses créations. Concernant notre héroïne, je l’apprécie aussi pour sa force, c’est une femme qui change au fil de son arrivée tout en restant une femme dynamique, sensible et courageuse. Son portrait a vraiment été travaillé car elle demeure un protagoniste principal qu’on aime et qu’on admire et qui demeure humain par ses défauts.

Dans ce livre, vous ferez aussi la rencontre d’autre individus plus ou moins importants, alliés ou non de notre chère Katharine, que vous aimerez ou détesterez, et que vous apprenez à connaître tout le long ce premier tome. Je n’en cite aucuns car je vous laisse le plaisir de les découvrir.

Parlons du style de Sharon Cameron. Honnêtement il m’a charmé. C’était beau, élégant et travaillé. Je ne suis en rien une professionnelle mais la traduction était vraiment pas mal. Dans les contemporains, je regrette parfois ce manque de beauté, d’approfondissement de la plume, mais ici, c’était parfait. Très agréable à lire. Cependant, je préfère prévenir, l’auteur aime décrire les lieux, ce qui pour ma part ne dérange pas mais pourrait en lasser quelques-uns.

Maintenant abordons les choses sérieuses : la fin du livre. SANS vous spoilez bien entendu. Durant deux cents pages, l’intrigue s’est épaissie, on s’interroge, on essaye de démêler le vrai du faux, on a des réponses et on en reçoit plein la figure. On pense que c’est terminé mais l’auteur s’amuse à jouer avec nos sentiments et remettre un élément déclencheur, qui une fois la dernière page tournée, nous met à taire. On en veut plus. Je suis très très impatiente de lire le tome 2 même si l’attente va être longue (ce n’est pas insoutenable mais l’auteur a aiguisé juste assez ma curiosité pour me donner envie de continuer la série).

Je conseille fortement Darkwind aux lecteurs à la recherche d’un roman original en pleine époque victorienne, mêlant affaire d’héritage, inventions, romance, soupçons et rebondissement, avec des personnages attachants !




2015

La liste de mes envies

02:05

de Grégoire Delacourt


« Les femmes pressentent toujours ces choses-là. Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir tout ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ? », La Liste de Mes Envies, édition Le Livre De Poche

Une femme tout à fait banale, commune, gérante d’une mercerie, assez satisfaite de son existence, décide un jour de participer à l’Euro Millions, elle avait une chance sur un million de gagner et cette chance s’est confirmée. Que faire avec tout cet argent ? Et comment l’annoncer à ses proches ?



Un livre de moins de 200 pages mais qui vous permet d’affronter avec beaucoup plus de béatitude les tracas quotidiens et les habitudes peu excitantes de la vie. Le personnage de Jocelyne, au fil de la lecture, arrive à nous faire apprécier chaque petit moment simple de nos journées. Des messages affectueux de lectrices assidues de vos chroniques. La fidélité de votre mari. Un repas entre copines. Ce sont ces instants d’apparence banals que nous délivre Jocelyne avec un enthousiasme communicatif. Cette femme approchant la cinquantaine, n’est pas une femme au physique parfait, et sa vie reste quelconque : son mari Jocelyn n’est un très séduisant mais son affection lui suffit, la mémoire de son père ne tient pas plus de  6 min, ses enfants lui rendent peu visite et elle vit modestement grâce à son travail de mercière et bloqueuse couture à ses heures perdues. La vie de cette femme n’a pas toujours été facile entre ses aléas amoureux et conjugaux, la perte troublante de sa mère, ses traumatismes en tant que mère, elle a connu la souffrance et la dépression. Pourtant, malgré une désillusion complète et des rêves de jeunesse évanouis, elle se contente de ce qu’elle a ;  mais ce ticket gagnant va chambouler ces certitudes.




On découvre tout le cheminement intérieur de cette femme qui ne sait réellement comment affronter cet Ã©vénement peu commun. Le récit reste assez tranquille jusqu’à un épisode dont on n’attend pas l’arrivée et qui apporte une nouvelle perspective à l’histoire. La vraie question qu’occupe tout le roman est la suivante : l’argent peut-il faire notre bonheur ? Le roman ne donne la réponse. J’ai vraiment apprécié ce livre qui nous appelle à accepter la vie telle qu’elle est et de se donner les moyens d’être heureux, car le bonheur ne se résume pas à  une veste Chanel. Quand on tourne la dernière page, on a l’envie soudaine de faire aussi une liste de nos envies, et de prendre la vie avec ses désillusions et ses joies.  Je vous conseille également de lire la postface, très émouvante, où l’auteur confie des rencontres avec des lecteurs qui l’ont bouleversé. La Liste de Mes Envies est un très beau ouvrage sur la beauté du quotidien, et les avantages d’une vie qu’on juge parfois insipide mais qui vaut mieux que plusieurs millions d’euros !

aibileen

La Couleur des Sentiments

01:22


de Kathryn Stockett

DU LIVRE AU FILM
« Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. (…) Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. (…) La jeune bourgeoise blanche  et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. », La Couleur des Sentiments, édition Babel

On rêve tous de vivre dans une époque antérieure : certains s’imaginent dans les années 60, un verre de milkshake à la main en chantant un air de West Side Story dans une décapotable étincelante… Pourtant chaque époque à ses revers, et les Etats Unis dans les sixties sont rythmés par une discrimination excessive envers la population noire. Ce livre retrace le quotidien des bonnes à tout faire dans les riches familles blanches américaines à Jackson (Mississippi), et qui s’occupent des enfants des blancs.

          
Pendant un an nous suivons l’aventure de trois femmes qui veulent changer les choses grâce aux mots, en révélant au monde les conditions de ces bonnes noires. Même si des sujets durs sont évoqués comme l’inégalité ou la violence conjugale, il demeure une ambiance légère et amusante ; qui impulse la possibilité de vivre heureux même dans l’adversité.

Je suis tombée amoureuse de ce livre ; et le film réalisé par Tate Taylor m’a fait apprécier davantage cette histoire. Dans l’Å“uvre, nous sommes plongés dans le regard rétrospectif de trois femmes : Aibileen, Minny, deux domestiques noires et Skeeter, jeune femme blanche fraîchement diplômée et journaliste novice. Grâce à ce procédé narratif, nous découvrons intimement leurs habitudes journalières ; et nous comprenons plus le comportement des personnages et leurs pensées. Une série de protagonistes sont présent : Aibileen est une vieille femme touchante et émouvante qui reste aimante malgré les mauvais traitements de ses employeurs, sa relation avec la petite Mae est craquante. Aibileen impose son courage en enclenchant l’écriture du livre « The Help ». Minny donne à l’Å“uvre sa dimension joyeuse et pimentée : réticente au départ, elle nous confie ensuite ses anecdotes les plus drôles avec une parole un brin insolente. Je me suis vraiment attachée à sa relation avec sa nouvelle patronne, la délurée et l’extravertie Celia Foote. Hilly Holbrook est le personnage que l’on déteste obligatoirement et qui nous agace, nous énerve tout au long du livre ; on voudrait parfois lui donner des claques. Elle incarne la femme au foyer fier, rigide et intolérante. Elle gouverne la ville de Jackson et son cercle d’amies d’une main de fer.  Enfin Skeeter reste mon personnage préféré. Je me suis un peu retrouvée dans sa personnalité, même si je ne pense pas être aussi déterminée et bornée qu’elle. Elle ose peu à peu affirmer sa différence ; elle est aux antipodes des jeunes femmes de son âge, elle travaille dans un journal local rêvant d’intégrer Harper & Row, et ne cherche pas à trouver à tout prix un mari. Son côté écrivain et révolutionnaire pour dénoncer les règles de cette société ségrégationniste m’a plu. Quand bien même quelques protagonistes paraissent stéréotypés comme Celia Foote, Kathryn Stockett donne une humanité et un réalisme à ses individus en détaillant leur psychologie et les obstacles de la vie qu’ils affrontent secrètement.


Parlons du film. Que dire, si ce n’est que cette adaptation est très réussie. Tous les acteurs sont talentueux et jouent leur rôle à la perfection. Redécouvrir cette histoire en image apporte une nouvelle lecture à ce récit ; nous sommes plus extérieurs aux évènements mais nous n’en sommes pas en moins touchés. Je ne pouvais par ailleurs qu’approuver ce film sachant que l’incroyable Emma Stone incarne Skeeter tel que je me l’imaginais, j’étais ravie de voir cette actrice que j’apprécie dans ce rôle. Je ne vous cache pas qu’à chaque fois que je le regarde, je verse ma petite larme.  Alors, n’hésitez pas à vous lancer dans la lecture ou le visionnage de « La Couleur des Sentiments », replongez dans les années 60, et vivez le combat de femmes différentes réunies pour clamer l’égalité entre les populations ! 

COUP DE COEUR

Avez-vous lu ou vu La Couleur des Sentiments ?

article

Boule de Suif

10:11


« Maupassant saisit  dans leurs côtés cruels les réalités de la vie, non sans dégager cet amalgame de bourgeois avides et d’humiliés perdus une poésie âcre et forte », Boule de Suif, édition Livre de Poche

Dans ce recueil de  vingt-deux nouvelles, Maupassant exploite le monde des petits bourgeois et des paysans où se mêlent les affaires amoureuses, la vengeance et surtout l’ironie du sort. L’auteur joue avec les protagonistes, avec un certain humour noir ; il les met dans des situations inconfortables, parfois comiques mais aussi prévisibles quand le lecteur comprend son jeu d’écriture.
On y retrouve des évènements historiques, un thème majeur de la guerre, et le rapport entre les français et l’ennemi prussien.  « Boule de Suif » est le récit le plus long de ce recueil, il est aussi pour moi, le drame le plus touchant, l’auteur fait preuve d’une narration circulaire qui appuie davantage le destin tragique de la jeune femme éponyme du livre. Nombreuses de ces « short stories » ont une fin dramatique, saupoudrée par une ironie marquante. Pourtant ces textes sont très variés : « La moustache », véritable éloge amoureuse se conclut avec une anecdote effrayante, des récits frôlent avec la folie et le funeste comme « La Chevelure » ou « Auprès d’un mot ».  Difficile de les départager, néanmoins « La Dot », « La Parure » et « Rose » font partie de mes favoris ; les femmes et leur destin sont les principales cibles de Maupassant, et il se joue de leurs aventures. Il s’amuse aussi des situations cocasses pour ridiculiser ses personnages. D’après moi, « Le bonheur » est une nouvelle poétique et romantique, assez éloignée du portrait de l’amour fait généralement par le romancier. Je vous en ai gardé un léger extrait « Je la contemplais, triste, surpris, émerveillé par la puissance de l’amour ! (…) Elle n’avait jamais eu besoin que de lui ; pourvu qu’il fût là, elle ne désirait rien. Elle avait abandonné la vie, toute jeune, et le monde, et ceux qui l’avaient élevée, aimée ». Je ne me suis pas attardée sur tous les récits, je vous laisse découvrir par vous-même l’environnement et les relations qui tissent l’auteur.
J’attache une grande affection aux écrits de Maupassant, je trouve son style poétique et très fluide à la fois. L’écrivain cache une sensualité qu’il dévoile grâce à des images. Maupassant est un des auteurs classiques avec qui je n’éprouve aucune lassitude en lisant ces ouvrages. Boule de Suif est vraiment un petit bijou, très rapide à lire, et distrayant par la diversité de ses épisodes ! 
(je ne donne pas de note aux "classiques" de la littérature pour la simple raison que leur intemporalité leur attribue un statut de chef d'oeuvre que l'on ait apprécié ou non la lecture)

Avez-vous lu une oeuvre de Maupassant ? Quels sont vos avis ?

anglais

The hunger games

04:25

The hunger games, Tome 1 
Première lecture en VO avec une valeur sûre : THE HUNGER GAMES de Suzanne Collins

"May the odds be ever in your favour. (…) Winning will make you famous. Losing means certain death", The Hunger Games, tome 1, édition Scholastic

Les Etats-Unis sont divisés en 12 districts soumis à l’autorité de la dictature et du président Snow. Contre toute rébellion, le gouvernement organise chaque année les Hunger Games, évènement retranscrit à la télévision où une fille et un garçon de chaque district se battent à mort dans une arène. On découvre le personnage de Katniss, qui prend la place de sa jeune sÅ“ur, Prim, dans les jeux,  et elle devient la mythique « Girl On Fire » aux côtés de l’autre tribu sélectionné, Peeta. Bref, j’imagine que le topo tout le monde le connaît.
Que dire que avant même de commencer cette lecture j’étais déjà enchantée. J’avais déjà lu le premier tome il y a bien longtemps et je souhaitais me lancer dans un livre en anglais, alors j’ai privilégié une histoire que je connaissais. La couverture française n’est pas si différente, mais je reste davantage envoûtée par l’édition originale qui est plus épurée et esthétique d’après moi.

J’avais beaucoup aimé ce roman à ma première lecture et en le relisant je l’ai aimé encore plus. Les dérives des téléréalités et ses extrêmes sont clairement montrés dans cet ouvrage. Certaines anecdotes m’ont un peu rappelées 1989 de G. Orwell, mais cela reste une impression personnelle. Cette dystopie répond clairement aux codes d’un régime tyrannique avec les inégalités flagrantes, le manque de libre-arbitre sur ses pensées et ses choix. L’aspect de scénarisation pour attirer les sponsors m’a beaucoup plu, car dans nombre d’émissions aujourd’hui, et n’est pas rare de trouver des éléments orchestrés, ce qui créer un effet miroir  et renvoie à des pratiques qui se font dans notre société. Les jeux demeurent l’épisode le plus palpitant, où Suzanne Collins joue avec les émotions et les attentes de son lecteur surtout par rapport aux relations entre les personnages (dont la relation entre Peeta et Katniss) et aux confrontations physiques parfois brutales.
Les protagonistes sont bien approfondis, on entretient un lien différent avec chacun d’eux. Katniss incarne vraiment ces héroïnes qui m’inspirent et dont j’admire leur courage et leur témérité. J’aime les femmes fortes dans leur caractère et leur accomplissement. Ensuite Peeta. J’étais contrainte de l’évoquer, étant donné qu’il reste mon favori, son côté un peu dépendant de Katniss mais à la fois résistant et brave pour ceux qu’il aime, est touchant. Dès le départ, il est vu comme un perdant par son entourage mais Katniss lui attribue un héroïsme, il devient pour elle et pour nous, lecteurs, un héros au grand cÅ“ur. Vous vous imaginez bien que mon cÅ“ur penchait directement pour le couple Peeta et Katniss.  Les autres personnages accordent eux aussi une importance à l’histoire, Haymitch  l’ivrogne dont on se méfie qui devient un protecteur pour les tribus, Cinna le styliste qui fournit à Katniss sa popularité, l’incroyable Effie aussi bien déconnectée de la cruauté de ce système que attachante et enfin, Gale le meilleur ami, le confident et  le petit ami potentiel. Tant de personnages qui donnent un charisme à l’histoire grâce à des comportements et des points de vue divergents.

L’anglais n’est pas devenu un obstacle ; je ne pourrai pas traduire chacun des mots mais pour une personne avec un niveau d’anglais moyen, la langue n’est pas un problème. La lecture reste fluide et compréhensible. Donc pour tous les fans de cette série dystopique, respirez un bon coup et redécouvrez  le texte de Suzanne Collins, libéré des arrangements qu’occasionne la traduction.
COUP DE COEUR
Gwendoline

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07:52


Pour le lancement du blog, j'ai décidé de faire un article un peu spécial, en vous présentant le premier et le dernier livre que j'ai lu, j'espère que ça vous plaira.


" Ce recueil de contes et d'histoires est un petit trésor pour tous ceux que les Fées, les Oursons, les Princes et Princesses font rêver. Entièrement illustré cet ouvrage est un voyage dans un monde merveilleux" Mon Petit Livre de Contes, édition France Loisir

Ce livre a bercé mon enfance et mes premières lectures, une série de contes que je ne quittais pas, et qui a toujours une valeur sentimentale à mes yeux. Plus de 70 petits contes, que j’ai découverts et que je redécouvre aujourd’hui. Des mots simples racontent les histoires d’enfant les plus connues, comme La Petite Sirène ou La Belle au Bois Dormant, et d’autres inattendues, avec des aventures d’ours ou d’animaux. Ces petits récits ne font pas plus de quatre pages, les Ã©vénements s’enchaînent rapidement mais récapitulent avec brio chaque fiction. De magnifiques illustrations, colorées et de styles différents, habillent les pages. Certaines m’ont plus marquées que d’autres.  Ainsi, la lecture est double : les images complètent les mots, elles donnent une attractivité à la narration et permettent de garder en tête les faits marquants de ces contes.  

Par conséquent, c’est un petit livre mais qui détient une grande place dans ma bibliothèque et dans mon âme d’enfant. A lire, et à relire avec nostalgie.    


L'ELITE  de Kiera Cass  
                

"Elles étaient 35 candidates elles ne sont plus que 6. Trois cents ans ont passé et les Etats Unis ont sombré dans l'oubli. De leurs ruines est née Illéa, une monarchie de castes. Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne.", La Sélection, Livre II, édition Robert Laffont


L’étau se resserre pour les candidates de la Sélection. Elles ne sont plus que 6 à prétendre au titre de reine et d’épouse du beau prince Maxon.  On retrouve avec enthousiasme le personnage d’America Singer. L’élite du royaume d’Illéa est menacée par la pression de révoltes grandissantes. America est confrontée à de nombreux dilemmes : entre sa relation ambiguë avec Maxon, les avances d’Aspen et les secrets que dissimulent la famille royale et ses ascendants, la jeune femme est en quête d’elle-même et d’une vérité cachée.
J’ai beaucoup apprécié replonger dans cette dystopie aux apparences légères et distinguées où l’histoire commence peu à peu à faire émerger un brin de révolution. Les attaques des Régénats se multiplient. Les faces cachées de la politique royale se mêlent avec les noirceurs familiales.  Dans ce tome, Illéa ne paraît plus si isolée du monde, des actions extérieures interviennent.


La compétition dans La Sélection reste présente,  les rivalités et  les rebondissements entre les candidates s’accentuent. On retrouve des personnages que l’on a aimé ou non, pas si différents du premier tome, qui évoluent au travers du regard d’America. On reste toujours attaché à America, elle nous livre ses impressions, ses attentes et elle se montre davantage curieuse et impliquée à découvrir le passé d’Illéa.
La relation amoureuse demeure un thème principal. Le triangle amoureux entre America, Maxon et Aspen rythme le récit. Je dois avouer que je ne raffole par de ce dilemme amoureux, et ces sentiments toujours tangents entre les protagonistes. J’ai été emporté par les pages, désireuse de savoir qui remportera le cÅ“ur d’America. Pourtant, America ne reste pas passive, elle se montre déçue et parfois déterminée à gagner l’affection d’un des deux hommes.
Le prince Maxon a été un réel coup de cÅ“ur. J’ai aimé le caractère mystérieux et énigmatique qu’il avait dans ce second volet ; on redécouvre ce personnage et, à la fois son comportement ambivalent attise notre curiosité jusqu’à la fin du roman. Maxon devient un élément révélateur des revers de la gouvernance royale.

Finalement, ce roman complète parfaitement le premier livre  de la Sélection, et j’attends avec impatience le dernier tome de cette trilogie en espérant voir davantage de courage chez America et curieuse de connaître le dénouement de cette histoire. Une trilogie à saisir qui ne vous décevra pas

Gwendoline

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