août 2018

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

11:53

de Joel Dicker


« Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence d’Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. », La vérité sur l’affaire Harry Quebert, éditions de Fallois

Une histoire d'écriture devenue le récit d’un meurtre raconté, d’une vérité rétablie pour sauver l’innocent. Marcus Goldman (le Formidable du lycée); un jeune homme qui a appris à perdre aux côtés de son professeur et mentor, Harry Quebert, pour devenir l'écrivain qu'il a toujours idéalisé. Premier roman. Des millions d'exemplaires vendus. Son visage, placardé sur toutes les vitrines de librairies. Il incarnait son rêve. La célébrité. La reconnaissance. L'argent. Formidable, il l'était. Jusqu'à que cet écran de fumé fragile et éclatant s'évapore. Son appartement se vide. Les affiches dans les librairies se décrochent. Une seule personne le harcèle au téléphone : son éditeur, bavant devant les juteux bénéfices qui lui procureront son deuxième roman. Un deuxième roman aussi vide qu'une page blanche. Un an s'écoule et Marcus n'a pas écrit un mot. Alors il retourne chez le seul le seul homme qui avait démasqué l’imposture du Formidable : Harry Quebert. Ancien professeur. Écrivain à succès. Amoureux en secret. Un amour dévoué et interdit qui a inspiré son plus grand roman : Les Origines du Mal. Un amour destructeur qui propulse Quebert derrière les barreaux ; le jour où le corps de la jeune Nora, 15 ans, disparue 20 ans plus tôt, est trouvé dans son jardin. Quebert est accusé. Sa réputation part en feu.

Marcus ne peut croire en la culpabilité de son plus proche ami. Il décide de percer les secrets qui se cachent derrière les yeux bleus Nora Kellergan. Il plonge sa plume dans les entrailles de cette petite ville du New Hampshire où chaque habitant a déjà croisé le visage angélique de la douce Nora.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert. Un titre qui tournait sur internet. Un titre qui tournait en librairie. Mais moi j'avais commencé avec Le Livre de Baltimore. Tout en gardant cette fameuse affaire Quebert dans ma tête. Sans même connaître un mot de cette histoire. Cet été, je l'ai trouvé sur la table de chevet de ma mère et c'est ainsi que j'ai quitté  New York avec Marcus Goldman pour éclairer les recoins les plus sombres qui habitaient les âmes de New Hampshire.

Joël Dicker modèle son récit comme un roman américain. Il plante le décor d'une Amérique en soif de consommation et de succès; une Amérique en soif de scandale ; une Amérique conservatrice ; une Amérique antithétique (de la grosse pomme à la petite ville hors du monde; de l'American Dream à la destruction d'une réputation). Un premier coup d'œil pour tracer les traits lisses de nos personnages : l'écrivain vénéré à succès; la douce fille du Pasteur au cœur léger et travailleur, la serveuse amoureuse, le flic trop timide pour avouer ses sentiments... En surface ils sont des archétypes : des visages déjà vu et faciles à cerner. Un deuxième coup d'œil : Marcus gratte avec la pointe de son stylo le masque de ces personnages qui se révèlent bien plus secrets et complexes qu'il n'y paraît.

L'auteur s'attarde ; il multiplie les détails. Sans pour autant endormir son lecteur grâce à un entrecroisement constant de récits : l'été 1975 (le temps de cette romance cachée), l'année 2008 (corps retrouvé, romance révélée, le scandale Harry Quebert est lancé) et les années d'université de Marcus (quand petit protégé du grand écrivain apprend à écrire). Je ne me suis pas ennuyée un instant. J'étais certes bien plus impliquée dans la résolution de cette enquête que dans la romance très pure et  un peu '' gnangnan'' entre Quebert et Nora.  Comme Marcus, j’épiais chaque indice et mettais en scène des scénarios les plus farfelues les uns que les autres. Certaines déductions se sont confirmées ; d'autres non.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert est un bon roman à suspens. Des pistes s’ouvrent, d’autres se ferment, certaines restent condamnées jusqu’au dénouement final. Le récit ne manque de rebondissement et de petites révélations qui donnent à cette intrigue son aspect addictif.

« Lorsque vous arrivez en fin de livre, Marcus, offrez à votre lecteur un rebondissement de dernière minute. … il faut garder le lecteur en haleine jusqu'au bout »

La vérité sur l’affaire Harry Quebert ; un roman addictif, un jeune écrivain qui change sa plume contre un dictaphone de détective pour innocenter son plus proche ami. Un combat vers la vérité qui ternira une histoire d’amour gardée sous cloche pendant des années…

★    

2018

Trouble vérité

00:55

de E. Lockhart


« Que fait Jule dans un hôtel de luxe au Mexique, avec une valise pleine de perruques, de maquillage et de tenues différentes ? Et où a disparu la mystérieuse et charismatique Imogen ? De Las Vegas à New York, en passant par Londres et San Francisco, on déroule le fil de l'histoire d'une amitié dangereuse entre une héritière en fuite, orpheline, tricheuse, et une sportive, caméléon social que rien n'arrête. Mais qui est Jule ? Et qui est Imogen ? », Troublé vérité, ed. Gallimard Jeunesse

Un roman à pendule : tourner la manivelle, remonter les poids lentement sous le cliquetis des engrenages qui inversent le temps. Un texte labyrinthique : le lecteur remonte le fil d’Ariane ; il ne cherche pas la sortie mais le cÅ“ur du labyrinthe ; là où loge le monstre, l'immonde vérité, qu'on ligote et cache dans les profondeurs de notre esprit.

Quelques mots pour poser le décor, pour rencontrer l’héroïne principale. L'intrigue n'attend pas. Elle avance en nous laissant dans un nuage d'interrogations. Ou plutôt elle recule. Un hôtel de luxe au Mexique. Une jeune femme à l'accent britannique qui fuit en catimini une soirée devinette, à l'arrière d'une voiture. Un billet d'avion. Une perruque. Passeport numéro 3 et le sablier s'écoule. Les chapitres s'égrainent ; et de page en page, on revient à la source de cette histoire : Jule Williams et son amitié avec Imogen; cette gosse de riche au cÅ“ur vagabond. Une amitié intime et destructrice qui amène Jule à fuir le reste du monde.

La fin de ce roman n'a pas été aussi soufflante que Nous Les Menteurs mais tout comme son premier roman j'ai dû prendre un temps de recul pour réaliser toute la complexité de ce récit notamment dans la construction de son héroïne et son état mental. E Lockhart reprend les codes qui ont fait le succès de Nous Les Menteurs : une complexité narrative et psychologique évoluant dans une atmosphère secrète, pesante et glaçante. Son écriture reste tout aussi frappante et épurée. Ses phrases se tissent autour du lecteur ; une fois la lecture commencée on ne peut se délivrer de leurs liens. On grignote chaque mot jusqu'à la dernière page sans s'arrêter car ce sont dans les dernières bouchées qu'on tombe sur la vérité.

Quelques écrans de fumée survolent les pages. Ces zones d'ombres se révèlent dans les souvenirs ou les pensées brumeuses de Jule. On s'interroge sur ces instants sans réponse. Est-ce un oubli ? une incohérence ? le personnage nous ment-il ?  transforme-t-il la réalité ? Ce sont de courts moments, insignifiants dans l'avancée de l'intrigue. De courts moments de libre interprétation qui jouent sur la vraisemblance et ce pacte de sincérité entre le narrateur et le lecteur qu’E. Lockhart a toujours aimé chatouiller. Des instabilités sûrement volontaires pour illustrer la richesse du personnage et sa psychologie instable ; et ainsi comprendre les traumatismes qui ont créé ce portrait caméléon.

Aujourd'hui rien n'est plus bancal et abstrait que cette chronique comme l'était celle de Nous Les Menteurs; comme le sont chaque roman d’E. Lockhart qui mêle une part de mystère et de non-dits avec une dimension psychologique très bien travaillée.

Trouble vérité : une femme caméléon en fuite, victime d'un furieux désir d'être aimé ; elle court contre les souvenirs du passé qui défilent dans ce sablier que le lecteur tient entre ses mains.

★   ★ ✩ 

Gwendoline

2018

Qui ment ?

00:38

de Karen MacManus


« Dans un lycée américain, cinq adolescents sont collés : Bronwyn (l'élève parfaite), Addy (la fille populaire), Nate (le délinquant), Cooper (la star du baseball) et Simon (le gossip boy du lycée). Mais Simon ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle...  Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n'est pas accidentelle. Dès lors qu'un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d'eux est découvert, Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre. », Qui Ment ?, édition Nathan

La cloche sonne. Les portables résonnent dans quatre sacs. La sanction tombe : une heure de colle. Cinq adolescents rejoignent la classe en traînant des pieds. L’aiguille tourne. Jusqu’à ce que le « clic clac » de l’horloge se bloque. Tout s’arrête. Il tombe. Il s’étouffe. Il meurt. Une mauvaise journée qui vire au cauchemar. Le quotidien banal de 4 lycéens bascule en une seconde ; quand le monde se remet en marche, ils deviennent les seuls témoins d’un meurtre.  Mais aussi les seuls suspects. Les médias s’emparent de cette affaire mystérieuse. Les premières pages des journaux diffusent les portraits de Bronwyn, Addy, Nate et Cooper et se posent la même question : qui a tué Simon –le garçon qui lâchait sur son blog chaque petit secret de ses camarades- ? La petite fille modèle promise à Harvard ? La princesse du lycée qui ne décolle jamais les yeux de son petit-ami ? Le jeune délinquant avec un père alcoolique à la maison ? Ou le sportif aimé de tous ?

Un roman à suspense au goût de mensonge. Un mensonge amer et un peu trop stéréotypé pour moi. Une lecture agréable mais en rien surprenante. Quelques sursauts, quelques inattendues et une révélation que je souhaitais plus renversante.  Trop d’attentes ? Un titre et un synopsis trompeur ? J’espérais me faire tromper, malmener par ces héros narrateurs qui dévoilent à chaque chapitre leur point de vue sur ce meurtre, cette enquête et son avancée. J’avais plus l’impression de lire une enquête du Club des Cinq avec le Breakfast Club. Bon, j’exagère un peu.

La fin n’est en rien mauvaise. Les personnages sont attachants et on les voit se libérer des stéréotypes qui collent à leur peau au fil du roman même s’ils gardent une enveloppe très lisse – leurs petits secrets n’ont rien d’exceptionnels et font juste de ces êtres de papiers des ados normaux et humains-.Nate et Addy restent les personnages que j’ai préféré suivre : bien plus complexes notamment à cause de leur contexte familial, bien plus travaillés ; cette enquête les invite à se remettre en question sur eux-mêmes et ils connaissent une belle évolution (surtout Addy) !

 Quand les complices sortent de l’ombre, la révélation finale nous éclate au visage et l’action monte crescendo. Contrat rempli. Néanmoins ce roman se termine avec un murmure de déception : « j’espérais mieux ».

Qui ment ? est un bon roman à suspens jeunesse, sauf si vous avez trop d’attentes ou que vous êtes le genre de détective-lecteur à échafauder les scénarios les plus hallucinants.

★   ✩ 

Gwendoline 

2018

Sept jours pour survivre

02:04

de Nathalie Bernard


« Nita, une adolescente amérindienne est kidnappée à Montréal et se réveille dans une cabane perdue au cÅ“ur de la foret canadienne enneigée. Qui l'a emmenée ici et pourquoi ? Une chose est sûre : c'est seule qu'elle devra affronter les pires prédateurs. Du côté des enquêteurs, les indices sont rares. Une course contre la montre s'engage. Nita a sept jours pour survivre. », Sept jours pour survivre, édition Thierry Magnier

Un frisson glisse sur la peau. Les muscles se contractent. Le corps s’accroche aux vêtements qui le protègent du froid. Accélérer le pas. La porte claque. Une chaleur douce enlace cette silhouette glacée. Un chocolat chaud fume. Construire sa tanière sous un plaid. Ouvrir Sept jours pour survivre. Soudain tout est blanc, froid, mort. Un silence sourd. Les animaux sont tapis sous terre. Une cabane en bois, brimbalante, se drape d’un manteau cristallisé. Une brise d’air glaciale mord la petite ombre couchée sur le squelette d’un vieux matelas. Une âme tremble de peur, tremble de froid. Nita. Une adolescence amérindienne. Passionnée de photographie. Enlevée à son cocon familial le jour de son anniversaire. Séquestrée par un dérangé. Emprisonnée dans une vieille cabane. Une minuscule empreinte humaine dans une mer d’arbres. Dans cette forêt, Nita se retrouve seule : seule contre son ravisseur, seule contre les éléments naturels, seule contre elle-même.

J’ai vécu une soirée angoissante et glaçante. Une nuit pour découvrir Nita. Son combat pour survivre. Une lutte physique et mentale. Ce thriller m’a transportée à Montréal dans cette prison d’hiver. Nathalie Bernard immerge son lecteur dans sa fiction : ses mots vous capturent dès les premières pages ; ils s’emparent de vos émotions. Angoisse. Suspense. Le sablier est tourné. Les jours s’égrainent. Chaque jour : une nouvelle épreuve. Et deux ultimatums : vivre ou mourir. Dans le récit, l’auteur décrit les grands espaces, la richesse de la Nature, sa beauté imperturbable et cruelle face à notre toute petite présence humaine. Des paysages grandioses ont soufflé sur le papier : autant fascinants que terrifiants ! Des bulles d’airs nous libèrent de cette tension. Le narrateur s’engouffre sous les uniformes des enquêteurs. Un duo acharné. Déterminé à retrouver la jeune fille en vie. Plusieurs panoramas s’enchaînent : comprendre l’environnement familial de Nita, relier sa disparition à d’autres cas similaires et démasquer le coupable. Plus qu’un thriller, ce roman est un écho à un pan oublié de l’Histoire : la condition des Amérindiens, le respect de leur culture au Canada au cours du XXe siècle, et, la violence faite aux femmes autochtones.

Sept jours pour survivre : la promesse d’un roman initiatique, d’un thriller glaçant et d’une découverte culturelle. Le roman d’une nuit pour frissonner et comprendre la signification du mot « survivre ».

★    

Gwendoline

2017

La Cave

08:34

de Natasha Preston


« Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle. Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lila. », La Cave, édition Hachette

C’est l’histoire d’un jeu. D’une main détraquée amoureuse des fleurs. Elle les arrache à leurs tiges, à leurs familles et les enferme dans une boîte. Une toute petite boite, isolée du monde. Comme des poupées, cette main habille ces fleurs et les emprisonne dans un rôle. Obsédée par leur beauté, elle ne voit pas que ces fleurs perdent leurs couleurs et menacent de se faner. Rose, Iris, Violette : trois pétales condamnés et un espoir desséché. Lila est une fleur fraîchement coupée. Enlevée de ses parents, son frère et son petit ami, elle veut quitter cette boîte par tous les moyens. Cette jeune fille refuse d’agir comme les autres fleurs dociles : elle ne sera jamais Lila, l’objet de ce monstre. Elle reste Summer et l’adolescente est déterminée à s’enfuir. Seulement pour s’échapper, il faut déjà survivre aux règles imposées dans cette cave…

Peu habituée aux récits angoissants et psychologiques, je me suis lancée dans la lecture de La Cave, intriguée. Rapidement, le quotidien de Summer bascule, une nuit où elle se rend à une fête. Adieu ses préoccupations d’adolescente, la voilà jetée dans une cage, fermée à double tour, avec des jeunes femmes toutes aussi étranges que son kidnappeur. Un combat intérieur s’enclenche avec elle-même : coincée entre quatre murs elle doit jongler entre deux personnalités pour survivre : la jeune femme qu’elle est vraiment qui garde l’espoir d’une délivrance et Lila, cette fleur muette, pure et soignée que chérit Trèfle, le gardien de ce jardin. Autour de la détresse de Summer se noue d’autres points de vue : Lewis, le petit ami, et Trèfle. Ces variations ont l’avantage d’inclure du dynamisme au récit mais révèlent également la bête noire de l’histoire : les personnages et leur construction.

Tous les protagonistes et surtout les héros manquent de profondeur ; ce roman tend vers le young adult à cause notamment de ses thèmes forts (séquestration, viol, syndrome de Stockholm, troubles psychologiques) sauf que la psychologie des personnages est survolée. Le point de vue de Lewis ne sert qu’à montrer l’avancement extérieur de l’intrigue. Le point de vue de Trèfle reste décousu, même si l’auteur s’appuie beaucoup sur l’enfance et les souvenirs de son héros, l’esprit détraqué de cet homme reste insaisissable. D’autres personnages auraient mérité un petit peu plus de développement, comme Rose, l’une des séquestrée les plus touchées par le syndrome de Stockholm. Malgré tout, j’ai été agréablement surprise par le détournement final et la conclusion  du récit qui révèlent les séquelles de cette séquestration. J’ai eu le sentiment que l’auteur avait privilégié son héroïne principale et son caractère psychologique au détriment du reste. C’est dommage car l’intrigue reste stressante et déroutante.


Descendez dans La Cave et ouvrez la porte d’un thriller young adult glaçant et psychologique où pour survivre il faut endosser le rôle d’une fleur soumise et délicate. 

★   ✩ 

Gwendoline

2016

Le Cercle

07:31

de Bernard Minier


« Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie. Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s'acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d'étudiants réunissant l'élite de la région ? Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d'anciennes et terribles blessures et faire l'apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens. », Le Cercle, édition Pocket

Un nouveau thriller pour cette semaine.  Après un thriller psychologique qui m’avait laissé un goût amer, j’espérais que Le Cercle de Bernard Minier allait me consoler avec les polars. Et ce fut le cas. On peut prendre peur en voyant les 800 pages qui nous attendent. L’auteur nous submerge de détails, d’éléments en tout genre. Chaque lieu et chaque personnage même secondaire sont décrits avec précision. Parfois je me suis demandée pourquoi l’auteur avait fait ce choix ? Une envie de renforcer la vraisemblance du récit ? De brouiller les pistes ? Une impression de décousu, pour finalement constater que c’est un thriller très bien ficelé. Chaque intervenant dans l’Å“uvre a un impact, un lien avec l’enquête. Rien n’est superflu. On nous déploie une série de suspects pour nous surprendre encore plus lors du dénouement. Mais ne nous embrouillons pas ; repartons du début.

Le Cercle qu’est-ce que c’est ? C’est l’histoire d’un meurtre. D’une enquête à Marsac près de Toulouse. Claire Diemar, une enseignante de culture antique au lycée de Marsac est retrouvée morte dans sa baignoire. Un spectacle des plus étranges s’offre aux enquêteurs présents. Un premier suspect est arrêté. Mais rien n’est simple. Le commandant Martin Servaz et son équipe vont découvrir que ce meurtre cache de lourds secrets, des blessures impossible à cicatriser et un lien étrange entre les différents élèves de prépa. Martin Servaz, lui-même ancien élève au lycée de Marsac, va être contraint de faire face à son passé et à d’anciennes connaissances. Plus il approchera de la vérité plus il mettra sa vie en danger. Les dernières pages défilent sous nos doigts, si proche de l’heure des révélations on ne veut plus lâcher ce livre.  Qui a tué Claire Diemar ? Un homme jaloux ? Un élève rancunier ? Un tueur en série vivement recherché ? Les paris sont ouverts.

Cette enquête se déroule deux ans après les épisodes contenus dans le premier roman de B. Minier : Glacé. J’ignorais totalement que ce livre était une suite et cela n’a pas été un problème. Le héros reste le même mais l’intrigue est bien différente.



L’aspect à la fois déstabilisant et très dynamique de ce thriller, c’est que dans chaque chapitre se fracture différentes scènes, différentes focalisations sur les personnages qui constituent cette histoire. Certes le commandant Servaz reste le point central du récit. Mais il nous arrive de suivre, par exemple, sa fille Margot, en hypokhâgne, qui espionne les comportements étranges de ses camarades ou le quotidien dramatique d’une femme séquestrée par un détraqué sexuel.  En tant que lecteur, on ne peut s’empêcher d’enfiler nous aussi notre costume de détective :  on récolte les informations, on monte nos scénarios et comme notre héros on en oublie  ce qui est devant nos yeux. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas déçus, la vérité éclate, nous stupéfait. Ce roman à suspense ne laisse pas de marbre.

Bien entendu c’est un thriller pour adulte, donc attendez-vous à des scènes qui vous surprennent, vous dégoûtent parfois.


Le Cercle, toute la vérité se cache dans ce titre. Donc si vous voulez vous lancer dans un thriller où la peur règne au cÅ“ur d’une ville et d’un lycée, où personne n’est innocent, ce polar est fait pour vous ! Découvrez cette glaçante vérité dissimulée derrière les secrets, les manipulations et l’orgueil. 

Gwendoline

2016

Ma Meilleure Ennemie

11:01

de Paula Daly


« Natty et Sean forment un couple heureux depuis le lycée. Après avoir travaillé très dur, ils sont aujourd'hui propriétaires d'un charmant petit hôtel et mènent une vie confortable dans la région des Lakes au nord ouest de l'Angleterre. (…) Alors que la plus jeune de leurs filles, Felicity, est en voyage scolaire en France, Eve, la meilleure amie de Natty, vient lui rendre visite. Psychologue de renom, elle a toujours soutenu Natty dans les moments difficiles. Quand l'école appelle Natty pour lui annoncer que Felicity est gravement malade et vient d'être hospitalisée, Natty n'hésite pas une seconde et part en France au chevet de sa fille. (…) Lorsque Natty rentre enfin chez elle, après une dizaine de jours, c'est le choc : Sean lui annonce qu'il est tombé amoureux d'Eve et qu'il veut divorcer. Tout s'écroule autour de Natty. Elle n'a pas d'autre choix que de tenter de faire face, au moins pour ses filles, et d'accepter la fatalité. Mais un jour, elle reçoit une lettre : Eve aurait déjà agi ainsi à plusieurs reprises, avec des conséquences dramatiques. Natty va alors se lancer dans une bataille très dangereuse ... », Ma Meilleure Ennemie, édition Le Cherche Midi

Psychologie. Manipulation. Une famille qui éclate en mille morceaux. Des secrets enfouis ressurgissent. Ma Meilleure Ennemie relate le déchirement d’un couple et la trahison d’une amie. Natty et Sean sont gérants d’un hôtel en Angleterre. Ils vivent confortablement avec leurs deux filles. Leur couple bat de l’aile et tout s’aggrave lorsqu’une amie de longue date, Eve, vient leur rendre visite. En urgence, Natty abandonne son mari et sa fille ainée pour rejoindre sa fille Félicity hospitalisée en France. Eve lui promet de veiller sur sa famille. A son retour, c’est le déhanchement. Son mari la quitte pour son amie d’enfance. Natty est démoralisée. Un mystérieux mot va la pousser à enquêter sur cette amie qu’elle pensait connaître. Rattrapée par les erreurs de son passée, elle devra être prudente pour éviter de se brûler les ailes. Que va-t-elle découvrir sur Eve ? Des choses qu’elle n’avait pas imaginées ….

Mon avis sur ce livre tiendrait en quelques mots : bon thriller mais un démarrage très lent. Personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt de cette histoire avant le milieu du roman (vers la page 200). Les scènes s’enchaînent, les points de vues d’Eve et de Natty se croisent, on devine facilement la suite des évènements même si on ne comprend pas vraiment les motivations des personnages. Je me suis énormément ennuyée durant cette première partie du roman. L’alternance de points de vue entre les différents protagonistes dans un même chapitre n’est pas ce que je préfère. La mise en place de cette manipulation affective aurait dû m’interpeller mais au contraire, j’ai trouvé certaines scènes inutiles et inintéressantes. Néanmoins dès que Natty débute son enquête pour découvrir qui se cache derrière le nom d’Eve, on raccroche au récit. On joue sur deux panneaux : l’aveuglement d’un époux, d’une famille et le dévoilement d’une vie cachée. La vérité surprend. La tension monte. Une atmosphère funeste se fait ressentir lors des dernières pages. Cette rencontre avec Eve brisera à jamais cette famille mais de ces blessures renaîtra une harmonie. J’aurai aimé un épilogue. On clôt ce livre avec un mot à la bouche : vengeance. Cependant que devient cette famille ? Quelle conséquence ce dénouement a eu ? On l’ignore.

Ce thriller n’est pas le meilleur que j’ai pu lire, j’en retiens des longueurs, et un texte peu captivant au départ, même si le portrait d’Eve et les révélations sur ce personnage énigmatique sont intrigantes.

Ma Meilleure Ennemie plaira aux lecteurs de thrillers psychologiques, qui veulent suivre l’histoire d’une manipulatrice machiavélique et insensible. 


Gwendoline

2016

Cité 19

11:35

de Stéphane Michaka

TOME 1 VILLE NOIRE


« Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille... 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire. », Cité 19, édition Pocket Jeunesse

Mêler Histoire et science-fiction semble paradoxal et pourtant Stéphane Michaka relève ce défi dans Cité 19. Paris. XXI ème siècle. Faustine, passionnée d’Histoire et du XIXème siècle, est une jeune adolescente un peu pommée. Une mère absente. Un père aimant gardien au musée d’Orsay.  Elle se forge une carapace de voyou, pas très à l’aise avec son corps, elle cache toute féminité. Elle ne sait pas trop qui elle est. Se cherche. Fais des erreurs. Au moment où elle pense avoir repris son destin en main, tout s’effondre. La police lui annonce que son père a sauté d’une tour. Pourtant le corps à la morgue ne correspond pas à celui de son père. Elle décide de mener secrètement sa propre enquête et elle soupçonne rapidement l’organisation des Illuministes qui harcelaient son père en l’invitant à des soirées nocturnes étranges. Dans une course poursuite avec l’un des hommes de cette organisation mystérieuse, elle atterrit en plein Paris du XIX ème. Une allure de thriller qui se complexifie par la suite. Sans avoir le temps de crier garde, la science-fiction s’ajoute au récit. Cet élément inattendu chamboule l’histoire. L’enjeu n’est plus le même. Passé et présent se répondent, se confondent…

En quête d’une histoire sur le voyage dans le temps, j’ai été agréablement  surprise de découvrir un roman qui jongle entre thriller et science-fiction. Le tout dans un décor très vintage. L’action et l’originalité sont les points majeurs du roman ; et j’admets être impatiente de savoir comment cette histoire va se terminer.


J’ai eu un peu de mal avec les personnages au départ mais ensuite j’ai commencé à apprécier l’héroïne principale : Faustine. Son originalité et son côté androgyne interpellent. Elle se fond avec une immense facilité dans ce Paris de 1800. Un monde où elle a sa place. Où le bac n’est plus la priorité. De nouvelles aventures. De nouvelles rencontres. Qui sont parfois un peu précipitées, notamment celle avec Marion. Les meilleurs amis de Faustine, Morgane et Vikram sont les personnages qui m’ont le moins séduite, ils manquaient de sympathie, de sincérité pour ma part. Néanmoins leur présence dans le récit reste mineure. De nombreux portraits défilent, chacun avec une histoire, une position sociale, un enjeu ; cette grande diversité m’a plu. Tant de personnages que croisent Faustine dans son périple, et qui influencent ses actes. Des actes qui pourraient s’avérer subversif.

Par conséquent, Cité 19 plaira aux lecteurs appréciant l’Histoire et la science-fiction. Redécouvrez Paris, soyez surpris et suivez les péripéties d’une héroïne inédite ! 


chronique

D'après une Histoire Vraie

12:23

de Delphine de Vigan


« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. », D’après une Histoire Vraie, édition JC Lattès

Premier roman de Delphine de Vigan que je découvre. Première découverte. Première surprise. En commençant ce livre, j’avais l’impression que quelque chose de gros se cachait derrière histoire et je ne suis pas trompée. Dénouement inattendu malgré les scénarios que j’avais tissé dans mon esprit. Très bon thriller psychologique, que je vous conseille fortement.

J’en dirai peu. Si avec seulement ces quelques lignes le récit vous tente, alors ne lisez pas la suite et partez dans l’inconnu découvrir « D’après une histoire vraie », vous n’en serez que plus étonnés.

C’est un récit ingénieusement construit et produit. Tout s’ouvre avec un point de vue interne, une narratrice que l’on associe rapidement à l’auteur en elle-même. Cette femme veut s’expliquer. Expliquer cette page blanche qui l’a hanté pendant 2 ans. Une raison : L. , cette femme envoûtante et déstabilisante qu’elle rencontre lors d’une soirée. Son quotidien entouré de ses enfants, ses amies, et son compagnon se perturbe par pigments.  La narratrice nous raconte en détails ces deux années. Certes cet attrait du détail et de la narration peut parfois ralentir le récit et l’action, néanmoins ce sont ces « effets du réel » qui font le succès de ce récit. Le pouvoir de la littérature et des mots. Un jeu délicat entre la réalité et la fiction. On peut rapidement croire à un témoignage si on ne se rattache pas à la mention « roman » en couverture. Tout au long de ma lecture, je gardais en tête ce mot jusqu’à la révélation finale.

C’est un roman sur la manipulation. Suite aux indices semés dans le récit, le lecteur ne doute pas de la manipulation dont est soumise la narratrice mais inconsciemment il baisse sa garde et il finit par devenir l’être manipulé. L’auteur dévoile sa force lors du dénouement et montre son art de persuasion et de tromper.

D’après une Histoire Vraie est un roman dans lequel on se plonge les yeux fermés, ne sachant comment on va ressortir de cette lecture. Attendez-vous à confondre la fiction au réel, à être surpris par la dimension psychologique de ce livre ! 

COUP DE COEUR
Gwendoline

april

Perdue et Retrouvée de Cat Clarke

05:32


de Cat Clarke


« Essayez d'imaginer: Une enfant kidnappée. Une famille déchirée. Lentement, au fil des ans, cette famille va recoller les morceaux. Elle reste un peu fragile, bien sûr, mais toujours unie. Et voilà que l'enfant, devenue adulte, revient à la maison... C'est là que l'histoire commence. Et si la fin du cauchemar n"était que le début d'un autre ? », Perdue et Retrouvée, collection R, édition Robert Laffont

Cette histoire ressemble à un vrai fait divers. Une petite fille de 6 ans disparaît. Elle a été enlevée. Ses parents la recherchent sans relâche. Ils font appel aux médias. Lauren et son ours Barnaby font la une des journaux. 13 ans plus tard : c’est la même photo, la même enfant que l’on cherche en vain. Sa famille a vieilli, elle peine à vivre avec ce manque constant. Faith avait 4 ans quand sa sÅ“ur s’est faite enlevée. Aujourd’hui à 17 ans, l’ombre de sa sÅ“ur la suit partout. Son histoire attire les curieux. Heureusement elle peut compter sur sa meilleure amie Martha et son petit ami pour lui faire oublier son quotidien morose. Un jour, les visages inquiets de ses parents s’évaporent. Les larmes ne coulent plus de tristesse mais de joie. Lauren est miraculeusement revenue à la maison. Affolement médiatique. Une famille aux anges. Chacun fait des efforts face à cette nouvelle situation familiale perturbée. Et pourtant, pour Faith, les retrouvailles laissent rapidement place à un étrange sentiment. Qui est vraiment sa sÅ“ur ?

Perdue et Retrouvée est un thriller psychologique original. Je m’attendais à découvrir cette histoire du point de vue de l’enfant kidnappé, mais non, tous les évènements nous sont relatés par Faith, la petite sÅ“ur. Elle garde des souvenirs assez flous de sa sÅ“ur aînée et pourtant elle subit toutes les conséquences de sa disparition : la compassion, une curiosité malsaine, les tabloïds, l’abus des médias, des parents brisés…etc. Ce personnage m’a énormément touché. Elle tente d’avancer, d’avoir une vie normale sans que le nom de Lauren ne soit prononcé à tout bout de champ. Même si je n’approuve pas toutes ses décisions, notamment à la fin du roman, on apprécie la sincérité de cette jeune fille et le certain sang froid avec lequel elle encaisse les choses.

Ses parents sont assez antithétiques. Ils ont de vrais comportements opposés. Ils ont une vision différente des médias, de l’avenir de Lauren. D’ailleurs en parlant de Lauren c’est le protagoniste le plus mystérieux du livre. C’est une jeune femme un peu naïve, enfouissant en elle des traumatismes qu’elle dévoile peu à peu. Elle est torturée par ces treize dernières années cauchemardesques. Ce personnage est très ambivalent, elle est à la fois attachante mais aussi intrigante. La fin répond à toutes les interrogations et aux les éléments suspects qui s’éparpillent dans le récit. Même si dès les premiers chapitres, je me doutais du dénouement, Cat Clarke nous surprend. Je ne m’attendais pas à une telle révélation. Je ne vous cache pas que c’est une fin assez bouleversante. Cette histoire est assez dure psychologiquement. Tout en restant un livre young adult, c’est une histoire bouleversante. En fermant ce roman, on a qu’une envie : profiter de sa famille et de ses frères et sÅ“urs.


Perdue et Retrouvée séduiront les lecteurs adeptes de thriller psychologique. Suivez le cheminement d’une famille brisée qui réapprend à vivre après le retour mystérieux de leur enfant disparue !  

2015

Celle qui en savait trop

10:19

de Linwood Barclay 


« Pour arrondir ses fins de mois, Keisha Ceylon a eu LA bonne idée : troquer ses balais de femme de ménage contre une boule de cristal. Entre thème astral et marc de café, elle s'est fait une spécialité : faits divers et disparitions. Cinq mille dollars contre l'espoir de retrouver un être cher : certaines familles sont prêtes à tout. Et justement, Wendell Garfield est sans nouvelles de sa femme Ellie, volatilisée à la sortie du supermarché une semaine plus tôt. […] Wendell et sa fille sont affolés : l'heure est idéale pour l'arnaqueuse qui se prépare à livrer sa plus belle, sa plus troublante, sa plus dangereuse vision... Car, sans le savoir, la fausse voyante vient de frôler de très près une vérité meurtrière», Celle qui en savait trop, édition France Loisirs

Dernière lecture de ma sélection Hallowctober, j’étais impatiente d’entamer ce thriller étant donné que je n’en lis pas souvent, donc c’est toujours excitant de se confronter à un genre inhabituel. Tout d’abord je voudrais juste faire une remarque sur le titre du roman, le titre original se nomme « Never Saw It Coming » et pour être honnête ça résume parfaitement mon impression. Je n’ai rien vu venir. C’est-à-dire que je n’avais rien imaginé de tel ; l’auteur à bien fait son travail au niveau du suspense. Malheureusement je ne peux pas trop vous en dire au risque de vous révéler des Ã©vénements importants.

Cependant commençons par le début : Keisha Ceylon. Cette femme a fait de la voyance et l’escroquerie son domaine. Elle raconte à ses clients ses visions, utilise les cartes, boule de cristal, bref tout un matériel, pour berner des âmes désespérées.  Elle est assez douée dans l’art de la manipulation et n’hésite pas à justifier « ses dons » par un étalement de preuves et d’évidences inventées. Son petit ami Kirk est d’ailleurs un de ses meilleurs complices pour jouer le client satisfait. Une disparition étrange d’une femme. Un mari et une fille éplorés. Un tapage médiatique. Il n’en faut pas plus à Keisha. Elle rend visite au mari d’Ellie, la femme disparue, décidée à lui révéler une vision troublante sur son épouse. Mais cette entrevue ne va pas se passer comme prévue, et les faux talents de médium de Keisha vont lui jouer un tour. Ces « fausses » révélations vont lui causer du tort, elle frôlera la mort et sera entraîner dans un tourbillon infernal de péripéties…


Globalement c’était une bonne lecture. Rien à dire pour ce qui est de l’histoire en elle-même. L’action est là, les retournements de situations aussi. C’est très intriguant car vers les 150 pages on sait déjà ce qu’il est arrivé à Ellie puis s’en suit alors une seconde intrigue plus concentrée sur le personnage principal : Keisha.  Pas d’éléments paranormaux qui pourrait faire frissonner mais il y a bien une scène assez gore et riche en actions, que l’on ne peut pas oublier ; ça c’est clair, l’image est encore gravée dans ma tête : beurk ! L’héroïne se bat pour se sauver, elle et sa liberté (si vous lisez le livre vous comprendrez). La fin est assez étonnante, mais bien tournée quand même. Ensuite ce n’est  en rien un livre coup de cÅ“ur que je voudrais relire (après qui relit un thriller connaissant déjà la fin à part pour chercher des indices dans le texte ?), le style est très simpliste, un peu familier parfois. On lit ce livre pour vivre cette histoire, savoir ce qu’il s’est passé et comment va s’en sortir l’héroïne mais pas pour la beauté du texte. C’est dommage. Je ne demandais pas de la poésie non plus. Mais peut être une écriture plus recherchée. Après c’est un style direct qui peut plaire aussi pour sa vivacité.

Keisha est la maman d’un petit garçon et vit depuis peu avec Kirk, un ouvrier inapte à cause d’une blessure qui passe ses journées devant la télé. Sa relation avec ce dernier est un peu contradictoire, leurs disputes peuvent être violentes mais c’est un homme qui n’hésite pas à lui venir en aide, même si on se demande s’il le fait par amour ou par contrainte ? Bref. Keisha est un peu un anti-héros, elle se sert du chagrin des autres pour avoir de l’argent. C’est une femme indépendante surtout concernant son boulot d’arnaqueuse, elle veut agir seule. Même  si on devine un brin de remords dans le roman envers ses agissements, elle reste un personnage intelligent, cachant ses sentiments, hypocrite et cruel quand il est question de se protéger (je vous renvoie à la fin du livre). Cependant elle reste malgré tout un être humain qui demande de l’aide pour se tirer du bourbier dans lequel elle s’est fourrée et ne reste pas insensible et traumatisée par les Ã©vénements qu’elle a pu vivre. J’ai bien aimé les indications données par l’auteur sur son passé, ce qui peut expliquer le comportement de ce protagoniste. Donc c’est une héroïne qui vacille entre le héros et le méchant, assez originale mais qui ne me plaît pas plus que ça.

J’aimerai vous en dire mais ça m’est impossible. Alors, pour éviter de gâcher quelconques révélations, je m’arrête là. Je conseille Celle qui en savait trop, aux lecteurs désireux de trouver un thriller surprenant  Ã©crit simplement avec une héroïne plutôt originale !




Instagram

Popular Posts

Like us on Facebook

Flickr Images