2019

l'année solitaire

06:33




d'Alice Oseman (ed. Nathan)

Un vent froid s’abat sur ces doux jours d’été. C’est la même brise glaciale qui couve le cœur de Tori. Cette adolescente pessimiste, cynique et introvertie passe ses jours enfermée derrière son écran d’ordinateur ou à porter un regard désabusé sur le monde avec son casque de musique vissé sur les oreilles. Solitaire, elle ne l’est pas. Sa meilleure amie Becky la traîne à toutes les soirées pizzas et les fêtes les plus branchées. Ses frères sont toujours là pour combler son ennui ou ses mauvaises journées avec une grosse pile de cartons. Solitaire, elle l’est. Dans sa tête. Dans son cœur. « Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien. », dit-elle. Jusqu’à ce que le projet « solitaire » et Michael Holden arrêtent sa chute silencieuse.

Qu’est-ce que j’ai entendu parler d’Alice Oseman. Qu’est-ce que j’ai attendu bien trop longtemps pour la découvrir. Et puis son premier roman est arrivé dans mes mains pour quelques sous. C’était l’occasion. L’occasion de tomber amoureuse de la plume d’Alice Oseman, de ses personnages et de son illustration des émotions. L’occasion de grincer des dents et de m’emmêler dans cette intrigue décousue et un peu floue. Comme l’esprit de Tori.

En effet, Alice Oseman a le talent de retranscrire avec authenticité, l’adolescence avec ses mots et ses émotions. On se reconnaît dans ses personnages, leurs solitudes, leurs espoirs, leurs discussions stupides. On s’attache à cette palette d’adolescents : de Tori la solitaire, à l’excentrique Michael – aussi solaire et exaltant que notre cher Augustus Walter de John Green – jusqu’à Becky, la meilleure amie avec qui on s’éloigne. La complexité de chaque personnage s’explique aussi par la diversité des sujets abordés : dépression, solitude, troubles alimentaires, maladies mentales, homosexualité. Ces éléments sont développés avec justesse et sensibilité grâce au style poétique et sincère de l’autrice. Le livre est d’ailleurs parsemé de nombreuses références pop-culture et littéraires (qui raviront les fans d’Harry Potter ou qui pourront très vite vous taper sur le système !).

Je regrette cependant cette intrigue narrative bancale. On avance dans le noir, à tâtons. Sans but précis. A se demander où l’on veut nous emmener. Et cette péripétie autour du blog Solitaire n’est pas claire (même à la fin), elle désoriente et vacille de temps de temps dans l’invraisemblance. Elle aurait mérité d’être plus fouillé et réfléchi.

L’année solitaire n’est pas un roman qu’on lit pour son intrigue ni parce qu’on veut être assommé par les rebondissements, on le lit pour le développement émotionnel d’un personnage, la sincérité de ses émotions et le chaos qu’elles provoquent quand elles éclatent.




Mon commentaire sur le blog de Tori :

Cher Tori,
Tu crois que tu vogues en apesanteur vers un trou noir. Tu crois que le silence grésille dans tes oreilles. Tu crois que les rires et les sourires te font disparaître. Tu crois que le soleil te fera disparaître. Tu crois que ce nuage noir qui t’accompagne ne partira pas. Tu crois que rien ne pourra soulager les sacs de peines sur tes épaules. Tu crois que l’éloignement est la meilleure des guérisons. Tu te crois solitaire. Mais tu ne l’es pas.


Je tiens à préciser que ce n’est pas un roman que je mettrai entre toutes les mains. C’est pourquoi je vous invite à lire attentivement les trigger warnings (tw).

𝕝'𝕒𝕟𝕟𝕖𝕖 𝕤𝕠𝕝𝕚𝕥𝕒𝕚𝕣𝕖
rep  homosexualité, maladies mentales
twdépression / pensées suicidaires / troubles alimentaires / automutilation


chronique

Moxie

09:09

de Jennifer Mathieu (Milan)


MOXIE : désigne le caractère audacieux d'une personne prête à défendre ses convictions envers et contre tous.

Vous entendez peut-être la chanson Rebel Girl des Bikini Hill hurler au loin. Dans les couloirs du lycée d’East Rockport au Texas, plane un vent de rébellion contre les stars de la ville : les footballeurs. Non aux tee-shirts insultants ! Non aux remarques sexistes ! Vivian, une adolescente de 16 ans discrète, ne supporte plus ces comportements sexistes que personne ne condamne.  Du papier, de la colle, des mots aiguisés et une envie de changement. C’est ce qu’il suffit pour que le mouvement des Moxie Girls éclate au lycée d’East Rockport.

Ce roman je voulais le lire depuis deux-trois ans alors, quand il est sorti en France cette année, je me suis enfin décidée à sauter le pas. Le féminisme et la lutte contre le sexisme sont plus que jamais des sujets d’actualité et j’étais curieuse de voir comment ils allaient être traités dans un roman jeunesse.

 J’admets que j’ai pris un peu peur en lisant l’introduction de l’autrice qui s’adresse à l’un de ses anciens profs qui l’avait insulté de féminazi : « La vengeance est un plat que se mange froid, abruti ». Je n’avais pas envie de lire un livre écrit dans ce seul et unique but de vengeance.

Heureusement mon appréhension s’est vite dissipée. J’ai déjà beaucoup apprécié comment était construite le personnage de Vivian. Nous ne sommes pas face à une héroïne pleine de rage qui déteste les hommes et qui cherche à tout prix à s’opposer à eux, comme certains(es) auraient tendance à associer les féministes. Vivian est une adolescente discrète, elle se définit comme la « fille modèle » à l’opposé de sa mère qui était une adolescente engagée car elle faisait partie du mouvement punk rock féministe des Riot Grrrl. Dans cette petite ville au Texas, la vie est rythmée par l’équipe de football masculine du lycée d’East Rockport. Et Vivian s’en contente. Jusqu’à ce que la découverte des fanzines -magazine féministe- de sa mère et les nouveaux vêtements des joueurs de foot font naître en elle un sentiment de révolte. On assiste à la naissance de son esprit féministe.

Je ne suis rien une experte mais je trouve que la notion de féminisme est bien abordée au fil des pages. Il occupe une place centrale dans le récit sans jamais étouffer l’intrigue en elle-même et le quotidien de Vivian dont on connaît les préoccupations familiales, sentimentales, etc. L’autrice déconstruit les clichés qu’on peut avoir sur ce mouvement et les discussions entre les personnages permettent de comprendre l’enjeu du féminisme :

«  -  (…) Le mot féminisme fait peur, il sonne pas très bien. Ça donne l’impression qu’on déteste les hommes. Je dirais que je suis pour l’égalité, c’est tout.

-Mais c’est bien ça le féminisme, non ? L’égalité des sexes ? Je crois pas que ça signifie qu’on refuse de sortir avec des mecs. Tu vois ce que je veux dire ? »

« (…) je me dis que c’est ça, être féminisme. Pas humaniste ou égaliste, ou je ne sais quoi. Mais féminisme, vraiment. Le terme convient tout à fait.  A partir d'aujourd’hui ce sera mon mot préféré. Parce qu’en somme, ça veut dire des filles qui se soutiennent et qui veulent être traitées de façon égalitaire dans un monde qui n’arrête pas de leur répéter qu’elles sont inférieures ».

L’autre pan majeur du roman est l’amitié qui lie toutes ces jeunes filles. Alors qu’on cherche toujours à vouloir opposer les filles entre elles, ici, elles se soutiennent et se serrent les coudes. Elles ont des profils différents, des perceptions du féminisme variées et chaque échange invite à l’apprentissage et à l’évolution d’un mode de pensée.

D’ailleurs, le personnage de Seth est également très intéressant même si je ne me suis pas du tout attachée à son histoire ou à sa relation avec Vivian. Seth soutient Vivian dans son projet, il est compréhensif et essaye de comprendre les revendications des Moxie Girls. Ce personnage prouve que le féministe ne s’adresse pas seulement aux femmes.



♡  Les petits plus que j’ai aimés :

-    -  L’insertion des fanzines Moxie dans le roman : cela permet de s’immerger pleinement dans l’histoire et je dois avouer que je suis fan du format et de l’esthétique de ce magazine.

-       -  La soutien d’une diversité dans le mouvement féministe : dans l’un des extraits, l’autrice évoque le problème du white feminism qui a pu être observé dans le groupe des Riot Grrl. Dans le roman, plusieurs portraits féminins d’origines variées se dessinent et s’impliquent dans les Moxie Girls.

-       -  La  réponse à l’argument not all men. Dans le roman, Vivian dénonce le comportement général des garçons du lycée à la suite d’une énième action sexiste et Seth répond que tous les garçons ne sont pas comme ça, ce qui vexe Vivian qui prend ensuite le temps de lui expliquer la raison de sa réaction. « J’ai eu le sentiment que tu essayais de me convaincre que la situation avec le tournoi n’était pas si grave. Parce que toi, t’es pas comme ceux qui jouent à ça. Et j’ai trouvé ça très frustrant, parce que, bien sûr, je sais que tu n’es pas comme eux, mais le problème, c’est que ces gars existent, et qu’ils sont ici, à East Rockport. Et…ils sont très nombreux ». Je trouve ce passage extrêmement intéressant, il fait réfléchir notamment quand on sait que l’utilisation du terme men are trash  peut amener à ce même genre de réaction.

-        -  L’écart de traitement apporté à l’équipe de football masculine et celle féminine

Moxie est un hymne sur la sororité et le féminisme qui dit STOP au sexisme, au favoritisme, et au harcèlement sexuel ! Un ouvrage que j’aurais aimé avoir à mes côtés pendant mes propres années lycée.


avis

mon avis sur la saison 3 de stranger things

05:26



L’été est là. C’est le retour des glaces, des sorties à la piscine et des feux d’artifices à minuit. Mais c’est surtout le retour de Stranger Things. Après deux ans d’attente, on retrouve Eleven, Mike, Dustin, Will, Lucas, Max et toute la clique pour un été de folie. Au programme : amours d’étés, balades au centre commercial, rats et fore obscure.

Nos petits héros ont grandi, ils sont maintenant des adolescents avec des préoccupations qui dépassent Donjons & Dragons. Depuis deux saisons, on a eu le temps de connaître les personnages et de s’y attacher. Dans cette troisième saison, de nouvelles amitiés se créent et d’autres se renforcent.



Max aide Eleven à être plus indépendante. Dustin et Steve nous offrent des moments hilarants. Mon duo de détectives préférés : Nancy et Jonathan se lancent dans une nouvelle enquête. Entre deux disputes, Jim et Joyce cherchent à découvrir ce qui se cache derrière la perturbation du champ magnétique. Notre groupe est éclaté en duos ou en petits groupes. De nouveaux personnages viennent apporter un vent de fraîcheur : Erica, la sœur de Lucas adepte de chantage et créatrice des meilleures punchlines, ou encore Robin, la vendeuse de glaces et l’acolyte hyper attachante et intelligente. Je regrette que le personnage de Will n’ait pas été assez développé dans cette saison, il reste absent et encore une fois à l’écart du groupe.


Cette saison 3 est en voie de devenir ma saison préférée de la série. J’aime énormément la manière dont ont évolué les personnages, l’intrigue ne manque d’action ni de rebondissements et les frères Duffer manient à la perfection ce balancement entre scènes légères et moments dramatiques (et ça ce n’est pas bon pour nos émotions). Sincèrement, cette saison ne nous laisse pas indemne. On rit et lminute d’après les larmes nous montent aux yeux. Pour preuve : à la 25ème minute de l’épisode final j’éclatais de rire (« never ending story » #toimêmetusais) et 5 minutes plus tard, je pleurais (je ne m’en remets toujours pas).

Encore une fois, cette série ne déçoit pas en termes de réalisation. Sa qualité ne se résume pas seulement à son intrigue mais aussi à ses décors, son travail de lumière, ses costumes, sa bande son et la composition de ses plans qui sont travaillés avec beaucoup de soins. C’est un bijou à regarder que cela soit les lumières de la fête foraine ou les effets spéciaux.


En plus, cette saison fourmille de thématiques importantes à la fois sur le plan sociétal ou sur l’adolescence : la rupture (désirée ou non) avec l’enfance, l’amour au cœur des relations amicales, le sexisme au travail, la découverte de soi, l’oppression du capitalisme sur les petits commerces, les violences conjugales, la maltraitance, etc.

Alors, n’ayez pas peur de tomber dans le monde à l’envers, ni de croiser des rats étranges sur votre passage car entre deux balades au centre commercial, vous pourriez croiser une bande d’ados attachants qui vous embarque dans une aventure inédite dans les années 80.

2019

The seven husbands of Evelyn Hugo

05:19


de Taylor Jenkins Reid

The seven husbands of evelyn hugo, c'est comme regarder dans une vieille caméra. Traverser le temps. Sur cette couverture de magazine en noir et blanc elle fascine les hommes et les femmes qui jalousent et envient sa beauté. On spécule sur ses relations, ses mariages, sa sexualité. Après tout c'est une actrice, alors sa vie ressemble obligatoirement à une série dramatique. Mais que se cache-t-il derrière Evelyn Hugo : cette icône sensuelle et avant-gardiste d’origine cubaine ? C'est à l'âge de 70 ans qu'elle révèle au monde la vraie femme qui se trouve derrière ce nom célèbre et le secret de ses 7 mariages. Ce secret est l'histoire de l'amour d'une vie qu’elle raconte pour la première fois à Monique, une journaliste tout juste divorcée.

Je vous vois déjà taper dans votre moteur de recherche : "Evelyn Hugo" et vous dire "comment j'ai pu passer à côté de cette légende des années 50 ?". Evelyn et son histoire ne sont que le fruit de l'imagination de Taylor Jenkins Reid. Je vous rassure on se fait tous avoir et on espère trouver une photo d’Evelyn aux côtés de Marilyn Monroe ou d’Elizabeth Taylor. Tout au long de cette lecture on s’y prend à y croire tellement la cadre historique est bien construit. De nombreuses coupures de journaux permettent d'ailleurs de renforcer cette authenticité historique.

Vous pensez être que cette histoire n'est qu'une romance historique ? Encore une fois vous vous trompez.

Evelyn est l'un des personnages les plus complexes et féministes que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Elle connaît ses atouts. Elle en joue pour s'élever dans une société et industrie artistique patriarcales. C'est un personnage très intelligent qui comprend très vite dans quelle image on veut l'enfermer et elle décide de tirer les règles d'Hollywood à son avantage. Jamais elle ne se laisse dicter ses choix et elle n'hésite à manipuler et blesser pour protéger sa vie privée ou sa carrière. Elle n'est pas parfaite, elle fait preuve d'égoïsme, d'opportunisme. Elle est humaine. Tous les personnages sont d'un grand réalisme et ils vont toucheront en plein cœur (petite dédicace à Harry et Célia).



J'ai toujours été fasciné par les coulisses de films ou l'envers du décor. Ici, Hollywood est un héros à part entière. Quand le réalisateur crie "and….cut !", que les caméras se coupent et que les lumières s'éteignent un univers bien moins glamour s'offre à nous.  À Hollywood, tout est orchestré, préparé, scénarisé pour offrir aux magazines des histoires qui seront des sources de commérages sur la plage. À Hollywood on ne peut pas aimer qui on veut alors on se met en scène avec un autre, on cache ses bleus sous du maquillage ou on se teint les cheveux et on perd son accent pour rentrer dans le moule.

Des sujets forts apparaissent dans le roman et ils sont traités avec une grande justesse : les violences conjugales, le racisme, le sexisme, l'homosexualité, la bisexualité, la sexualisation de la femme. On passe de l'autre côté de l'écran et on découvre le revers de la célébrité : la solitude, l'appât du gain, la soif de la reconnaissance et cet effort constant pour protéger sa vie privée et sa réputation en s'enfermant dans un rôle. L'écriture de Taylor Jenkins Reid retranscrit magnifiquement bien les sentiments d'Evelyn Hugo, cette jeune cubaine de New York qui quitte un père oppressant et découvre le cinéma, le succès et l'amour à Los Angeles mais aussi la perte, le mensonge et la manipulation.

Tous les personnages qui entourent Evelyn sont d'une grande diversité et complexité. Monique, la journaliste, reste peut-être le personnage le plus discret et le moins pertinent même si Evelyn Hugo ne l'a pas choisi pour écrire sa biographie par hasard.

Ce roman ne vous laissera pas indemne. Et il est aussi beau à lire que destructeur. Préparez-vous aux derniers chapitres car ils donnent de sacrés coups.

Je ne peux vous inviter à faire un tour dans les années 50 pour découvrir la vie insoupçonnée et bouleversante d'Evelyn. J'attends la sortie française avec impatience en attendant je vous conseille la version originale ou l'audiobook. 


5 messages à retenir

5 messages à retenir du clip "You need to calm down"

10:34



Me voilà de retour sur le blog ! Aujourd’hui je ne vous parle pas bouquin mais plutôt de musique, d’égalité et d’engagement. Ce n’est pas une surprise (si c’est le cas tadaaaa !), je suis de très près la carrière musicale de Taylor Swift. C’est une artiste que j’apprécie pour de nombreuses raisons que je n’ai pas le temps d’évoquer (sauf si un article sur le sujet vous intéresse :).

Lundi dernier, elle a sorti une nouvelle chanson intitulée You need to calm down (Tu devrais te calmer) qui se révèle être la grande sœur de Mean écrit en 2010. J’avais envie de vous parler des messages de tolérance, d’acceptation et d’égalité qui contiennent la chanson et le clip.

Alooooors, c’est parti !

1.  « shade never made anybody less gay »


Pour ce mois des Fiertés, Taylor a choisi de mettre à l’honneur la communauté LGBT+. Au cœur de ce camping arc-en-ciel, elle invite les homophobes à se calmer et à se taire. Pour l’occasion, de nombreuses personnalités queers font une apparition : Ellen Degeneres, Hayley Kiyoko, Todrick Hall, Rupaul, Jesse Tyler Ferguson, les coachs de l’émission Queer Eye et pleins d’autres.

Cette nouvelle prise de position pro-LGBT+ de l’artiste a d’ailleurs enclenché plusieurs critiques, dont des accusations de pinkwashing (terme critiquant une technique marketing utilisée par les entreprises qui se servent de la communauté LGBT+ pour vendre ou se donner une image tolérante).

L’engagement de Taylor Swift envers la communauté LGBT+ était déjà visible bien avant la sortie de la chanson et il s’est intensifié depuis qu’elle a fait le choix de partager publiquement ses opinions politiques. En 2014, dans sa chanson Welcome to New York, Taylor disait :

 « And you can want who you want / Boys and boys and girls and girls »
(Et tu peux avoir qui tu veux / Des garçons et des garçons et des filles et des filles)

 et elle exprimait déjà son soutien à l’association “GLAAD” (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation) dont elle a encore apporté son aide récemment. Lors de sa dernière tournée, elle a collaboré avec plusieurs artistes LGBT+ dont Troye Sivan ou Hayley Kiyoko. Au début du mois, elle a lancé une pétition en faveur de « Equality Act », un projet de loi contre les discriminations appliquées suivant le genre, l’identité ou l’orientation sexuelle d’un individu.

2.  Le cyberharcèlement c’est pas fun du tout !

Les premières paroles de la chanson s’adressent aux haters et condamnent le cyberharcèlement. Taylor pointe du doigt la négativité présente sur les réseaux sociaux et la facilité à critiquer quand on se cache derrière un écran : 

« Say it in the street, that's a knock-out (Dis le dans la rue, tu finis K.O.)  
But you say it in a Tweet, that's a cop-out (Mais le dire dans un tweet, c'est de la lâcheté) ».

3.  « Mom i am a rich man »


Vous avez peut-être remarqué cette affiche dans les premières secondes du clip. Taylor Swift adore laisser des indices sur ses titres à venir mais ici, elle place une référence forte en signification. Cette citation est tirée d’une interview de Cher, où la chanteuse et actrice américaine dénonce le sexisme et encourage l’émancipation féminine : 

« I think men are the coolest (…) But you don't really need them to live. My mom said to me, 'You know, sweetheart, one day you should settle down and marry a rich man. I said, 'Mom, I am a rich man.' ». 
(Les hommes sont cools (...) Mais tu n'as pas besoin d'eux pour vivre. Ma mère m'a dit "Tu sais, ma puce, un jour tu devrais te fixer et épouser un homme riche. Je lui ai répondu : "Maman, je suis un homme riche")

Ce clin d’œil est une manière aussi de condamner le sexisme au sein de l’industrie musicale. On reproche souvent à Taylor Swift d’écrire sur ses expériences amoureuses alors qu’on adore chanter à tue-tête les derniers titres d’Ed Sheeran. Et étrangement aucune critique ne s’élève quand il s’agit d’un artiste masculin.

4.  « We all know now we all got crowns »


Les médias et les fanbases cherchent sans cesse à diviser les artistes féminines et à entretenir des rivalités. Qui sera la meilleure ? Katy Perry VS Taylor Swift. Aya Nakamura VS Angèle. En France comme aux États-Unis, on cherche toujours à les opposer. Preuve que le sexisme est bien ancré.

Taylor Swift montre bien qu’elle veut en finir avec les dramas. Dans la deuxième partie du clip, elle dit « vive le sororité!  » et elle invite les filles à se serrer les coudes entre elles. Dans l’une des scènes du clip, des drag-queens représentent les différentes pop-stars du moment (Beyoncé, Adèle, Sia, Ariana Grande, Cardi B, etc) qu’on compare les unes aux autres au lieu de reconnaître le talent de chacune : 

« And we see you over there on the internet (Et on te voit sur internet) / 
Comparing all the girls who are killing it (Comparer toutes les filles qui réussissent) / 
But we figured you out (Mais on t'a compris) / 
We all know now we all got crowns (On sait maintenant qu'on a toutes une couronne) ».


Elle marque un dernier coup de force en officialisant sa réconciliation avec Katy Perry à la fin de la vidéo.

5. Sois fier et montre-le !


C’est surement le message général de ce clip et de cette chanson. Dans le clip, on retrouve des identités et des personnalités différentes qui sont fières de qui elles sont et qui ne se laissent pas atteindre par les critiques.

La participation du mannequin et danseur Dexter Mayfield encourage la diversité et l’estime de soi à l’image du mouvement body positive.

C’est tout pour ce soir ! J’espère que cet article vous aura donné envie de découvrir ou redécouvrir le clip « You need to calm down ». Portez vous bien et n’oubliez pas de rester calmes !

1950

12:00








1950. La jeune Eilis qui a toujours vécue dans l’ombre de ses frères et sa soeur quitte son Irlande natale pour travailler à Brooklyn. A peine le temps de faire ses bagages, et la voilà à New York. Cette ville bruyante faite de béton et aux visage inconnus est bien différente de son petit village irlandais où chacun se connait. Les jours se suivent et se ressemblent dans cette ville immense. Les lettres de sa sœur Rose sont le seul réconfort. Jusqu’à ce que de nouvelles possibilités se présentent sur sa route. Dont un charmant italien. Seulement un drame vient rompre le nouveau quotidien d’Eilis et la ramène dans son pays natal. Déchirée entre deux mondes, elle doit faire un choix…

L’émouvant voyage d’une jeune irlandaise en quête d’elle-même

♡ Ma lettre à Brooklyn : 



♡ Les petits plus que j’ai aimés :

-Brooklyn est bien plus qu’une romance. Pour moi, c’est un roman sur l’indépendance et le choix entre deux mondes : celui de l’enfance et celui de ses premières années d’adulte.

-La relation entre Eilis et Rose. Une fraternité forte lie ses deux sœurs qui se cachent mutuellement des choses.

-La description des différentes communautés présentes à New York. On découvre avec Eilis que les traditions et les origines sont toujours là. Les bals irlandais, le repas de noël pour les nécessiteux ou encore les repas de famille chez les Italiens.

-La capacité de l’auteur à retranscrire les émotions. Un moment m’a marqué. Lors de son retour en Irlande, Eilis associe sa vie à Brooklyn à un rêve éveillé. Tout ce qu’elle a vécu là-bas lui semble irréel. J’ai trouvé cette comparaison incroyablement juste.


2019

02:45


(5 mois sans lire)
(le jour où j'ai appris à ne plus être prisonnière de mes livres)

La panne de lecture. On y passe tous. Un moment ou un autre. Sur ta table de chevet, un livre. 20 pages grignotées. Et depuis, il prend la poussière. Des jours, des semaines et des mois, qu'il t'attend là. Tu le vois quand tu te couches, quand tu te lèves. Tu l'entends presque te murmurer "dévore moi!". Mais tu ne peux pas. Tu as l'appétit coupé. Tu ouvres le livre, regarde la page puis tu le refermes. Tu n'as encore croqué aucun morceau mais tu es déjà rassasiée. "C'est juste une histoire de goût", voilà comment tu te rassures. Alors tu fouilles dans ta bibliothèque et dans celle des autres : tu goûtes d'autres mots, d'autres récits. Mais sans jamais réussir à finir le plat. A la page 20, tu ne peux même plus avaler une bouchée. Chaque livre qui te passe entre les doigts te parait plus fade que du papier mâché.

Le diagnostic tombe : panne de lecture sévère.

Je ne vais pas vous dire comment j'ai surmonté cette panne de lecture. Tout simplement car je ne pense pas encore l'avoir surmontée. Je ne pense pas avoir encore trouvé les bons conseils à suivre. Je viens vous parler de la première grosse panne de lecture que je traverse depuis bien longtemps (la dernière doit remonter aux années lycée). Je partage avec vous mes hypothèses sur son origine.

Bienvenue dans la tête d'une lectrice en pleine détresse.

Ironie du sort : elle lit toujours sauf quand elle est le seul maître à bord.

TOU DOUM!

Est-ce que je t'ai perdu ? Si tu réponds "non", c'est que tu mens. Comment est-ce que je ne peux plus lire alors que je lis tous les jours, hein ? C'est une énigme bien épineuse à résoudre n'est-ce pas ?
Laisse moi t'expliquer.

Il y a maintenant 5 mois, j'ai posé mes valises à Paris. Ah Paris ! la ville des lumières, la ville de l'amour ! Pour moi, elle est surtout la capitale française de l'édition et un passage obligé pour une étudiante dans les métiers du livre (disons, dans l'édition, c'est plus court; et ça me représente plus). Me voilà à faire le stage de mes rêves et à lire entre autre plusieurs manuscrits par semaine. Et c'est là que c'est arrivé ! Cette pause que je pensais liée à la rentrée s'est transformée en panne de lecture. Quand je passais la porte de mon studio impossible d'ouvrir la moindre page d'un livre. J'enviais et je détestais à la fois tous ces gens dans le métro qui avaient le nez dans leur bouquin.

Quel maléfice m'a t'on jeté pour que je puisse lire jusqu'à 6 manuscrits par semaine et me retrouver tétaniser devant les 300 pages d'un de mes livres ? Des milliers de réponses et de questions ont suivi. Est-ce la lecture appartenait maintenant au domaine du travail et de la contrainte ? J'ai pris peur. Peur de ne plus lire pour le plaisir. Puis j'ai réalisé quelque chose : cet amour de la lecture ne peut disparaître. Même dans le travail. Même lorsque je suis guidée par mon esprit critique et mon jugement liés aux attentes d'une maison d'édition ou d'un type de lecteurs. Le plaisir n'est jamais absent. Cette sensation excitante quand on découvre un texte pour la première fois (ou qu'on relit sous un oeil nouveau). Ces émotions qui nous traversent à la lecture d'un manuscrit, quand l'intrigue nous percute, quand les mots sont justes, quand les personnages sont attachants, quand un texte n'est pas parfait mais qu'on voit son potentiel. Cette excitation garde au fond d'elle ce plaisir de lire.

Peut être que mon cerveau cherche encore les limites de tout ça : entre lecture "travail" et lecture "personnelle", les frontières sont ambiguës. C'est peut être une petite erreur dans le système qui ne demande que du temps pour dissocier ces deux actes de lecture. Peut être que je lis tellement en semaine que j'ai perdu toute mon énergie dès le vendredi soir ? Impossible de donner des réponses concrètes à ces questions.


Je dois accepter cet entre-deux instable. Je dois accepter cette panne de lecture. Je crois qu'au fond de moi, j'en avais besoin.

Pour mieux comprendre mon rapport à la lecture.
Grâce à cette panne de lecture, j'appris quelque chose.

Les livres sont un monde merveilleux c'est indéniable, mais attention à ne pas tomber dans le trou du lapin. 

Je ne veux pas que ce palais de papier devienne ma forteresse.

Je ne veux pas que les pages de mes livres m'étouffent mais qu'elles me libèrent.

Quand, j'ai commencé mon blog en 2015 : j'avais besoin de m'accrocher à quelque chose après une année dure physiquement et mentalement. J'avais perdu confiance en moi (le peu que j'avais du moins).

J'étais seule, triste et un peu perdue.
Les livres ont été ma bouée.
Ce blog puis ma chaîne youtube ont défié le courant pour me ramener sur la côte.

Alors oui, soudain, lire est devenue une bulle d'air : je respirais, je me sentais mieux. J'avais une nouvelle routine qui motivait mes semaines et mes mois. Elle éveillait ma curiosité, mon goût pour la lecture et ma créativité. Surtout cela faisait renaître en moi, cette confiance, que j'avais perdue.

Alors oui, tout d'un coup lire un livre par semaine, publier une vidéo le mercredi et rédiger une chronique le dimanche étaient comme des petites lumières qui guidaient mon chemin. J'étais toujours seule mais j'avais mes livres. J'avais mes rituels qui comblaient mon temps.

Petit à petit, cette routine a commencé à s'effriter. C'était il y a deux ans. Puis ce métronome s'est déréglé. Je m'accordais des absences. Peut être que ce manque de régularité vous a surpris ou interrogé. En fait, je m'accordais juste le temps de respirer et de vivre.

Alors, cette panne de lecture n'est pas si anodine. Durant ces 4 derniers mois, j'ai voulu sortir, mettre le nez dehors et connaître le secrets de cette si jolie ville.


Aujourd'hui, je veux renouer avec la lecture de manière plus apaisée.


Mes chers livres, je vous aime mais vous ne serez plus mes compagnons de solitude. Je veux vous retrouver comme de vieux amis à qui j'ai envie de rendre visite et non comme des amis auxquels je m'accroche pour rester enfermer.

Je ne veux plus être dépendante de vos histoires, de vos aventures et de vos royaumes. Je ne suis plus prisonnière de votre labyrinthe. J'ai la clé et c'est moi qui choisis d'y rentrer ou d'en sortir.

Voilà.

C'est tout.

C'est l'histoire d'une lectrice qui apprend à vivre avec ses livres et non plus à dépendre d'eux.

Mon histoire, c'est peut être la tienne. Toi aussi, tu es peut être en pleine de panne de lecture. Alors si tu veux en parler ou partager ton histoire, je te donne rendez vous en commentaire.

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