2017

Comme par magie

13:08

de Elizabeth Gilbert


« Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d'Elizabeth Gilbert. Aujourd'hui, l'auteure puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourage à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait le plus peur ; évoque les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit. », Comme par magie, édition Le Livre de Poche

On connait tous le mot « créativité ».  On est tous capables de le définir en quelques phrases. Elizabeth Gilbert, elle, a décidé d’y consacrer un roman entier. Comme par Magie est un livre d’épanouissement personnel pour « vivre sa créativité sans la craindre ».

Pour la première fois, je me lançais dans la lecture d’un ouvrage de ce genre. Quel émerveillement, quelle révélation ! Je méconnaissais totalement Elizabeth Gilbert et maintenant je n’ai qu’une envie : découvrir son Å“uvre Mange, Prie, Aime qui a fait son succès et qui a même été adaptée au cinéma. Ici, l’auteur offre un regard unique sur le phénomène qui entoure la création (cette création peut être multiple : littéraire, artistique, poétique etc). Elle retrace toutes les étapes de la création, de la captation de l’idée, à son acceptation et sa persistance. Tous les doutes, les préjugés, les motifs qui assaillent l’individu dans son processus créatif sont évoqués. Une certaine magie accompagne son discours. Elle parle elle-même de « Grande Magie » lorsque des coïncidences artistiques incroyables se croisent ou quand nous sommes envahis par cet élan incontrôlable, par cette Idée qu’il faut saisir sur l’instant. Elizabeth Gilbert nous apprend à vivre notre créativité différemment. De l’intérieur. Accepter nos peurs, nos doutes, nos expériences personnelles, notre égo, et établir une harmonie dans cette rivière de sentiments chaotiques.

Je ne vais pas vous mentir ; ce livre est une pure tuerie ! Je n’ai pas pu m’empêcher de garnir les pages de post-its tellement son écrit regorge d’extraits inspirants et motivants. Vous savez, c’est le type d’Å“uvre qu’on range dans un endroit précis car on sait que tôt ou tard, on aura besoin d’y retourner, de s’y reporter ou même s’y reposer. L’éclat de ce roman est que ce n’est pas une simple Å“uvre théorique, un modèle à suivre où l’auteur débite, par exemple, que pour ne plus avoir peur de créer il suffit de prendre son courage à deux mains. Non. Il y a quelque chose de beaucoup plus sentimental, personnel et rassurant dans l’écriture d’Elizabeth Gilbert. Chaque raisonnement qu’elle développe est agrémenté d’anecdotes personnelles, de citations ou d’un fait inédit toujours en rapport avec l’art et le monde de l’écriture. Je l’imaginais, assise en face de moi, dans un café, et elle me parlait de son expérience, et me confiait sa propre définition de la créativité et de la manière dont on pouvait l’atteindre.

Simple. Apaisant. Motivant. Magique. 4 mots qui résument mon état d’esprit pendant et après ma lecture.

Comme par magie, Elizabeth Gilbert embarque son lecteur dans sa vision positive de la création. Elle le prend doucement par la main, elle lui ouvre les yeux sur le chemin qu’il doit parcourir, sur les harmonies qu’il doit trouver ; tout en s’arrêtant de temps en temps en route pour lui raconter une histoire –son histoire à elle ou celle des autres-.
❤
 COUP DE COEUR 
(et un livre que je vais garder près de moi longtemps)
Gwendoline

2017

La Bibliothèque des Coeurs Cabossés

13:45

de Katarina Bivald


« Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. », La bibliothèque des cÅ“urs cabossés, édition J’ai Lu

Une Bridget Jones libraire, un peu moins drôle et gaffeuse que l’originale. Un petit coin pommé aux Etats-Unis. Une rencontre littéraire qui se transforme en mission pour redonner vie à une petite ville éteinte. Une histoire d’amour  pas vraiment mémorable. Et des tonnes de livres. On mélange le tout et on obtient La Bibliothèque des CÅ“urs Cabossés de Katarina Bivald.

Sara approche de la trentaine et sa vie n’a rien d’un roman d’aventure. Cette suédoise mène une existence tranquille –pour ne pas dire ennuyeuse- entre son job de libraire et ses livres qui remplissent son appartement. La lecture est son unique activité ; avec un livre à la fois ami, compagnon et amant, elle se rassure en se disant qu’elle comble son manque de sociabilité par les milliers de vies que lui procurent ses romans favoris. La chose la plus folle qu’elle n’ait jamais faite, c’est correspondre avec une lectrice à l’autre bout du globe : Amy Harris, une vieille américaine, figure emblématique de sa petite ville, Broken Wheel (« La Roue Cassée »). Alors quand Sara perd son emploi après la fermeture de sa librairie, elle débarque sur la terre des cow-boys et des mangeurs d’hamburgers pour rendre visite à Amy. Seulement une fois arrivée, c’est le drame : Amy est décédée ! Elle se retrouve seule, au milieu d’étrangers à l’affût de la moindre nouveauté, et doit assister à l’enterrement de son amie. Sara va devoir faire face cette étrange situation ; et, toujours protégée derrière les couvertures de ses livres, elle va faire la connaissance de cette ville et de ses habitants dont Amy parlait tellement dans ses lettres. Et si Sara était cet oiseau rare qui éloignerait des nuages gris les volatiles de Broken Wheel ?

Un livre qui parle de livres. Je ne pouvais qu’être séduite. Et même si j’ai apprécié la compagnie de Sara et des habitants de Broken Wheel, plusieurs éléments n’ont cessé de perturber ma lecture. Le premier : les longueurs. Ce livre aurait largement mérité d’être raccourci ; j’ai eu énormément de mal à entrer pleinement dans ma lecture et à y rester. C’est un roman où l’histoire progresse tout en étant dépourvue réellement d’action. Le dénouement est assez prévisible, la romance ne m’a pas personnellement charmée mais le problème vient surtout de l’héroïne principale. Pendant les deux tiers du roman, elle dégage une passivité déconcertante. Elle accepte trop facilement la situation dramatique dans laquelle elle met les pieds, et, elle se plie sans objections aux recommandations des habitants. Sara incarne « ce second rôle » qu’elle tente de ne pas avoir dans sa vraie vie, car parfois j’ai préféré suivre les péripéties de certains personnages secondaires plutôt que les siennes.

Les traits de l’héroïne principale ternissent mon sentiment sur ce roman alors qu’il contient aussi de jolis instants. Les habitants de cette « Roue Cassée » sont aussi hétéroclites qu’intéressants ; ils sont tous liés, chacun avec une histoire particulière alourdit par des casseroles et des problèmes qui traînent derrière. De plus, ce roman a un grand pouvoir : il invite à lire. Dans notre aventure littéraire, on découvre de nombreux livres, de nombreuses lectures qui tiennent à cÅ“ur les personnages et que nous aussi on aimerait bien découvrir. Et surtout, le dénouement nous offre un beau message sur le pouvoir des livres et leurs capacités à réunir une communauté qui s’était enfermée dans une routine vieillissante.

La Bibliothèque des CÅ“ur Cabossés, c’est une liaison épistolaire qui donne naissance à une renaissance : la renaissance d’une femme perdue dans une existence morose, la renaissance d’une ville et de ses habitants qui avaient besoin de quelques livres pour retrouver une harmonie endormie. 

★ ★ ★ ✩ ✩ 
Gwendoline

2017

Réparer les Vivants

02:02

de Maylis Kerangal



"Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps". "Réparer les vivants" est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.", Réparer les vivants, édition Folio poche

Que se cache-t-il derrière Réparer les Vivants, livre salué par la critique et récompensé de dix prix littéraire ?

Réparer les Vivants c'est que l'on peut appeler un roman à plusieurs voix : sur un créneau de vingt-quatre heures nous suivons le destin dans jeune homme, Simon Limbres et de tous les protagonistes qui gravitent autour de lui. Simon voue sa vie à l'océan et au surf : il ne peut résister à l'appel des vagues. Lui et ses compagnons de surf taillent la route à l'aube dans leur vieux van en direction de la plage pour chevaucher ces murs d'eau. Cependant le drame s'immisce dans ce rite quotidien. Simon se retrouve d'urgence transporté à l'hôpital...

Lire le roman de Maylis de Kerangal c'est plonger dans les entrailles du corps humain et toucher ce mécanisme si mystérieux, fragile et incroyable à la fois : le cÅ“ur. Ce petit organe logé dans notre poitrine qui nous assure que nous sommes bien vivants. Plus qu'une histoire sur un jeune surfeur accidenté c'est le récit d'une transplantation cardiaque. Âmes sensibles s'abstenir : nous suivons le cheminement d'un cÅ“ur de son donneur à son receveur. Entre opération chirurgicale et sentiments, le texte fourmille d’images, d'émotions mais aussi de charabia médical. Deux facettes s'offrent à nous, deux visions de voir cette transplantation : une dimension rationnelle et médicale aux côtés des médecins, chirurgiens ou infirmiers ; ou bien une approche bien moins objective et beaucoup plus impliquée quand on traverse cette opération aux côtés des proches, de la famille  ou du patient.

L'introspection au détriment de l'action. A chaque fois qu'une main touche le corps de Simon ou s'en approche, nous découvrons une histoire, une vie, un cÅ“ur dans un corps, un humain avec ces tracas, ces questions, ces pensées et ces détresses. Le fourmillement de ces esprits et les mouvements que ces êtres opèrent dans le monde s'opposent à l'immobilité de ce corps coincé sur un lit d’hôpital. La vie continue alors qu'elle paraît s'arrêter ou ralentir pour certains. C'est le cycle intemporelle de la vie : certains meurent et d'autres vivent. Et ce cÅ“ur devient le pont entre ces deux états : il disparaît d'une poitrine pour battre à nouveau dans une autre.

Ce roman est véritablement poignant, - à plusieurs reprises j'avais presque envie de vérifier si mon cœur était encore là à battre dans ma poitrine - qui montre la beauté tragique de ce geste : arrêter un cœur pour le faire battre ailleurs. Je regrette seulement les vagabondages dans la tête de certains personnages qui m'ont fait parfois décrocher de ma lecture et perdre le fil du récit de temps en temps.

Réparer les Vivants de Maylis de Kerangal est un très beau roman sur un sujet parfois délicat et méconnu. L'auteur illustre toute la complexité d'une transplantation cardiaque ; quand réparer les vivants revient aussi à dire adieux aux mourants.

Gwendoline

amitié

Beautiful Broken Things

11:26

de Sara Barnard


 “Best friends Caddy and Rosie are inseparable. Their differences have brought them closer, but as she turns sixteen Caddy begins to wish she could be a bit more like Rosie – confident, funny and interesting. Then Suzanne comes into their lives: beautiful, damaged, exciting and mysterious, and things get a whole lot more complicated.”, Beautiful Broken Things, edition MacMillan

Un young-adult sans romance ? Il ne m’en fallait pas plus pour m’intriguer. Pas de triangle amoureux pour Beautiful Broken Things, mais plutôt un triangle amical. Direction Brighton, station balnéaire située dans le sud de l’Angleterre. Caddy et Rosie sont inséparables depuis leur enfance. Elles traînent toujours ensemble, s’adorent, se connaissent par cÅ“ur et rien ne peut les séparer. Du moins c’est ce qu’elles croyaient. Leurs entrées dans deux lycées différents n’avaient pas entaché leur amitié. Et pourtant cette harmonie se fracture lorsqu’un troisième membre s’ajoute à ce duo : Suzanne. C’est comme placer un poids sur un côté de la balance : elle se déséquilibre. L’amitié entre Caddy et Rosie, jusqu’à présent inébranlable, est comprise : tensions, rivalités et jalousie éclatent. Cette amitié à trois vacille constamment entre de forts sentiments fraternels et des disputes incessantes. Une telle dissonance ne peut mener qu’aux larmes et à la rupture. Quelle amitié survivra ? Celle que l’on connaît depuis des années ou celle que l’on trouve excitante pour sa nouveauté ?

On a tous déjà été confronté à ce genre de situation –du moins j’imagine-. L’amitié c’est un peu comme construire un mur ensemble, chacun y met du sien, place sa brique, et au fil du temps ce mur se fortifie. Puis un inconnu débarque du jour au lendemain et le mur se fissure.  Dans ce roman, l’inconnue se nomme Suzanne. Nouvelle élève, populaire, extravertie, jolie,  elle fait sensation. Une amie qu’on envie pour son charisme et son côté rebelle. Assez cliché. Pourtant ce n’est pas ça qui brise ce lien entre les deux meilleures amies. Non. Les responsables sont les démons enfouis dans l’esprit dans Suzanne et les sombres secrets qu’elle garde en elle.

Je ne vais pas vous mentir. Je cherchais une lecture en anglais limpide et sans complications et Beautiful Broken Things répond complètement aux critères. Le texte est compréhensible et épuré. Concernant l’intrigue, l’auteur a privilégié la psychologie des personnages et leurs sentiments au détriment de l’action. De très légers retournements dynamisent le récit. Ils auraient peut-être mérités d’être un peu plus approfondis ou plus surprenants.

Que dire de Caddy, Rosie et Suzanne ? Nos trois héroïnes sont paradoxales. Chacune a une personnalité qui lui est propre, un rapport à l’amitié bien particulier. Leurs différences les rassemblent mais les éloignent aussi. L’équation n’est jamais parfaite : un duo se détache et écarte un pion qui se retrouve seul. Les trois filles ont toutes une part de responsabilité dans les conflits qui se tissent entre elles. J’ai apprécié cette absence de manichéisme dans la conception de ces adolescentes cependant, en tant que lectrice, je suis restée extérieure au texte. Je n’ai pas réussi à m’attacher un seul de ces personnages même si certains traits de caractère coïncidaient avec les miens. Peut-être est-ce à cause de leur âge… je n’arrive pas à l’expliquer.

Beautiful Broken Things plaira aux amateurs de young adult. Un roman rapide à lire, un peu cliché. Un livre qui reflète les complexités des relations amicales mais pas que. Sara Bernard nous livre aussi un récit psychologique en couchant sur papier les noirceurs qui peuvent torturer l’esprit. 

★ ★ ★ ✩ ✩
Gwendoline

2016

Si Je Reste

11:25

de Gayle Forman


« Mia a 17  ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit ami craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand tout s’arrête. Ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé un bord de la route. Un banal accident de voiture (…). », Si Je Reste, édition Pocket

Quand la guitare rencontre le violoncelle. Quand musique classique et musique rock se tiennent la main. Mia, jeune adolescente de 17 ans, est une violoncelliste prometteuse. Des parents anciens punks. Un petit frère turbulent .Elle fait figure d’exception, cachée derrière son instrument et très éloignée de l’excentricité de sa famille. Néanmoins sa passion pour la musique les rassemble. C’est cette même passion qui va la lier à Adam : le jeune rockeur populaire de son lycée. Un matin d’hiver tout bascule : Mia, son frère et ses parents ont un violent accident de voiture. A cause d’un phénomène inexplicable, Mia se détache de son corps et assiste, impuissante, aux conséquences de ce tragique accident. Pendant une journée, elle se remémore les derniers Ã©vénements chocs de sa vie et des instants précis de son enfance. A la fin, un choix s’impose : rester ou partir ? Vivre ou mourir ?

Vous ne vous pouvez pas vous imaginer comment ce film m’a fait pleurer. Quand j’ai vu la bande annonce pour la première fois j’en ai eu des frissons dès que « Say Something » de Great Big World a résonné et je ne m’attendais pas à un film aussi dramatique. J’avais aimé cette histoire pas seulement à cause de sa dimension sentimentale ou pathétique mais surtout pour l’importance accordé à la musique. Et j’ai adoré retrouver cette accent mis sur la musique dans le roman initial de Gayle Forman. C’est d’ailleurs l’un des atouts du livre : il ne réduit pas le récit à une histoire d’amour entre deux musiciens –comme a tendance à faire le film- mais plutôt aux vies de plusieurs individus autour de la musique. L’auteur joue avec deux empreintes musicales qu’on oppose systématiquement pour les réunir avec deux personnages très différents. Le roman suit avec plus de précision la formation musicale de Mia et l’évolution de sa relation avec le violoncelle ;  même si le film donne une intensité absente dans le texte grâce au son et à des scènes inédites. Je pense notamment à l’audition de Mia et au plafond qu’Adam reproduit dans sa chambre.

Le roman est très court et la rapidité de la trame se fait sentir. Certains éléments peuvent étonner. La scène où Mia découvre les dégâts de l’accident, manque cruellement d’émotions. La jeune fille nous décrit la vision d’horreur auquel elle est confrontée et pourtant elle passe très vite sur autre chose. Est-ce une façon d’exprimer l’état de choc de la jeune fille ? Peut-être ; mais face à une situation aussi tragique, je doute de la vraisemblance de cette réaction. Et c’est là où la tonalité larmoyante du film a un intérêt : sur cette même scène, je trouve la prestation de Chloé Grace Moretz beaucoup plus réaliste et émouvante. Le film a respecté les grandes lignes du roman alors pas de grandes surprises. C’est une très belle histoire d’amour, une belle histoire de musique ; une histoire de vie : la vie avec ses surprises, ses cadeaux, ses obstacles, sa beauté et sa noirceur.

« Dans la vie, il faut parfois faire des choix, et parfois ce sont les choix qui te font. » (p151)


Gwendoline

april

Fangirl

11:25


de Rainbow Rowell


« Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré en attendant la parution du dernier tome ! Elle vit dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa sÅ“ur jumelle, loin de toute vie sociale. Pourtant c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie étudiante ? », Fangirl, aux éditions Castelmore

Fangirl traverse l’écran et décide de percer le secret qui se cache derrière certains claviers : les fanfictions (c'est-à-dire écrire un texte sur ces héros ou stars préférés). Ce phénomène est largement développé et il commence depuis peu à intéresser les maisons éditions. Rainbow Rowell, en fait un livre où elle relate la première année à la fac de Cath, ou Magicath sur les réseaux sociaux. Sa fanfiction Carry On adaptée de la saga mondialement connue « Simon Snow » -qu’on peut très fortement associer à Harry Potter- décolle. Elle compte des milliers de lecteurs qui attendent chaque nouveau chapitre avec impatience. Et pourtant, au-delà de ces amis internet, Cath a une vie très solitaire. Sa seule amie est sa sÅ“ur jumelle, Wren. Pendant que sa sÅ“ur enchaîne les fêtes et les petits amis, Cath passe ses soirées à écrire ou manger des lasagnes congelées devant la télévision avec son père. Même si elle maîtrise avec brio la relation amoureuse entre ses deux personnages fictifs, sa vie sentimentale n’est pas très trépidante.

Elle imagine garder cette même monotonie lors de sa rentrée à l’université. Sa sÅ“ur restera son lien avec le monde extérieur, comme d’habitude. Néanmoins,  Wren en décide autrement. Elle veut vivre sa propre expérience et elle choisit une autre colocataire. Fini la vie en duo ! Cath débarque son ordinateur sous le bras, dans un univers qu’elle ne connaît pas et elle doit partager sa chambre avec une inconnue.  Cette jeune étudiante, haïssant le changement, n’est pas vraiment à l’aise. Son manque de sociabilité est tel qu’elle préfère se nourrir de barres protéinées au lieu de demander à sa coloc où se trouve le self ! Et pourtant, en deux semestres, son année à la fac va se révéler plus riche en émotions qu’elle ne pensait grâce aux rencontres qu’elle va faire.

Le personnage de Cath m’a beaucoup plu. Son histoire est vraiment touchante et originale. Cath a pour seules et uniques passions : l’écriture et Simon et Baz, les personnages fictifs de sa série de romans préférés. Ses journées à la fac se rythment alors entre ses cours d’écriture créative, et Carry On. L’auteur s’amuse à incorporer des extraits de ce roman fictif (un livre de cette fiction a d’ailleurs été publié pour ceux qui le souhaitent). Pour ma part, j’ai adoré suivre le processus d’écriture de Cath et son évolution. En parallèle, on vit avec elle ses petites histoires avec sa colocataire et son petit ami, son acolyte du cours d’écriture,  sa sÅ“ur et son père.

Les protagonistes de Rainbow Rowell sont très attachants et réalistes. J’ai vraiment apprécié découvrir des personnages très singuliers, qui n’ont rien de stéréotypés,  et où on se reconnaît un peu dans chacun d’eux. Cath est une jeune femme qui ne mâche pas ses mots ; elle affirme ses opinions et ses choix (elle ne cache pas son amour pour Simon Snow). Elle a un esprit assez fort et têtu. Comme sa colocataire sans son brin déganté. Reagan est une colocataire marrante, conciliante et sympathique. Les scènes entre Cath et Reagan m’ont beaucoup fait rire. Quant aux héros masculins sont aussi très intéressants. Ils n’ont rien de demi dieux, ni l’attitude clichée du rebelle mystérieux, ils sont juste réels, humains. L’auteur s’attarde aussi sur la relation familiale de Cath, on les découvre au fil de la lecture.

On termine cette histoire, le sourire aux lèvres. Certes une ou deux questions restent en suspens mais on est conquis. Fangirl a été une très bonne lecture, et j’avoue que cela me rassure un peu d’avoir trouvé une fangirl pire que moi !

Fangirl est fait pour vous si vous voulez une histoire légère et originale ; l’histoire d’une jeune femme mordue d’écriture, peut-être un peu trop fan mais tellement attachante qu’on voudrait bien devenir sa colocataire pour lui dire que la fac ce n’est pas si terrible que ça ! Que ce changement lui sera bénéfique car au-delà de cette fangirl se cache une étudiante qui veut se réconcilier avec son passé et son écriture ! 

COUP DE COEUR



(photos trouvées sur tumblr, elles ne m'appartiennent pas)

Gwendoline

2016

Aristote et Dante Découvrent les Secrets de l'Univers

09:12

de Benjamin Alire Saenz


« Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais … C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvre les secrets de l’univers. », Aristote et Dante découvrent les secrets de l’Univers, aux éditions Pocket Jeunesse

Oui oui les noms d’Aristote et Dante ne nous sont pas inconnus : l’un est un philosophe grec et l’autre un poète. Cependant Aristote et Dante sont aussi les héros de Benjamin Alire Saenz, auteur récompensé pour son roman Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers. Un roman qui parle d’adolescence avec innocence et poésie.  Un roman qui nous retrace l’amitié profonde et inédite de deux jeunes garçons fait pour se rencontrer.

Eté 1987, dans la ville El Paso au Texas, Aristote alias Ari, est un garçon d’origine mexicaine assez solitaire. Le petit dernier de la famille ne supporte pas le silence de ses parents ; ce silence qui s’est installé depuis l’arrestation de son frère dont plus personne ne parle. Un jour, souhaitant combler ce malaise familial, et sa solitude, il se rend à la piscine pour apprendre à nager. Invisible aux yeux de tous, il se laisse flotter dans un coin espérant ne pas couler, jusqu’à ce qu’une voix lui propose de l’aider. Cette voix c’est Dante, un garçon aussi seul que lui qui va devenir son meilleur ami. Durant deux étés suivants, on suit le quotidien de ces deux personnages qui se lancent à la recherche des secrets de l’univers. Découvrir ce qui se cache derrière cette immensité, ce monde si grand et si paradoxal où tous les éléments, les sentiments s’entrechoquent, même les contraires. Deux jeunes adolescents en quête d’eux-mêmes, qui à seize, dix-sept ans expérimentent la vie, passent le cap des premières fois, poussés par une envie de savoir sans tomber dans l’excès. Car « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » pour reprendre les vers de ce cher Rimbaud –très beau poème à lire soit dit en passant-.  


Réduire ce livre à un simple roman d’apprentissage serait dommage. C’est une profonde histoire d’amitié, pas toujours évidente même pour nos héros, où se dégage une aura poétique. L’intertextualité littéraire et artistique emplit les personnages d’une sensibilité. L’écriture de Benjamin Alire Saenz accentue la beauté de l’histoire en étant spontanée et en attribuant une symbolique à des éléments – tel que l’oiseau ou la pluie-. En outre, ce roman contient des thèmes forts  comme les relations familiales, la parole, la violence, l’homosexualité ou encore la guerre. Tant de sujets qui donnent une vraie modernité et intemporalité à ce livre.

C’est vrai que ce n’est qu’une histoire sur deux adolescents mais leur personnalité et leur amitié sont si originales que vous ne vous ennuierez pas. On s’attache vraiment à Ari et Dante. Une fois ce livre terminé, on a envie de rejoindre Aristote et Dante dans le désert et contempler un ciel sans pollution lumineuse à l’arrière d’un pick-up !

Ceux sont toutes ces raisons que j’adoré Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers ; car c’est un tableau nouveau et émouvant de l’adolescence qui donne un peu de fraîcheur à ce motif qui est très exploité aujourd’hui.

Par conséquent, je vous conseille ce roman si vous souhaitez vivre une belle histoire d’amitié aux côtés de deux garçons assez différents mais réunis par un souhait commun : combler une vide, un vide qui ne disparaît que si on ose partir à la quête des secrets de l’univers ! 

COUP DE COEUR

2015

Sélection Livresque pour Noel

12:44

❅❅

Bonsoir chers camarades lecteurs, 

Je reviens ce soir sur le blog avec un article un peu incongru face à ce que vous avez l'habitude de trouver chaque semaine. Il se trouve que ces dernières semaines avant les vacances de Noel sont assez chargées, j'ai pas mal d'examens et de travaux à rendre pour la fac. Donc, je vous l'avoue ces 7 derniers jours aucun livre n'est passé entre mes mains. 

Pour autant, sachez que je ne suis pas du genre à vous oublier, alors pas question de ne rien poster ce dimanche soir. Et voici pourquoi, je vous propose de découvrir ma sélection de lecture pour les fêtes de Noel. J'ai choisi six livres qui me tentent pour cette période de l'année, que je compte lire ou relire. J'ignore si je les lirais tous ce mois-ci mais c'est l'occasion de vous proposer des idées lectures pour Noel. So so let's go ! 





On débute tout de suite avec un livre plein de magie, idéal pour vous faire rêver pendant les fêtes : je vous conseille de découvrir ou redécouvrir Les Contes de Beedle Le Barde de JK Rowling. C'est un recueil de contes pour les jeunes sorciers, pleins de fantaisies, d'indications et de petites morales. Alors quoi de mieux que la lecture de ces petites histoires, un soir au coin du feu emmitouflée dans un plaid ( #lerêve!). 





On continue avec une histoire aux antipodes de ces contes, avec une ambiance hivernale et glaçante. Black Ice de Becca Fitzpatrick est le récit d'un week end en montagne de deux supers copines. Mais voilà problème : une tempête de neige vient gâcher leurs plans ; s'en suit une prise d'otage dans un chalet éloigné de toute communication. C'est vraiment un livre qui me tente. Suspense, mystère et boule de neige garanti ! (du moins je pense).







Et pourquoi ne pas vivre Noel avec une touche  d'anglais ? C'est ce que me propose My True Love Gave To Me, un recueil de nouvelles venues tout droit de l'imagination de plusieurs auteurs américains à succès . Ici on a droit à 12 nouvelles centrées autour des fêtes de fins d'années, de l'hiver, et des flocons de neige. On passe de la magie de Noel au Nouvel An, tout ça avec un soupçon d'humour et de romantisme. C'est le genre de livre qui nous rêver et nous fait voir la vie du bon côté. J'avais commencé à lire quelques histoires l'année dernière et cette année je compte bien recommencer. Douceur et légèreté au rendez-vous ! ( En plus, regardez moi cette couverture magnifique, les pages sont ROSES, oui! oui! ROSES). 





On avance dans notre sélection avec un petit thriller, une enquête, plongé en plein mois de décembre. Trois Jours Avant Noel de Mary et Carol Higgings Clark, raconte l'histoire de Nora Reilley une célèbre écrivaine de romans policiers, un peu malchanceuse, contrainte de se faire opérer avant les fêtes de Noel. Mais voilà que son mari et son chauffeur se font kidnapper. Alors, avec sa fille, Nora elle va essayer de sauver son mari. Petite histoire pleine de mystère, idéale pour découvrir les fameuses histoires de Mary Higgings Clark. 





Un livre émouvant, pleins de sentiments pour les fêtes ? Pourquoi pas. J'ai choisi Tous Nos Jours Parfaits de Jennifer Niven car premièrement je me suis dit qu'il était peut être temps que je le lise, je n'en entends que du bien depuis sa sortie. Rien n'annonce un univers hivernale mais peu importe, le mois de Décembre est là et j'ai envie d'être touchée par une lecture simple, poétique sans science fiction. Une lecture douce, une histoire d'amour qui réchauffe le cÅ“ur comme un bon chocolat chaud. J'attends peu être un peu de ce roman en vous disant ceci, mais tant pis, je veux y croire. 







Alors je vous dis que je veux des lectures douces loin de tout fantastique et puis gentiment je viens vous présenter Harry Potter et La Coupe de Feu. Taratata ! C'est différent les amis ! Harry Potter c'est magique, c'est un monde de rêve qu'on peut lire à n'importe quel moment et Noel c'est encore mieux. Pour s'évader de notre monde moldu quoi de mieux : troquer sa brosse à dent pour une baguette magique, je dis oui ! (enfin je crois que ma brosse à dent me manquerait quant même, merci l'haleine :) Et puis dans chaque tome on a droit au fameux chapitre des fêtes de fin d'années. J'ai commencé à relire tranquillement la saga, et La Coupe de Feu rentrait bien dans mes envies de décembre : rien que pour revivre le bal de Noel et suivre les épreuves étonnantes des champions. A lire, lire et relire, sans modération, et sans risque que la magie disparaisse !
                                        ❅
 Et c'est tout pour ce soir, en espérant que cet article inhabituel vous a plu. N'hésitez pas à me dire quelle est votre pal pour les fêtes de fin d'années. Que votre mois de décembre soit rempli de bonnes lectures et de bons chocolats aux côtés de ceux que vous aimez.

Je vous embrasse.
Gwendoline


2015

La Femme de Trente Ans

16:04

d'Honoré de Balzac


«Un des mythes fondateur de l’histoire de la condition féminine. «  A trente ans », l’héroïne de Balzac découvre que non seulement elle peut encore être aimée mais qu’il ne lui est plus interdit de devenir un être humain à part entière. Au prix de quelle lutte ! », La Femme De Trente Ans, édition Folio Classique

Dans cet univers balzacien, au milieu du régime de Napoléon, on nous présente Julie. Julie. Le roman est son histoire ; l’histoire d’une femme (et des femmes en général) au départ comme les autres : elle tombe amoureuse d’un homme au premier regard, découvre les particularités du mariage et  les premières déceptions. L’illusion d’un amour idéal et parfait s’écaille. Balzac illustre dans cette Å“uvre, le devoir imposé aux femmes de l’époque en tant qu’épouse. Leur liberté est limitée contrairement à celle des hommes. Leur vertu doit être sans accrocs, de même que leur fidélité et dévotion à leur mari.


Ici, l’auteur délivre son héroïne et toutes les âmes féminines qui tournent ces pages : une femme a le droit d’aimer et de se sentir aimée à nouveau, elle peut être humaine et succomber aux passions. Balzac rend justice à ces mères, ces filles, ces épouses et ces compagnes soumises à une société patriarcale.

Le personnage de Julie, la comtesse d’Aiglemont, est attachant. Au début de la lecture, elle nous apparaît naïve et rêveuse, battant des cils dès le premier corps masculin venu, à la recherche de l’amour, sans entendre les méfiances de son père, sur sa condition à venir une fois mariée. L’ironie veut qu’une fois mère et fanée par le temps, Julie elle-même tente prodiguer cet avertissement à sa cadette qui demeure aussi indifférente et sourde qu’elle avait pu l’être dans sa jeunesse. Cette anecdote nous apprend bien que la prise de conscience féminine sur la désillusion du mariage et des relations amoureuses se sait par l’expérience. D’où cette répétition.



La jeune Julie se lasse rapidement de sa nouvelle union et sombre dans une lassitude et une monotonie, une maladie de l’esprit, non identifiée par l’auteur qu’aujourd’hui on nommerait la dépression. Pourtant la beauté de ses traits et les joies renaissent lors de sa rencontre avec la tante de son mari, Madame de Listomère : une vieille dame qui l’écoute, la console, lui parle. Ensuite, une rencontre inattendue va lui réapprendre à aimer. S’en suit alors un rôle d’épouse et d’aimante. Sa naïveté fait place à une connaissance approfondie des mariages, des adultères, des apparences et des passions. Chaque chapitre fait avancer la comtesse dans les années. On la voit surmonter la perte, la maternité et l’envol de ses enfants, et plus particulièrement de ses filles, vers l’âge adulte. Ce personnage énigmatique n’en est pas moins sans défauts : son amour maternel peut être contesté, et son apitoiement sur elle-même et son malheur quelque peu exagéré peut exaspérer le lecteur. Néanmoins ce roman reste une lecture instructive et émouvante sur le dessein des femmes dans leur rôle à jouer au cours de leur vie.

C’est le troisième livre de Balzac que je lis (après Le Père Goriot et Le Lys dans La Vallée) et il est pour le moment mon favori. C’est un témoignage tellement réaliste et poignant sur les femmes du XIXème, leur quotidien et surtout leur libération dans un siècle où leur conduite est dictée par des codes et des convenances.

Je conseille La Femme de Trente Ans, aux individus souhaitant se confronter à un classique plein d’émotions, sur la vie commune et chahutée d’une femme, qui n’était qu’une jeune fille en quête d’un amour indéfectible ! 


2015

Comment (bien) rater ses vacances

05:23

de Anne Percin



« Cet été, Maxime a 17 ans. Il ne veut plus partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie pour glander devant l’ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes ! », Comment (bien) rater ses vacances, édition Rouergue

Je voulais démarrer une lecture qui amorce les grandes vacances, alors face au titre, ce livre s’est imposé à moi. Nous retrouvons Maxime, un jeune ado qui rêve d’indépendance et de liberté, qui décide de passer les vacances chez sa grand-mère loin de ses parents et de sa petite sÅ“ur, Alice. Persuadé qu’il pourra passer ses journées sur son PC, il va voir ses projets contrariés.


Je me suis lancée dans cette lecture sans trop d’attente, c’est un livre qui traînait depuis trop longtemps dans ma bibliothèque. Je reste mitigée. C’était une bonne lecture mais je n’ai pas eu cette étincelle qui vous empêche de quitter l’histoire. L’ouvrage fait moins de 200 pages alors les Ã©vénements s’enchaînent rapidement, tout en retraçant des habitudes banales. La quatrième de couvertures nous promet « des journées délirantes » pour Maxime : au début j’y ai cru, un élément vient perturber la routine de Maxime et de sa grand-mère. Dans cette même journée, l’adolescent se met dans des situations délicates et comiques. Je m’attendais à plus pour la suite, et j’ai été un peu déçue ; excepté quelques anecdotes humoristiques, la suite du récit reste assez habituelle et prévisible. Je n’ai pas été spécialement surprise.

Le personnage de Maxime demeure un jeune homme de 17 ans comme les autres, fan de guitares électriques et en quête d’une relation amoureuse, mais qui à la fois se démarque par son côté solitaire et une intelligence à la Sherlock Holmes. On apprend d’ailleurs qu’il est un admirateur inconditionné du détective anglais. Une chose qui m’a dérangé au départ et un peu tout le long de l’histoire sont les références excessives à des musiques, des livres, des jeux, des pubs ou même des produits alimentaires : je n’ai pas trop apprécié ce déballage de « marques ». Ensuite, dans la narration faite par Maxime, j’ai trouvé un décalage important de vocabulaire qui pouvait être judicieux (ça reflète la dualité entre l’ado de 17 ans et son intelligence) mais donnait un style assez décousu.


Cependant je conseille ce livre pour ceux qui veulent passer un moment léger et rire ; l’humour est un point majeur de ce livre, et tous les personnages débordent de gaieté. J’ai bien aimé la grand-mère de Maxime, une vieille femme marrante, dynamique et atypique tout en restant à la fois une mamie traditionnelle qui aime faire ses confitures. Ce livre illustre l’importance des relations familiales (entre une grand-mère et son petit-fils, entre un frère et une sÅ“ur), l’amitié qui peut naître au travers d’un réseau social et la découverte des premières relations amoureuses. Comment (bien) rater ses vacances est une lecture légère, sans prise de tête, et pleine d’humour !




article

Boule de Suif

10:11


« Maupassant saisit  dans leurs côtés cruels les réalités de la vie, non sans dégager cet amalgame de bourgeois avides et d’humiliés perdus une poésie âcre et forte », Boule de Suif, édition Livre de Poche

Dans ce recueil de  vingt-deux nouvelles, Maupassant exploite le monde des petits bourgeois et des paysans où se mêlent les affaires amoureuses, la vengeance et surtout l’ironie du sort. L’auteur joue avec les protagonistes, avec un certain humour noir ; il les met dans des situations inconfortables, parfois comiques mais aussi prévisibles quand le lecteur comprend son jeu d’écriture.
On y retrouve des évènements historiques, un thème majeur de la guerre, et le rapport entre les français et l’ennemi prussien.  « Boule de Suif » est le récit le plus long de ce recueil, il est aussi pour moi, le drame le plus touchant, l’auteur fait preuve d’une narration circulaire qui appuie davantage le destin tragique de la jeune femme éponyme du livre. Nombreuses de ces « short stories » ont une fin dramatique, saupoudrée par une ironie marquante. Pourtant ces textes sont très variés : « La moustache », véritable éloge amoureuse se conclut avec une anecdote effrayante, des récits frôlent avec la folie et le funeste comme « La Chevelure » ou « Auprès d’un mot ».  Difficile de les départager, néanmoins « La Dot », « La Parure » et « Rose » font partie de mes favoris ; les femmes et leur destin sont les principales cibles de Maupassant, et il se joue de leurs aventures. Il s’amuse aussi des situations cocasses pour ridiculiser ses personnages. D’après moi, « Le bonheur » est une nouvelle poétique et romantique, assez éloignée du portrait de l’amour fait généralement par le romancier. Je vous en ai gardé un léger extrait « Je la contemplais, triste, surpris, émerveillé par la puissance de l’amour ! (…) Elle n’avait jamais eu besoin que de lui ; pourvu qu’il fût là, elle ne désirait rien. Elle avait abandonné la vie, toute jeune, et le monde, et ceux qui l’avaient élevée, aimée ». Je ne me suis pas attardée sur tous les récits, je vous laisse découvrir par vous-même l’environnement et les relations qui tissent l’auteur.
J’attache une grande affection aux écrits de Maupassant, je trouve son style poétique et très fluide à la fois. L’écrivain cache une sensualité qu’il dévoile grâce à des images. Maupassant est un des auteurs classiques avec qui je n’éprouve aucune lassitude en lisant ces ouvrages. Boule de Suif est vraiment un petit bijou, très rapide à lire, et distrayant par la diversité de ses épisodes ! 
(je ne donne pas de note aux "classiques" de la littérature pour la simple raison que leur intemporalité leur attribue un statut de chef d'oeuvre que l'on ait apprécié ou non la lecture)

Avez-vous lu une oeuvre de Maupassant ? Quels sont vos avis ?

anglais

The hunger games

04:25

The hunger games, Tome 1 
Première lecture en VO avec une valeur sûre : THE HUNGER GAMES de Suzanne Collins

"May the odds be ever in your favour. (…) Winning will make you famous. Losing means certain death", The Hunger Games, tome 1, édition Scholastic

Les Etats-Unis sont divisés en 12 districts soumis à l’autorité de la dictature et du président Snow. Contre toute rébellion, le gouvernement organise chaque année les Hunger Games, évènement retranscrit à la télévision où une fille et un garçon de chaque district se battent à mort dans une arène. On découvre le personnage de Katniss, qui prend la place de sa jeune sÅ“ur, Prim, dans les jeux,  et elle devient la mythique « Girl On Fire » aux côtés de l’autre tribu sélectionné, Peeta. Bref, j’imagine que le topo tout le monde le connaît.
Que dire que avant même de commencer cette lecture j’étais déjà enchantée. J’avais déjà lu le premier tome il y a bien longtemps et je souhaitais me lancer dans un livre en anglais, alors j’ai privilégié une histoire que je connaissais. La couverture française n’est pas si différente, mais je reste davantage envoûtée par l’édition originale qui est plus épurée et esthétique d’après moi.

J’avais beaucoup aimé ce roman à ma première lecture et en le relisant je l’ai aimé encore plus. Les dérives des téléréalités et ses extrêmes sont clairement montrés dans cet ouvrage. Certaines anecdotes m’ont un peu rappelées 1989 de G. Orwell, mais cela reste une impression personnelle. Cette dystopie répond clairement aux codes d’un régime tyrannique avec les inégalités flagrantes, le manque de libre-arbitre sur ses pensées et ses choix. L’aspect de scénarisation pour attirer les sponsors m’a beaucoup plu, car dans nombre d’émissions aujourd’hui, et n’est pas rare de trouver des éléments orchestrés, ce qui créer un effet miroir  et renvoie à des pratiques qui se font dans notre société. Les jeux demeurent l’épisode le plus palpitant, où Suzanne Collins joue avec les émotions et les attentes de son lecteur surtout par rapport aux relations entre les personnages (dont la relation entre Peeta et Katniss) et aux confrontations physiques parfois brutales.
Les protagonistes sont bien approfondis, on entretient un lien différent avec chacun d’eux. Katniss incarne vraiment ces héroïnes qui m’inspirent et dont j’admire leur courage et leur témérité. J’aime les femmes fortes dans leur caractère et leur accomplissement. Ensuite Peeta. J’étais contrainte de l’évoquer, étant donné qu’il reste mon favori, son côté un peu dépendant de Katniss mais à la fois résistant et brave pour ceux qu’il aime, est touchant. Dès le départ, il est vu comme un perdant par son entourage mais Katniss lui attribue un héroïsme, il devient pour elle et pour nous, lecteurs, un héros au grand cÅ“ur. Vous vous imaginez bien que mon cÅ“ur penchait directement pour le couple Peeta et Katniss.  Les autres personnages accordent eux aussi une importance à l’histoire, Haymitch  l’ivrogne dont on se méfie qui devient un protecteur pour les tribus, Cinna le styliste qui fournit à Katniss sa popularité, l’incroyable Effie aussi bien déconnectée de la cruauté de ce système que attachante et enfin, Gale le meilleur ami, le confident et  le petit ami potentiel. Tant de personnages qui donnent un charisme à l’histoire grâce à des comportements et des points de vue divergents.

L’anglais n’est pas devenu un obstacle ; je ne pourrai pas traduire chacun des mots mais pour une personne avec un niveau d’anglais moyen, la langue n’est pas un problème. La lecture reste fluide et compréhensible. Donc pour tous les fans de cette série dystopique, respirez un bon coup et redécouvrez  le texte de Suzanne Collins, libéré des arrangements qu’occasionne la traduction.
COUP DE COEUR
Gwendoline

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