april

Fangirl

11:25


de Rainbow Rowell


« Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré en attendant la parution du dernier tome ! Elle vit dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa sÅ“ur jumelle, loin de toute vie sociale. Pourtant c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie étudiante ? », Fangirl, aux éditions Castelmore

Fangirl traverse l’écran et décide de percer le secret qui se cache derrière certains claviers : les fanfictions (c'est-à-dire écrire un texte sur ces héros ou stars préférés). Ce phénomène est largement développé et il commence depuis peu à intéresser les maisons éditions. Rainbow Rowell, en fait un livre où elle relate la première année à la fac de Cath, ou Magicath sur les réseaux sociaux. Sa fanfiction Carry On adaptée de la saga mondialement connue « Simon Snow » -qu’on peut très fortement associer à Harry Potter- décolle. Elle compte des milliers de lecteurs qui attendent chaque nouveau chapitre avec impatience. Et pourtant, au-delà de ces amis internet, Cath a une vie très solitaire. Sa seule amie est sa sÅ“ur jumelle, Wren. Pendant que sa sÅ“ur enchaîne les fêtes et les petits amis, Cath passe ses soirées à écrire ou manger des lasagnes congelées devant la télévision avec son père. Même si elle maîtrise avec brio la relation amoureuse entre ses deux personnages fictifs, sa vie sentimentale n’est pas très trépidante.

Elle imagine garder cette même monotonie lors de sa rentrée à l’université. Sa sÅ“ur restera son lien avec le monde extérieur, comme d’habitude. Néanmoins,  Wren en décide autrement. Elle veut vivre sa propre expérience et elle choisit une autre colocataire. Fini la vie en duo ! Cath débarque son ordinateur sous le bras, dans un univers qu’elle ne connaît pas et elle doit partager sa chambre avec une inconnue.  Cette jeune étudiante, haïssant le changement, n’est pas vraiment à l’aise. Son manque de sociabilité est tel qu’elle préfère se nourrir de barres protéinées au lieu de demander à sa coloc où se trouve le self ! Et pourtant, en deux semestres, son année à la fac va se révéler plus riche en émotions qu’elle ne pensait grâce aux rencontres qu’elle va faire.

Le personnage de Cath m’a beaucoup plu. Son histoire est vraiment touchante et originale. Cath a pour seules et uniques passions : l’écriture et Simon et Baz, les personnages fictifs de sa série de romans préférés. Ses journées à la fac se rythment alors entre ses cours d’écriture créative, et Carry On. L’auteur s’amuse à incorporer des extraits de ce roman fictif (un livre de cette fiction a d’ailleurs été publié pour ceux qui le souhaitent). Pour ma part, j’ai adoré suivre le processus d’écriture de Cath et son évolution. En parallèle, on vit avec elle ses petites histoires avec sa colocataire et son petit ami, son acolyte du cours d’écriture,  sa sÅ“ur et son père.

Les protagonistes de Rainbow Rowell sont très attachants et réalistes. J’ai vraiment apprécié découvrir des personnages très singuliers, qui n’ont rien de stéréotypés,  et où on se reconnaît un peu dans chacun d’eux. Cath est une jeune femme qui ne mâche pas ses mots ; elle affirme ses opinions et ses choix (elle ne cache pas son amour pour Simon Snow). Elle a un esprit assez fort et têtu. Comme sa colocataire sans son brin déganté. Reagan est une colocataire marrante, conciliante et sympathique. Les scènes entre Cath et Reagan m’ont beaucoup fait rire. Quant aux héros masculins sont aussi très intéressants. Ils n’ont rien de demi dieux, ni l’attitude clichée du rebelle mystérieux, ils sont juste réels, humains. L’auteur s’attarde aussi sur la relation familiale de Cath, on les découvre au fil de la lecture.

On termine cette histoire, le sourire aux lèvres. Certes une ou deux questions restent en suspens mais on est conquis. Fangirl a été une très bonne lecture, et j’avoue que cela me rassure un peu d’avoir trouvé une fangirl pire que moi !

Fangirl est fait pour vous si vous voulez une histoire légère et originale ; l’histoire d’une jeune femme mordue d’écriture, peut-être un peu trop fan mais tellement attachante qu’on voudrait bien devenir sa colocataire pour lui dire que la fac ce n’est pas si terrible que ça ! Que ce changement lui sera bénéfique car au-delà de cette fangirl se cache une étudiante qui veut se réconcilier avec son passé et son écriture ! 

COUP DE COEUR



(photos trouvées sur tumblr, elles ne m'appartiennent pas)

Gwendoline

april

Dr Jekyll and Mr Hyde

10:41

de Robert Louis Stevenson 


«Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et boxé une marchande d'allumettes. C'est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l'ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine. A quoi, à qui ressemble-t-il? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr Hyde ? », Dr Jekyll and Mr Hyde, édition Penguin Popular Classics

Il était temps de replonger à un peu dans nos classiques. Et pourquoi ne pas voguer dans les ruelles sombres et fantomatiques d’un Londres victorien ? Prenez une tasse de thé bouillante, votre chapeau melon et votre parapluie et allons jouer ensemble les Sherlock Holmes. Dr Jekyll and Mr Hyde s’est révélé à Robert Louis Stevenson dans un de ses rêves. Cet écrivain écossais, adepte d’aventures, doit à son inconscient l’une des nouvelles les plus frissonnantes et psychologiques de la littérature britannique.  Cette histoire initialement policière devient un récit fantastique haletant et déroutant.

Tout commence par des rumeurs, des histoires de quartier. Un homme hideux et étrange du nom de Mr Hyde a commis plusieurs crimes et délits, néanmoins  il semble protégé par le bon docteur Jekyll qui prend soudainement la décision de le faire apparaître dans son testament. Un des fidèles amis du docteur, le notaire Utterson décide de mener l’enquête. Plusieurs éléments troublants s’accumulent et l’étau se resserre autour du docteur Jekyll. Utterson, déterminé à défendre son ami le croyant soumis à un quelconque chantage, se lance à la poursuite de ce Mr Hyde. La vérité éclate dans une lettre rédigée de la main du Dr Jekyll.

Ce classique britannique ne vous est sûrement pas inconnu, vous savez peut être ce qui se cache derrière Dr Jekyll et Mr Hyde ; moi-même je le savais avant de débuter ma lecture mais c’est toujours intéressant de voir comment le sujet est traité. Il est certain qu’un lecteur ignorant le dénouement se voit embarquer dans une série de questions incompréhensibles, et dans cet amas de questions invraisemblables une fin logique se révèle. La puissance de cette Å“uvre tient au fait que l’auteur mêle les genres et trompe son lecteur : le récit passe du réel au fantastique pour revenir au réel. Aujourd’hui le topos abordé s’est banalisé dans la littérature, mais au XIXème cette Å“uvre a dû être une onde de choc.

Cette petite histoire ne permet pas une large connaissance des personnages principaux exceptés du Dr Jekyll et Mr Hyde qui demeurent les points centraux de la narration. Néanmoins cette identification ne me semble pas nécessaire, c’est un récit court, les péripéties s’enchaînent rapidement et l’unique visée du lecteur est de connaître la vérité.

Concernant la lecture en version originale, le ton et style sont classiques et même si parfois la compréhension est complexe, je conseillerais ce livre aux personnes dotées d’un niveau d’anglais correct et qui désirent se lancer dans la littérature anglaise classique. C’est une bonne alternative : vous avez un récit court, et cette histoire aux allures policières dansun décor d’épouvante peut séduire un grand nombre.

Construire une longue argumentation dénaturerait la surprise et le goût de cette lecture. C’est pourquoi, je n’en dirai pas un mot de plus. Le secret du Dr Jekyll reste ave lui enfoui dans les pages de ce livre.

Alors, appel à tous les amateurs d’histoire psychologique et effrayante, Dr Jekyll and Mr Hyde est fait pour vous ! Frisson. Tension dramatique. Un secret vagabondant dans les recoins les plus « gloomy » (lugubres) de Londres.  

amy engel

The Book Of Ivy

13:46

de Amy Engel


"Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple. J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu. Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président… ", The Book Of Ivy, édition Lumen

« The Book of Ivy » une des dystopies préférées du moment. Ce livre a fait sensation quand il est sorti en 2015. Le second tome publié très récemment a séduit les fans. Je vous avoue que l’auteur maîtrise son récit, elle fait monter la tension dramatique crescendo. Une fois le roman terminé, on a qu’une envie : filer en librairie se procurer la suite !

« The Book of Ivy » - d’ailleurs quel est le rapport avec le mot « book » ?- se déroule dans un futur apocalyptique. La terre a été décimée par les guerres nucléaires. Néanmoins des milliers de survivants se regroupent et s’enferment dans une ville aux Etats-Unis. A partir de là, les pulsions destructrices de l’homme et sa soif de pouvoir reprennent le dessus. Deux familles s’affrontent. La victoire désignera le dirigeant qui imposera son système politique. Westfall contre Lattimer. Démocratie contre monarchie. La monarchie l’emporte. En gage de paix, les deux familles ennemies concluent un pacte : les descendants des clans opposés se marieront. Cette année, c’est au tour d’Ivy Westfall, 16 ans, de se marier. Elle a l’honneur d’épouser le fils du président, Bishop Lattimer – Bishop ! c’est sérieux ! ce nom me fait plus penser à des scoubidous ou des polly pockets, bref-. Elle a grandi avec son père et sa sÅ“ur qui lui ont appris à haïr cette famille. Ils lui ont fixé une mission : assassiner son époux pour ensuite faire basculer le pouvoir. Pour faire simple, elle sera la pierre qui fera tomber l’édifice… Mais il se pourrait que cette mission soit plus complexe qu’elle ne le croit. 

Le synopsis séduit déjà. Pourquoi ? Parce que l’auteur modernise une histoire d’amour mythique et fascinante. « The Book of Ivy » c’est la version futuriste de Roméo et Juliette. Ce ne sont pas les Montaigu et les Capulet mais c’est tout comme. Rajoutez à cette histoire d’amour torturée, un décor apocalyptique et un choix cornélien à faire et vous avez la recette pour obtenir un livre qui plaira aux amateurs de dystopie et de young adult. Alors pour faire simple : j’ai vraiment passé un bon moment, l’histoire est assez originale et le dernier chapitre nous laisse vraiment sur notre fin.

Le plan dystopique est assez vite écarté. C’est un parti pris. Amy Engel a choisi de placer le nÅ“ud de l’action au niveau de la relation qui se tisse entre les deux adolescents. Pour ma part, je trouve cela dommage car j’aimerai énormément en apprendre davantage sur cette société. Tant de questions restent en suspens et même si on assiste à plusieurs révélations –assez prévisibles je trouve- certains personnages, surtout dans l’entourage d’Ivy et Bishop, restent mystérieux. Surement que le tome 2 répond plus à ces interrogations. Parlons alors de la relation amoureuse tout en demeurant évasive pour vous laisser la découvrir par vous-même. Il est certain que ce thème change un peu des triangles amoureux qu’on a tendance à trouver partout dans ce genre de roman. Et puis on appréhende autant que Ivy sa rencontre et sa nouvelle vie avec Bishop. L’histoire qui se joue entre eux est à la fois normale et compliquée ; on cesse de se poser des questions sur la sincérité de l’un et de l’autre (même si on suit l’histoire du point de vue d’Ivy).


A l’ouverture du récit, on découvre Ivy, une jeune fille peu sûre d’elle, discrète, légèrement renfermée, qui voue une dévotion inconditionnée à son père et ses idées. Au fil des chapitres, c’est un peu le phénomène du yoyo, elle s’ouvre, elle devient une jeune femme indépendante, qui doute, qui se questionne puis soudainement son devoir reprend le dessus, et elle se recroqueville sur elle-même, elle verrouille ses émotions. Et pourtant, l’Ivy se dresse devant nous dans les dernières lignes est métamorphosée. Je n’en dis pas plus.

L’histoire et ses personnages sont intéressants, c’est un roman qui se lit très facilement et qu’on ne veut lâcher qu’une fois fini. Néanmoins un personnage m’intrigue : Bishop Lattimer. Mon cÅ“ur vacille : il est le héros masculin idéal et pourtant je le trouve parfois un peu cliché. Je ne vous cache pas que certaines scènes entre les deux personnages m’ont fait rire car on retrouve des situations qui sentent un peu la barbe à papa si vous voyez ce que je dire. Et d’un côté pourquoi pas ? Ce sont toujours des scènes agréables à lire. Bishop c’est un peu pareil. Il est parfois trop parfait mais je l’apprécie. Et aux alentours des pages 200, une facette de son comportement est très rapidement abordée et j’aurai aimé la retrouver car elle donne vraiment du piquant à ce personnage. Peut-être que le tome 2 me réserve des surprises à ce niveau-là.

En tout cas, si vous êtes fanas des dystopies et que vous voulez découvrir une histoire à la Roméo et Juliette, alors « The Book Of Ivy » ne peut que vous plaire ! 

2016

Divergente (T1)

09:12

 TOME  I 

de Veronica Roth


« Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. A 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime. Son test d’aptitude n’est pas concluant. Elle est divergente. Ce secret peut la sauver … ou la tuer », Divergente (Tome 1), édition Nathan.

ENFIN je découvre l’univers de Veronica Roth. Je ne connaissais cette histoire qu’à l’écran ; et cette semaine je me suis lancée dans la lecture du premier tome, prête à percer un peu plus les secrets de cette saga. On tombe tout de suite nez à nez avec Béatrice, 16 ans, membre des Altruistes qui se prépare pour son test d’aptitude. Alors, pour les personnes dont ce roman leurs est totalement inconnu, je les entends déjà hurler « quésaco ? ». OK. On reprend.

Imaginez-vous un monde futuriste où la ville de Chicago ne serait plus qu’un lieu entouré de murs et où la population est divisée en cinq factions. Les Audacieux sont les sportifs –pour ne pas dire les tarés- de la cité, ils défendent avec bravoure la ville et assurent le maintien de l’ordre. Les Sincères rendent la justice, leur honnêteté est implacable, ils ne gardent pas leur langue dans leur poche. Les Fraternels sont des êtres pacifistes, et sympathiques qui font office de soignants ou d’agriculteurs dans la société. Les Ã‰rudits ne quittent pas leurs livres, toujours en quête de connaissance pour améliorer le monde. Et enfin les Altruistes gèrent la société pour leur simplicité, leur humilité et leur dévotion pour autrui. Notre héroïne Béatrice vit dans cette caste. Elle ne se sent pas trop à sa place et elle espère que le test d’aptitude, première étape vers l’âge adulte, lui donnera des réponses. Ce test détermine dans quelle classe elle évoluera pour le reste de sa vie. Malheureusement le test lui révèle qu’elle est divergente : un statut rare que la société tente d’anéantir. Secouée d’incertitudes sur l’avenir, et désireuse de rompre avec son passé, elle choisit la faction des Audacieux. Tris va devoir gagner sa place dans ce nouveau clan et cacher sa véritable identité ….

Pour être honnête, cette lecture n’a pas joué avec mes nerfs comme les montagnes russes. Non pas parce que le récit est plat –loin de là- mais le fait de connaître l’histoire au travers du film, ne m’a pas laissé une grande marge de suspense. Je ne dirai pas que je suis déçue, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, j’ai aimé la redécouvrir ;  et replonger dans les mots qui ont donné vie à Divergente. Si vous avez aimé le film, le livre vous plaira tout autant. L’adaptation cinématographique demeure très fidèle au roman. La ligne directrice et les scènes principales sont respectées. Néanmoins cela est intéressant de découvrir les détails apportés initialement par l’auteur et la façon dont sont perçus certains épisodes. Par exemple, la relation entre les personnages de Tris et Quatre est beaucoup plus complexe et moins évidente que dans le film. En outre, l’atout de cette histoire rédigée d’un point de vue interne est que l’on suit les pensées et les sentiments de Tris ; son évolution à la fin de ce premier tome en est d’autant plus flagrante. Enfin, j’ai beaucoup aimé voir les liens qu’entretenaient Tris avec les autres novices des Audacieux. Ils sont présents dans le quotidien de la jeune fille ; on s’attache davantage à eux contrairement au film où l’histoire se concentre surtout sur Tris et Quatre.

Le style de Veronica Roth est assez simple et direct. Les 400 pages de ce roman se lisent donc très facilement. L’auteur envoûte le lecteur grâce à un récit haletant, de nombreuses péripéties et beaucoup d’action. Concernant les personnages, mon avis est positif, on les apprécie ou non pour leur personnalité. Peter est le méchant que l’on aimerait voir échouer alors que Christina est la bonne copine qu’on veut avoir. Quatre et Tris sont deux personnages forts, même si la personnalité de Tris s’affirme progressivement. Ils sont tous les deux attachants car sous leur armure, ils dissimulent des craintes et des secrets enfouis.

Je vous conseille Divergente si vous aimez les dystopies et plus particulièrement un roman bourré d’aventure où une adolescente tente de trouver sa place dans un monde qu’elle ne comprend pas, et où son choix l’amène à un destin inédit !  

book

Livre Paris 2016

08:23

 L I V R E   P A R I S  2 0 1 6 


Vendredi 18 mars 2016, 15h25 : Je me dandine sur mon siège en cours de langue médiévale, zieutant ma montre toutes les cinq secondes. Plus que cinq minutes et je partirai en direction de la gare de Bordeaux. L’aiguille se cadre sur le six.  Je range à la va-vite mes affaires et chargée de mes sacs de voyage, je savoure déjà ce début de week end. Arrivée à la gare, les valises se bousculent, le son de leurs roulettes laisse planer un bourdonnement. Histoire de combler ces trois heures de train, je craque pour le nouveau numéro du magazine As You Like (rien que le packaging me fait fondre !) et une barre de chocolat. En sortant d’une boutique, je manque de passer devant Aurore, mon acolyte, sans la reconnaître. Quelle binoclarde (malgré le fait que je portais mes lentilles : ) ! On tente de passer le temps, impatientes, en attendant l’annonce de notre quai pour Paris Montparnasse. Quai 3. Hop, Hop, Hop, ni une ni deux et nous voilà déjà confortablement installées dans nos sièges. 17h18. Les portes se verrouillent et le train se lance sur les rails. Paris se rapproche. Du côté, de la fenêtre, la ville disparaît et laisse place à un défilé de paysages. Le nez dans un magazine ou de la musique dans les oreilles. J’ose même chorégraphier Blank Space de Taylor Swift.


A 20h33, le train entre dans la capitale. Gare Montparnasse. Lieu où on se retrouve, où on se sépare. Après un petit trajet en métro, et quelques minutes de réflexion sur une carte et Google Maps, on trouve notre hôtel. Minute comique : une fois les clés en main, j’appelle l’ascenseur car mes jambes n’étaient pas déterminées à monter cinq étages. On attend. Une minute. Certains doivent être à l’intérieur. Puis deux. Que cet ascenseur est long. Puis trois. Et sans le vouloir je tire la porte de l’ascenseur et je réalise qu’il nous attendait depuis le début ! On a bien rigolé. Notre petite chambre sous les toits à une vue superbe. La dame de fer nous salue, éclairée dans la nuit. Presque 22h. Nos ventres nous rappellent à l’ordre. Après s’être débarrassées de nos affaires de voyage, on sillonne le quartier à la recherche d’un restaurant. On consulte quelques cartes. Puis on se laisse tenter par un petit bistrot, l’Envie. On  se régale : l’une avec un risotto au poulet et aux champignons et l’autre avec des pâtes à la carbonara. On rentre à l’hôtel, ravies , et on s’endort, enthousiastes, pensant à la journée de demain.

Samedi 19 mars 2016, 8h30 : Le réveil sonne ; ou plutôt la sonnerie du téléphone. Je souris : heureuse de me dire que dans quelques heures je serai au Salon du Livre. Un quart d’heure plus tard, on descend pour prendre le petit déjeuner. Une fois nos ventres remplis et nos affaires rassemblées, on quitte l’hôtel vers 9h30. Le Salon ouvre dans une demi-heure. Autant arriver tôt pour profiter un maximum du Salon. A mesure que l’on se rapproche de la Porte de Versailles, les wagons de métro se remplissent. La foule descend, on se laisse presque emportée par elle. On ne cherche pas longtemps le pavillon correspondant, il suffit de suivre la masse. Un immense panneau se dresse devant nous.  « LIVRE PARIS, salon du livre de Paris » . Nous ne nous sommes pas trompées. On bouillonne à l’intérieur. Les amoureux des livres sont déjà là. Après avoir passées les contrôles de sécurité, le salon du livre est à nous. Je sautille partout. On se décharge rapidement de nos manteaux et de nos sacs de voyages aux vestiaires et, on se lance à l’aventure. C’est tellement immense qu’on finit par abandonner le plan. Pour l’instant, on circule librement dans les allées.

 Au stand de la Collection R, je craque pour Phobos de Victor Dixen. On en profite ensuite pour consulter quelques bandes dessinées sur un des stands de l’espace BD. Puis  on fait quelques achats sur le stand de Pocket Jeunesse. Vers 11h, Aurore et moi nous nous rendons à la dédicace de Victor Dixen. Les fans sont déjà au rendez-vous. La file se prolonge peu de temps après notre arrivée. A côté de lui, se tient Cat Clarke et sa femme, et les auteurs du Feu Secret : Carina Rozenfeld et C. J. Daugherty. On patiente une heure. « Victor est un bavard », nous confient Charlène et son amie Sophie. L’attente nous invite à sympathiser. On en profite pour parler livres avec ces habituées des salons. Très bonne rencontre. Mon tour arrive et j’appréhende un peu. C’est vraiment la première fois que je fais dédicacer un livre. Mais Victor Dixen me met rapidement à l’aise, il avoue que pour lui aussi c’est son premier salon du livre. Après quelques phrases échangées, et une petite photo souvenir, je repars avec mon livre signé, le sourire aux lèvres.

 Entre temps, la file s’est dissipée du côté de Cat Clarke. J’en profite pour acheter Perdue et Retrouvée, roman que je voulais acquérir depuis longtemps. Je m’avance en baragouinant un « bonjour » et  un « hello » dans sa direction. Elle m’adresse un sourire chaleureux, et elle remarque de suite le badge  avec le nouveau logo, que j’ai accroché à ma chemise. Elle me pose pas mal de question sur mon blog puis me signe son livre. Tellement concentrée à parler un anglais correct, j’en oublie de lui demander une photo. Tant pis, j’en garde un super souvenir. Il est déjà midi. On s’approche des stands de restauration mais malheureusement un monde fou attend d’être servi. On décide de patienter et de faire le tour du salon. Aux alentours de 13h, la foule ne désemplit pas et finalement on se résout à attendre.

 On mange sur le pouce et on se rend au stand de Pocket Jeunesse pour la dédicace de Stéphane Michaka, l’auteur de Cité 19. Quelques personnes attendent leurs tours ; au bout de d’un moment, Stéphane Michaka se tourne vers nous et nous remercie d’être venus et d’être aussi patients. L’heure de ma signature arrive. Stéphane Michaka est très sympathique, il parle avec passion et enthousiaste de son livre. Il m’a vraiment donné envie de lire Cité 19. Il accepte très gentiment de faire une photo avec moi. En longeant l’espace Pocket Jeunesse, on remarque une file de gens assis en tailleurs sur le bord des allées. Intriguées, on demande qui ils attentent, et en chÅ“ur on nous répond « James Dashner ! ». Oh. Oh. Nous qui voulions avoir sa dédicace le doute s’installe. Du monde dès 14h alors que les signatures ne débutent qu’à 16h ! Deux possibilités s’offrent à nous étant donné que l’on doit partir du salon à 17h pour attraper notre train : soit nous abandonnons la dédicace de James Dashner et à la place on profite un maximum du salon, soit nous faisons la queue toute l’après-midi au risque de devoir repartir bredouille. 

On choisit la première option et on se console en nous rendant à la conférence sur les Dystopies avec James Dashner, Victor Dixen et Clélie Avit. James Dashner confie des choses intéressantes pour tous les fans du Labyrinthe. Il aimerait voir adapté le prequel du Labyrinthe. Concernant les adaptations cinématographiques, il sait que les fans n’apprécient pas toujours les variations apportées par les films et il aimerait qu’ils les acceptent car pour lui les films sont une manière de redécouvrir les livres. Il apprécie énormément la musique et le cast choisi. Il a d’ailleurs un peu parlé du film en préparation en rassurant les fans suite à l’accident qu’a eu Dylan O Brien sur le tournage et il a assuré que ce troisième film serait plus fidèle au livre. Enfin, il a confié que son nouveau roman Le Maître du Jeu n’est pas une dystopie mais qu’il plairait aux fans du labyrinthe.  


Une heure plus tard, on affronte à nouveau la foule dans les allées. Le monde a triplé depuis ce matin. Cela devient difficile de circuler. Néanmoins, on en profite un maximum pour voir le plus de stands. Aux éditions Lumen, on craque toutes les deux pour The Book of Ivy d’Amy Engel. On a même le droit à plein de petits goodies. Super ! Je vous avoue que quatre livres sur le dos ça commence à peser. A force de piétiner on a les pieds en compote. Peu importe, on s’éclate quand même. Avant de partir, on passe devant le stand de James Dashner. Impossible de le voir complètement : 1) à cause de ma petite taille  2) à cause du monde qui se tient devant moi. Et pourtant, on est contentes de l’avoir aperçu même un peu. C’est déjà l’heure de partir. Un peu tristes de quitter le salon mais réjouies par cette journée, on récupère nos manteaux. On regagne la gare et le train nous ramène chez nous. Je m’endors dans le train, la tête remplie par les bons moments de ce week end.

Cette journée était intense mais G-E-N-I-A-L-E ! Je garde de supers souvenirs et j’ai été très contente de partager ce séjour à Paris avec ma super copine : Aurore ! 

 Les conseils que je pourrais donner à ceux ou celles d'entre vous qui désirent y aller sont les suivants : prévoyez un budget car le porte monnaie s'enflamme très vite surtout quand il est interdit d'apporter ses propres romans, essayez de voir à l'avance quels auteurs vous voulez voir car sur le salon en lui-même on ne sait pas trop qui est présent, une autre info TRES importante : munissez-vous de bonnes chaussures car il se trouve que l'on marche beaucoup dans la journée (on piétine surtout) et enfin sachez que c'est le genre d’événements où il faut être patient car on attend pour tout et n'importe quoi (ex achetez un sandwich, aller au toilettes etc). 



Et vous, vous êtes allés au Salon du Livre de Paris ? Comment s’est passée votre journée ?

Gwendoline

chronique

J'étais là

08:40

de Gayle Forman


« Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret. Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie. Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages. Oui, Meg était ma meilleure amie. Non, je n'étais pas au courant. Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur. Pourtant, j'étais là», J’étais là, édition Hachette Romans

Dans ce nouveau roman, Gayle Forman s’attaque à un sujet souvent tabou ou peu exploité : le suicide. Il met en scène les conséquences que peuvent entraîner cet acte pour les proches du défunt. Cody est une jeune femme qui vit de façon  très modeste avec sa mère mais elle peut compter sur sa meilleure amie, Meg, et ses parents pour jouir de certains plaisirs que ne peut pas lui offrir sa mère. Les deux amies ne se sont jamais quittées jusqu’à ce que Meg entre dans une école privée pour ses études.  Les deux amies se retrouvent séparées. Même si Cody promet d’intégrer l’université publique la plus proche, Meg et Cody s’éloignent l’une de l’autre. Jusqu’à ce que la mort les sépare. Meg se suicide et ravage le quotidien de sa famille et de Cody. Le plus surprenant est que Meg avait pris  soin de préméditer son geste jusqu’à laisser des messages à chaque personne de son entourage. L’histoire s’ouvre sur Cody, une héroïne rongée par la culpabilité et l’incompréhension. Suite à une demande des parents de la défunte, elle se rend chez les colocataires de sa meilleure amie pour récupérer ses affaires. Là-bas elle va faire de nombreuses rencontres et réaliser que sa meilleure amie était plus mystérieuse qu’elle ne le pensait. Une découverte dans  les affaires de Meg va l’amener à enquêter sur le suicide de sa meilleure amie. Une quête qui pourrait se montrer libératrice….

Je vais être honnête avec vous, à la lecture des premières pages j’ai réellement cru que j’allais placer ce roman dans les déceptions de l’année 2016 : au premier abord le récit me paraissait lent et morose, -j’ai trouvé quelques fautes d’orthographe qui m’ont chatouillée le nez- et l’entrée des différents personnages avec un minimum d’explications avait tendance à me faire décrocher. Nonobstant cette étape passée, j’ai commencé à apprécier cette lecture : la trame est apparue ainsi que des personnages intéressants : les colocataires et les amis de Meg, dont un certain Ben. 

L’héroïne découvre un univers et des individus qu’elle méconnaît, et tout au long des chapitres on voit sa perception évoluée, sur des gens que Meg avait l’habitude de caricaturer dans ses mails. Cody est certes une fille pas vraiment gâtée par la vie, néanmoins sa détermination et son courage sont touchants. L’aventure dans laquelle la mort de sa meilleure amie l’embarque, lui permet d’aller de l’avant en faisant face à son passé, son présent et son futur. Dans ces recherches, Cody est accompagnée de Ben, un jeune rockeur ; un brin dragueur, qui a bien connu Meg lors des derniers mois de sa vie. J’ai bien apprécié le personnage de Ben, qui a une personnalité intéressante malgré le fait qu’il incarne le cliché du chanteur de rock canon qui séduit toutes les femmes. En tout cas, on suit deux êtres envahis par la culpabilité qui partent à la recherche des réponses à leurs questions.


Gayle Forman évoque le thème du suicide avec une certaine originalité : il parle des influences et des motifs qui poussent à tel acte. La note de fin de l’auteur est très instructive. On apprend que sa fiction est inspirée d’un être et d’agissements réels que je méconnaissais. Avec ce thème, Gayle Forman délivre un constat sur les maladies psychiques comme l’a pu le faire Jennifer Niven, l’auteur de Tous Nos Jours Parfaits, tout en lançant un message d’espoir et de soutien aux « Meg » d’aujourd’hui.

Je vous conseille J’étais là si vous voulez suivre l’histoire d’êtres qui veulent se reconstruire, comprendre et se pardonner face à un acte qui les dépasse ; ici ce n’est pas le dessin morose du suicide mais une tentative de comprendre ce qui peut amener un tel geste tout en représentant la guérison d’une fille, d’un garçon,  d’amis et d’une famille accablés par le chagrin !


becca fitzpatrick

Black Ice

10:32

de Becca Fitzpatrick


« En décidant de passer un week-end à la montagne avec sa meilleure amie, Britt était loin d’imaginer que son ex, Calvin, serait aussi de la partie. Tandis qu’elle profite du trajet pour réfléchir à leur histoire, Britt et Korbie se retrouvent bloquées au milieu de nulle part dans une terrible tempête de neige. Bravant le froid glacial, elles finissent par trouver refuge dans un chalet occupé par deux beaux inconnus. Deux malfaiteurs en fuite qui les prennent en otage. », Black Ice, édition MSK

Quoi de mieux pour affronter ces froides journées d’hiver qu’un bon thriller en montagne, emmitouflé dans un plaid. Le synopsis nous promet une histoire haletante, en pleine montagne sous une tempête de neige. Deux supers copines décident de passer leurs vacances dans un chalet en montagne. Britt n’est pas très enthousiaste à l’idée de se trouver nez à nez avec son ex Calvin, le frère de sa meilleure amie Korbie qui vient les chaperonner. Néanmoins tout ne va pas se passer comme prévu. Les éléments vont se déchaîner contre elles. Sur la route, elles vont se retrouver coincées par une terrible tempête. Obligées d’abandonner leur véhicule, elles se lancent, frigorifiées, à la recherche d’une trace de vie qui pourrait les aider. Elles pensent être enfin en sécurité lorsque deux hommes leur ouvrent leur porte, et pourtant, il aurait peut-être fallu qu’elles ne croisent jamais leur route.

Becca Fitzpatrick nous amène dans un univers glacial, palpitant et effrayant. Les héros sont coupés du monde et vont devoir survivre dans ce milieu hostile : affronter les éléments météorologiques mais aussi affronter l’autre qui n’est pas celui qu’on croit ; le synopsis nous met en garde « dans le blizzard, méfiez-vous des apparences ». J’ai beaucoup apprécié ce thriller, l’action s’enchaîne assez rapidement et les retournements de situations restent fréquents même si le dénouement de cette histoire n’a pas été une énorme surprise. Le côté psychologique du récit est intéressant, l’auteur nous fait partager la psychologie des personnages. Le syndrome de Stockholm est aussi évoqué, et permet d’aborder les relations amoureuses sous un autre angle. C’est une histoire aux sentiments viennent soit semer le trouble ou soit aider nos protagoniste à s’en sortir.

Je ne souhaite pas vous détailler le portrait des kidnappeurs car il faut les découvrir à la lecture du texte pour se faire son propre avis sur chacun d’eux. Concernant les deux personnages féminins de la pièce, elles sont assez différentes. Korbie incarne la meilleure amie pas très sportive, un peu compétitive et aguicheuse mais assez attachante. Britt reste le personnage central de ce livre, c’est un personnage qui désire s’émanciper et évoluer. Ayant trop tendance à vouloir être protégée par une force masculine, ce voyage en solitaire avec son amie est pour elle un moyen de s’affirmer. Face à cette situation dangereuse, elle démontre son courage, et sa force de caractère. C’est vraiment un personnage que j’ai aimé suivre dans cette histoire.

Si vous désirez vivre une histoire glaçante et suivre l’aventure de deux jeunes filles qui se retrouvent malgré elles séquestrées dans un chalet en montagne, Black Ice est fait pour vous ! 

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