Neverland

07:55

de Timothée de Fombelle


« Neverland est l’histoire d’un voyage au pays perdu de l’enfance, celui que nous portons tous en nous. À la fois livre d’aventure et livre-mémoire, il ressuscite nos souvenirs enfouis. », Neverland, édition L’Iconoclaste

La deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin : Neverland. Le pays imaginaire où Peter Pan et tous les gamins perdus ne grandissent jamais. L’enfance, cette douce contrée que l’on quitte tous un jour, sans trop savoir quand, ni comment. Quand passe-t-on la frontière du monde adulte ? Quand l’enfant qui sommeille en nous se fait de plus en plus petit ? S’est-il réellement évaporé ou se cache-t-il malicieusement en nous comme l’ombre de Peter Pan qui marche joyeusement dans ses pas et disparaît dès qu’il la cherche ? Des questions qui résonnent dans mon oreille après avoir fermé le premier roman pour adultes de Timothée de Fombelle. On le connaît pour ses romans jeunesses à succès comme Vango ou le Livre de Perle, des œuvres ancrées dans un imaginaire profond et onirique où se mêle toujours un rapport particulier avec le temps. Le temps qui s’écoule, l’enfant qui grandit, qui s’oublie. Neverland ré-ouvre ce carnet de l’enfance que de nombreux adultes ont abandonné dans un tiroir. Sortir l’enfance du tiroir. Remonter le fleuve de ses souvenirs enfantins à contrecourant pour y trouver sa source. Telle est la quête du narrateur de ce récit. Un voyage fantastique et métaphorique vers le pays de l’enfance. Les souvenirs tombent sur le papier, quelques instants d’un passé oublié s’accrochent à cette canne à pêche plongée dans la mare à mémoire. Tout se lie, se déroule, s’embobine vers un chemin brumeux. Est-ce que l’enfance l’attend au bout du chemin ?

L’écriture de Timothée de Fombelle est aussi ingénieuse et vagabonde que je l’imaginais. Cette introspection vers une notion aussi abstraite et impénétrable qu’est l’enfance se transforme en une épopée vers une terre inconnue. Sans carte, ni boussole, le narrateur s’arme de ses souvenirs, ses objets anciens, ses carnets oubliés dans des cartons. A chaque étape s’inscrit un possible évènement déclencheur de cette migration vers le sol adulte. A chaque étape, le narrateur se glisse dans la peau de l’enfant qu’il était : enfant et adulte se croisent, se regardent, se comparent. Il y a une dichotomie constante entre la quête d’un adulte vers son passé et la fuite de l’enfant qu’il était et qui vit par instants présents.

Le lecteur n’échappe pas lui aussi à son lot de réminiscence.  On se surprend à chercher dans notre petite boîte mémoire, à tirer ce fil qui nous mène à notre premier souvenir, à notre première rupture avec l’enfance (je me souviens des larmes que m’a arraché la fameuse révélation du père noël). Certaines anecdotes communes embaument ces souvenirs d’un halo de douceur : faire semblant de dormir juste pour être bordé par nos parents ou les périples imprévus, en famille, pendant les jours de classe.

Neverland : un récit intime, un récit poétique, un récit énigmatique, aussi magique et abstrait que l’esprit d’un enfant ! 

Gwendoline

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